​Le prochain budget doit être axé sur la classe moyenne, selon les libéraux

Le ministre des Finances, Jim Flaherty
Photo: François Pesant - Archives Le Devoir Le ministre des Finances, Jim Flaherty
Ottawa — Le budget fédéral de mardi doit être axé sur les besoins de la classe moyenne, affirment les libéraux qui estiment que ce groupe de Canadiens a été oublié par les conservateurs de Stephen Harper.

Selon eux, le budget du ministre des Finances, Jim Flaherty, doit aussi favoriser la croissance économique.

Car la fixation de Stephen Harper sur l'austérité n'est pas une bonne politique pour le pays, a déclaré lundi Ralph Goodale, le chef adjoint du Parti libéral du Canada.

« C'est ça [l'austérité] le but ultime de Stephen Harper. Pas les emplois et l'économie », a dénoncé M. Goodale.

« La pression sur la classe moyenne est bien réelle », a-t-il ajouté.

Les libéraux estiment que la priorité présentement est de venir en aide à la classe moyenne. Ils proposent ainsi quatre mesures principales: l'élimination des tarifs douaniers sur l'importation des biens de consommation, la réduction des primes d'assurance-emploi, l'investissement dans l'éducation postsecondaire et l'injection immédiate de nouveaux fonds dans l'infrastructure pour apporter de l'aide aux municipalités.

Selon M. Goodale, les parents s'inquiètent de ne pouvoir offrir une éducation de qualité à leurs enfants après l'école secondaire.

« La croissance économique demeure stagnante. Nous avons besoin d'investissements, notamment dans l'infrastructure, l'éducation postsecondaire et la formation, là où nous savons que cela ouvrira des perspectives », a fait valoir à ce sujet le député libéral John McCallum.

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Les libéraux promettent par ailleurs de ne pas investir dans des publicités pour des programmes qui n'existent pas, comme l'ont fait les conservateurs pour la subvention canadienne à l'emploi, après le budget fédéral de 2013.

Et si le ministre des Finances insiste pour continuer à couper dans le gras de l'appareil étatique, le Parti libéral lui suggère de réduire le nombre de ministres et bureaux ministériels régionaux, qui ont augmenté sous les conservateurs.

Les libéraux écorchent au passage la gestion économique des conservateurs, qu'ils qualifient de « médiocre ».

Depuis que les troupes de Stephen Harper sont au pouvoir, le taux de chômage a augmenté, la dette fédérale s'est accrue, le taux de croissance est faible et la bourse stagne, disent-ils.

Les attentes de Québec

En cette veille du budget, le gouvernement de Pauline Marois a lui aussi tenu à envoyer un message au fédéral.

Il demande à Ottawa d'éviter de nuire à l'économie québécoise et de ne pas créer de conflits entre les deux gouvernements.

Québec rappelle donc être sans nouvelles du fédéral sur sa proposition d'entente pour les infrastructures dans le cadre du nouveau plan Chantiers Canada pour la période 2014-2015 à 2023-2024. La province souhaite aussi recevoir un versement d'Ottawa en un bloc pour gérer le fonds.

En ce qui concerne la nouvelle subvention canadienne pour l'emploi, le gouvernement Marois a déjà signifié au gouvernement Harper qu'il n'entend pas participer à l'approche fédérale et réclame plutôt un renouvellement de l'actuelle Entente sur le marché du travail.

« Cette initiative fédérale, en plus de détourner 70 millions par année destinés au Québec, constitue une ingérence dans nos compétences et met en péril des programmes qui font consensus et qui donnent des résultats positifs », a souligné le ministre des Affaires intergouvernementales, Alexandre Cloutier, dans un communiqué.

« Le gouvernement fédéral doit répondre positivement aux motions unanimes de l'Assemblée nationale en accordant au Québec un droit de retrait avec pleine compensation en renouvelant l'entente actuelle », a-t-il ajouté.

Québec veut aussi une augmentation des transferts fédéraux vers ses propres coffres et demande aussi à Ottawa de revenir sur sa décision d'éliminer les crédits d'impôt pour les fonds de travailleurs, qui avait été incluse dans le budget de 2013.

Le ministre québécois des Finances, Nicolas Marceau, a également réitéré sa demande au ministre Flaherty de ne pas imposer de nouvelles mesures en matière de règles hypothécaires. Selon M. Marceau, le marché immobilier québécois est en équilibre et un resserrement des règles lui nuirait.