Ottawa rate ses cibles à cause des compressions

Les compressions budgétaires successives à Ottawa ont une conséquence bien réelle : le gouvernement fédéral ne réussit plus à atteindre tous les objectifs qu’il se fixe. C’est la conclusion à laquelle arrive le directeur parlementaire du budget, Jean-Denis Fréchette, dans son plus récent rapport, qui calcule aussi l’effet cumulatif de ces nombreux exercices de rationalisation.

 

Le bureau de M. Fréchette, et de Kevin Page avant lui, tente désespérément d’évaluer l’impact des réductions budgétaires sur le niveau de services offerts par le gouvernement fédéral. Pour y parvenir, le directeur parlementaire du budget (DPB) a cette fois analysé 1311 objectifs de rendement que s’était fixés Ottawa en 2012-2013. « Malgré les rondes de dépenses successives et les réductions des dépenses en personnel, les objectifs de service des ministères et des organismes fédéraux sont restés inchangés, dans l’ensemble, ces trois dernières années », note le bureau de M. Fréchette.


Cas indéterminés

 

Conclusion de cette analyse : 40 % (594) seulement de ces objectifs ont été atteints et 20 % (206) ont été ratés. Il est impossible de déterminer ce qu’il est advenu des 40 % (511) restants parce que certains (55) ont été éliminés. « Dans le cas des 456 autres objectifs, est-il écrit dans le rapport, on ne disposait pas de données quantifiables ni d’un nombre suffisant d’éléments probants pour procéder à l’évaluation. »


Opération dégraissage

 

Ottawa a entrepris plusieurs opérations de dégraissage de l’appareil gouvernemental depuis 2010. Le DPB tente depuis deux ans de savoir où exactement (dans quels services, quels programmes) le couperet est tombé. En vain. Comme le réitère dans son rapport M. Fréchette, « le DPB n’a pas reçu de réponse officielle de la part du gouvernement expliquant pourquoi les données économiques nécessaires à l’exécution de son mandat ne lui avaient pas été fournies, mais les ministères et organismes ont fourni plusieurs raisons, notamment le fait que l’incidence des réductions des dépenses de programme faisait l’objet de documents confidentiels du cabinet ou encore que les données demandées n’étaient pas du ressort du DPB ».

 

M. Fréchette a cependant comptabilisé l’impact combiné de ces nombreuses vagues de compressions budgétaires. Il en arrive à la conclusion que, lorsque l’actuel cycle de compressions prendra fin, en 2017-2018, Ottawa aura réduit ses dépenses de programme directes de 13,7 milliards de dollars, ou 10,1 %. Cinq milliards de cette somme découleront des compressions de 2010 et 5,2 milliards, de celles de 2012.

5 commentaires
  • Francois Parent - Inscrit 15 janvier 2014 10 h 28

    Pas normal

    Des gens se graissent la patte. Mettre un terme au sénat se serait déjà un bel objectif si personne vient en abuser. Mais on préfère faire semblant que l'on s'occupe de l'économie plutôt que de vraiment rapporter des économies.

  • simon villeneuve - Inscrit 15 janvier 2014 11 h 50

    inquietant

    "...le DPB n’a pas reçu de réponse officielle de la part du gouvernement expliquant pourquoi les données économiques nécessaires à l’exécution de son mandat ne lui avaient pas été fournies, mais les ministères et organismes ont fourni plusieurs raisons, notamment le fait que l’incidence des réductions des dépenses de programme faisait l’objet de documents confidentiels du cabinet... "

    Une democratie doit etre transparente.
    C'est notre argent que les conservateurs gerent.
    Ils semblent les conservateurs l'ont oublier.

  • Benoît Gagnon - Inscrit 15 janvier 2014 12 h 19

    Alors comme ça...

    ...ils coupent dans le personnel et ils n'arrivent même pas à faire des économies? Et l'économie, c'est leur spécialité (du moins c'est ce qu'ils nous disent) en plus!

    Bah voyons! Ils sont incapable de gérer un budget. Imaginez un pays!

  • J.R.Charles Fortier - Inscrit 15 janvier 2014 12 h 28

    Pas surprenant,

    Quand on vise les yeux fermés. C`est plus difficible.....

  • Carroll Roy - Inscrit 15 janvier 2014 15 h 11

    Désolant...

    Bravo à monsieur Fréchette de nous éclairer sur le vrai visage de ce gouvernement.