Un nouveau chef au Bloc québécois en mai

Le successeur de Daniel Paillé sera connu lors du congrès du parti, qui aura lieu du 23 au 25 mai.
Photo: La Presse canadienne (photo) Sean Kilpatrick Le successeur de Daniel Paillé sera connu lors du congrès du parti, qui aura lieu du 23 au 25 mai.

Ottawa — Élections provinciales ou non, les bloquistes éliront leur prochain chef ce printemps. Le parti a recommandé, cette fin de semaine, que le choix des militants souverainistes soit dévoilé à son congrès de la fin mai. Le Bloc québécois pourrait cependant structurer sa course à la direction pour rendre service à ses collègues du Parti québécois, s’ils se retrouvent en campagne électorale dans les prochains mois.« Le choix du bureau national est d’avoir un nouveau chef le plus rapidement possible, parce que ça va lui donner plus de temps pour travailler », a expliqué la présidente par intérim du Bloc, Annie Lessard, en entrevue téléphonique à la suite de la réunion du bureau national samedi.

 

La proposition doit maintenant être entérinée par les délégués au conseil général du parti, le 22 février.

 

L’idée évoquée par certains militants de reporter la course le temps d’aider les péquistes à faire campagne s’il y a lieu n’a donc pas fait l’unanimité ? « On est fort conscients » de la possibilité d’élections provinciales, a reconnu Mme Lessard. « Sauf qu’on ne peut pas gérer notre agenda en fonction de ce qui pourrait, ou non, se passer au Québec […] On a quand même un parti à gérer. »

 

Deux députés

 

Les bloquistes se gardent néanmoins une marge de manoeuvre et permettront au « bureau national, selon la situation politique, de faire certaines modifications », a précisé Mme Lessard. Selon nos sources, il est peu probable que la date du dévoilement des résultats — au congrès de Rimouski les 23, 24 et 25 mai — soit changée. Mais les débats ou autres activités partisanes pourraient être déplacés pour ne pas monopoliser les militants et leur permettre de faire des appels téléphoniques ou du porte-à-porte pour aider les péquistes.

 

Quant à l’identité du futur chef, les deux députés qui songent à se lancer n’ont pas voulu partager leur décision, dimanche. André Bellavance n’a pas encore tranché. Jean-François Fortin a fait son choix, mais il n’a pas voulu le partager.

 

« La réflexion est pratiquement complétée […] Je suis bientôt prêt à conclure publiquement », a affirmé ce dernier au Devoir dimanche. La décision devrait être connue d’ici « quelques semaines. Plus tôt que tard ».

 

Dans les rangs bloquistes, on s’attend à ce que M. Fortin confirme qu’il tentera de nouveau sa chance, après avoir terminé troisième en 2011. « Je ne verrais pas pourquoi Jean-François, qui avait déjà fait la course la première fois, n’irait pas à nouveau », a présumé un militant.

 

Et en coulisse, on indique que M. Bellavance penche aussi pour se lancer. « Je ne veux pas attendre ad vitam aeternam. Mais je n’ai pas encore arrêté ma décision », a-t-il répondu, disant avoir beaucoup d’appuis. « C’est énorme comme défi […] Et quand tu te lances, c’est toi qui es en avant. C’est un autre type de travail. »

 

Si certains faisaient état d’un « pacte de non-agression » entre les deux hommes, ceux-ci ont précisé dimanche que, bien qu’ils dialoguent et se partagent le cheminement de leur réflexion, rien n’empêcherait que chacun se porte candidat au final.


Notoriété et visibilité

 

Au parti et chez les militants, on espère cependant encore voir arriver un grand nom, ne serait-ce que d’ici à l’élection fédérale de 2015 pour rallier le plus de souverainistes possible. « Ce n’est pas une question financière ou d’organisation, c’est une question aussi de notoriété, de visibilité », résume un bloquiste.

 

Une autre personne rappelle que, lorsque Michel Gauthier avait sollicité la direction du parti, en 1997, le Bloc le croyait fort connu puisqu’il était leader parlementaire et que ses interventions aux Communes étaient reprises dans les médias. Une étude du parti a révélé qu’il était connu… de 5 % de la population.

 

En ce sens, bien que Gilles Duceppe ait argué qu’il ne reviendrait pas, un mouvement réclame toujours son retour, avance une source. Joint par Le Devoir, M. Duceppe a réitéré qu’il avait tourné la page.

 

L’ancien chef bloquiste tenterait en fait, toujours selon notre source, de convaincre Bernard Landry de reprendre le flambeau. L’ancien premier ministre péquiste avait écarté l’idée de se porter candidat, à la suite de la démission de Daniel Paillé en décembre. M. Landry n’a pas rappelé LeDevoir hier.

