Entretien avec le président de l’Université de Regina, Thomas Chase

Q. (Hélène Buzzetti) Je veux seulement clarifier quelque chose. Lors d’une précédente conversation avec Natalie [Tomczak, porte-parole de l’Université], et des gens dans votre bureau, il m’a été confirmé qu’il y a eu seulement deux ou trois demandes d’étudiants demandant que les étudiants soient séparés selon les sexes dans la classe. Je comprends cela, mais ce qui n’est pas clair dans mon esprit, c’est ce qui est arrivé après que cette demande a été faite. Et c’est ce que je tente de clarifier.

 

R. (Thomas Chase) Ce que je comprends, c’est que ces demandes ont été gérées de manière individuelle par les professeurs. Cela ne s’est pas rendu jusqu’aux bureaux des doyens. En fait, je suis allé demander aux doyens s’ils étaient au courant de quelque chose et ils ont dû vérifier. Alors, à notre connaissance, sur ce campus, nous n’avons eu presque aucune demande de cette nature. Deux ou trois. Ces demandes ont été gérées de manière individuelle par les professeurs dans le contexte de la gestion de leurs cours. Je comprends qu’un a simplement dit « non » et que la personne qui avait fait la demande a dit « C’est d’accord, j’accepte ce refus ». Sinon, nous n’avons pas de détails particuliers. Il ne semble pas y avoir de problème majeur — ni mineur d’ailleurs — de cette nature sur le campus.

 

Q. Oui, je comprends cela. Alors, vous avez un cas où c’est clair que la réponse a été « non ». Mais qu’en est-il de l’autre, ou des deux autres cas qui restent. Savez-vous si, effectivement, ils ont été acceptés ?

 

R. Je ne sais pas cela, Hélène, je dois l’admettre. S’il y avait eu un problème, ça se serait sûrement rendu jusqu’à moi, et le fait que ça ne se soit pas rendu jusqu’à moi me laisse penser que le problème ou l’enjeu a été résolu à l’échelle individuelle du professeur, dans sa classe. »

 

Q. Donc cela signifie que cela peut avoir été résolu dans les deux sens ? Ou suis-je dans l’erreur ?

 

R. Je penserais que s’il y avait quoi que ce soit hors de l’ordinaire, je serais mis au courant. Il semble que cela a été géré de manière très discrète et de manière acceptable pour les parties impliquées. Mais je fais des conjectures. Je dois dire très clairement que je fais des conjectures, car aucune plainte, officielle ou officieuse, n’est parvenue au niveau de mon bureau. 

 

Q. La raison pour laquelle j’insiste, c’est que des gens m’ont contactée pour me dire que c’est arrivé. Alors, je tente de le confirmer avec vous, mais puisque vous ne pouvez pas me dire que ce n’est pas arrivé, suis-je dans l’erreur de présumer que si cette personne me dit que c’est arrivé, c’est probablement arrivé, mais que personne ne s’est plaint ?

 

R. Je ne peux pas commenter. Je peux seulement dire encore une fois très clairement que je n’ai eu aucune plainte dirigée à mon bureau quant à la façon dont ces demandes ont été satisfaites ou non. Absolument aucune.

 

Q. Et serait-ce un problème ? Existe-t-il une politique à l’Université contre ou pour [cette pratique] ou une façon proposée pour répondre à ces demandes ?

 

R. Non, nous n’avons pas de politique. Bien sûr, nous avons une politique sur le milieu de travail respectueux et vous pouvez la consulter, ainsi que plusieurs autres, sur la page de l’Université. [détails du site…] Nous n’avons pas de politique spécifique sur cet enjeu simplement parce que le besoin ne s’en est pas fait sentir jusqu’à présent. Si cela devait devenir un problème, évidemment que nous regarderions cela. Et si une politique est nécessaire, nous devrions en rédiger une, solliciter des commentaires des facultés et des parties intéressées, il faudrait la faire approuver. C’est un processus qui peut prendre du temps. Parce que cela n’a pas été un enjeu sur notre écran radar jusqu’à présent, nous n’avons pas de politique.

 

Q. Je crois que c’est très clair. Je voulais clarifier cela et vous l’avez fait. Ce sont là toutes les questions que j’avais.

 

R. Au plaisir. Si on peut vous aider davantage, n’hésitez pas. Je sais que ces situations sont intéressantes et parfois difficiles, mais je veux répéter que cela ne semble pas être un problème sur ce campus. Si des plaintes sur cet enjeu sont portées à notre attention, nous les étudierons certainement.

 

Q. Merci beaucoup.

2 commentaires
  • Paul D'Amour - Abonné 3 février 2014 14 h 41

    Il ne faut surtout pas se mouiller...

    Comme dans plusieurs universités, les directions ne veulent pas énoncer leurs points de vue en toute transparence, ce serait s'exposer à la critique possible de quelques-uns. Il faut alors attendre que la direction ait le sentiment que se sera à son avantage d'intervenir. Taire et laisser braire... Et restons politiquement correct!
    Bravo les directions de nos universités, un bel exemple à donner aux jeunes...
    Paul D'Amour, prof. Honoraire UQO

  • Annie-Ève Collin - Inscrite 3 février 2014 19 h 37

    Ça ne devrait pas être laissé à la discrétion du professeur

    Il devrait être complètement interdit à un professeur de faire de la ségrégation dans sa classe, que ce soit entre les genres ou entre les ethnies, les groupes religieux, etc., et ce, peu importe que ce soit à la demande d'un étudiant.