Dernière ligne droite avant le prochain budget

Ottawa — À quelques semaines du dévoilement du prochain budget à Ottawa, les conservateurs semblent se hâter de remplir des promesses faites dans la version de l’an dernier et, dans certains cas, de réparer les dégâts.

 

De l’installation des défibrillateurs tant attendus dans les arénas aux compromis offerts aux caisses et aux hôpitaux durement touchés par des hausses d’impôt, le Parti conservateur met les bouchées doubles pour se rattraper et s’assurer de ne pas froisser d’électeurs, estime Ian Lee, professeur à l’Université Carleton d’Ottawa. « Les petits détails peuvent parfois convaincre les gens de leur retirer leur appui », indique-t-il.


Apaiser la colère

 

À l’heure où chaque vote compte, cibler les coopératives de crédit et les caisses populaires du Québec et de l’Ouest du Canada, qui profitent d’un fort appui de leurs membres, n’était pas la décision la plus prudente, souligne le professeur Lee.

 

La hausse draconienne du taux d’imposition sur le revenu de ces établissements, mesure inscrite au dernier budget, a créé des remous dans le milieu. Ottawa prévoyait imposer les banques et les institutions de prêts au même taux que les entreprises, soit 15 %.

 

Le ministre des Finances, Jim Flaherty, a voulu amoindrir l’impact sur ces établissements en annonçant un soutien temporaire de transition, notamment en élargissant l’assurance-dépôts. « Je pense qu’ils fignolent les derniers détails, mais il y a aussi un peu de politique là-dedans : ils essaient d’apaiser la colère des gens qui ont été touchés [par les mesures] », explique M. Lee


Pots cassés

 

Le ministre Flaherty a aussi tenté de réparer les pots cassés auprès des hôpitaux, qui ont décrié une mesure incluse dans le budget prévoyant la fin d’un crédit d’impôt pour les frais de stationnement dont les sites étaient administrés par un partenaire à but non lucratif.

 

La direction des hôpitaux s’était plainte que cela réduirait le montant d’argent qui contribue à compléter leur financement annuel pour les soins de santé. Vendredi, le ministre s’est engagé à ce que la taxe sur les produits et services (TPS) et la taxe de vente harmonisée (TVH) ne soient plus appliquées aux frais de stationnement.

 

Le Parti conservateur tente également de conclure une entente avec les provinces pour son programme de formation de la main-d’oeuvre.

 

Bien que des millions de dollars aient été dépensés pour faire la promotion de la Subvention canadienne pour l’emploi, vantée dans le budget et le discours du Trône de l’an dernier, les provinces et territoires l’ont vivement rejetée. Selon les provinces et les territoires, ce nouveau programme les priverait de millions de dollars en fonds fédéraux en plus d’exiger d’eux une contribution de 300 millions de dollars.

 

Et même si l’accord actuel sur les transferts fédéraux pour la formation de la main-d’oeuvre arrive à échéance en mars, le ministre de l’Emploi, Jason Kenney, n’a rencontré ses homologues des provinces et des territoires qu’une seule fois, en novembre dernier.

 

Il avait offert un compromis à Noël sur lequel ils ne se sont pas encore prononcés.


Par Maria Babbage