 

Un autre bloquiste n’a en revanche pas eu vent de ces rumeurs. Il estime de son côté que M. Duceppe a bel et bien fait une croix sur la direction du Bloc, d’autant plus qu’en s’étant prononcé contre la charte des valeurs il n’aiderait pas ses collègues péquistes en menant une course à la direction pendant que le Parti québécois fait campagne sur ce même sujet.

6 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 13 janvier 2014 07 h 54

    Bernard Landry

    Bernard Landry serait le meilleur candidat pour être le prochain chef du Bloc québécois. Personne d'autre n'a son charisme et sa stature comme chef politique.

    Juste en invoquant son nom comme candidat possible, plusieurs de nos compatriotes anglo-saxons d'Ottawa se sentent dans l'obligation de monter aux barricades pour défendre leur vision du Canada. Il faut que le prochain chef du Bloc aille brasser la cage à homards fédéraliste et multiculturaliste et défendre les droits des francophones. Personne d'autre ne le fera.

  • Colette Pagé - Inscrite 13 janvier 2014 09 h 29

    Avant l'élection d'un chef des États généraux sur l'avenir du Bloc !

    Après une telle débandade est-il opportun de se précipiter pour élire un nouveau chef ? Pourquoi ne pas en profiter pour tenir des États généraux portant sur l'avenir du Bloc ? Après 20 ans une telle réflexion s'impose. Si s'avérait que les membres du PQ et du Bloc invités à participer à cette rencontre en arrivait à la conclusion que le Bloc doit poursuivre son travail à Ottawa, cette décision aurait le mérite de relancer le Bloc et de contribuer ainsi avec enthousiasme au projet souverainiste.

    Cette exercice pourrait avoir également comme avantage de découvrir l'existence de nouveaux candidats qui en profiteraient pour se faire connaître et défendre leurs points de vue.

    Autrement, dans la situation actuelle, face à des membres divisés sur son avenir le Bloc risque de répéter le résultat de la dernière élection et ce, il faut le signaler, que le chef soit Bernard Landry ou Gilles Duceppe qui à mon avis devraient passer leur tour en raison qu'aucune génération doit reprendre le flambeau. Pouquoi pas l'ex chef d'Option natioale expatrié à Londres ?

    • Sylvain Auclair - Abonné 13 janvier 2014 09 h 38

      On a déjà élu un chef après la débandade, comme vous dites. Et il faut justement laisser du temps à un chef pour reconstruire le parti, non?

  • Jacques Moreau - Inscrit 13 janvier 2014 11 h 39

    Un parti à l'avenir "nébuleux"...

    Un politicien devrait avoir comme ambition l'amélioration de l'administration du pays, de la province, de la ville ou ils se porte candidat à la gouverne. Le Bloc Québecois, comme parti n'a qu'une option, une possibilité, soit s'opposer au gouvernement élu. Parce qu'il n'a mathématiquement aucune possibilité de "gagner" la gouverne du pays. À quelque part, un électeur, doit faire face à la réalité, son "poulain" a-t'il une chance de gagner la course? Gager sur un hippopotame dans une course de chevaux, ne m'apparait pas comme un choix gagnant.

    • Sylvain Auclair - Abonné 13 janvier 2014 12 h 53

      Qui a établi cette règle?

  • Jocelyn Boily - Inscrit 14 janvier 2014 07 h 35

    Un bloc solide

    14 janvier 2014

    Un bloc solide

    Souvenons-nous que suite à la vague orange qui avait amenée la démission du chef du bloc Québécois (BQ) Gilles Duceppe le nouveau chef Daniel Paillé avait accepté de relevé le défi d’essayer de rebâtir le parti. Toutefois pour des raisons de santé Monsieur Paillé a dû tirer sa révérence à la mi-décembre 2013.

    De ce fait le Bureau national du Bloc québécois adoptera en fin de semaine une proposition en vue de la prochaine course à la direction du parti. Contrairement à ceux qui ont questionné la pertinence du BQ à Ottawa, dont le militant indépendantiste Yves Michaud je suis d’avis que sa présence est toujours nécessaire. D’ailleurs la piètre performance de l’opposition néo démocrate à Ottawa le démontre très bien.

    Je suis donc convaincu que le BQ est le meilleur chien de garde afin d’assurer le respect des intérêts du Québec dans ce monde fédéraliste qui perdure. Lorsque la monarchie mène les débats du parlement d’Ottawa, que les scandales entourant le sénat et les sénateurs nuisent au développement du Québec il est temps d’élire des hommes et des femmes qui défendront les intérêts du Québec.