Les réfugiés syriens en mal de pays d’accueil

Selon le Haut Commissariat pour les réfugiés, le Liban abrite 800 000 réfugiés syriens. Ce sont plus de 2,3 millions de personnes qui ont fui la Syrie depuis le début du conflit en mars 2011.
Photo: Agence France-Presse (photo) Mahmoud Zayyat Selon le Haut Commissariat pour les réfugiés, le Liban abrite 800 000 réfugiés syriens. Ce sont plus de 2,3 millions de personnes qui ont fui la Syrie depuis le début du conflit en mars 2011.

Québec — Le sort des réfugiés syriens risque de constituer un problème de taille en 2014 tant les besoins sont grands. Au Canada, le gouvernement Harper se fait reprocher de ne pas en accueillir assez, mais la plupart des pays européens font encore bien pire.

 

Le gouvernement canadien s’est engagé à accueillir 1300 réfugiés syriens d’ici la fin de l’année. C’est bien peu, selon le député libéral Marc Garneau. « Notre pays est l’un des mieux nantis du monde. Il est de notre devoir de déployer davantage d’efforts », écrivait-il mercredi dans le webzine canadien de politique étrangère 45e Nord.

 

« Ce nombre est clairement insuffisant si l’on pense que la Syrie est le théâtre de l’une des crises humanitaires les plus graves des 15 dernières années », affirme le député de Westmount-Ville-Marie. Il ajoute qu’à l’époque des Kosovars et Bosniaques dans les années 1990, on avait accueilli chaque fois au moins 5000 personnes.

 

Critiques

 

Les critiques sont d’autant plus fortes que le gouvernement ne s’est engagé à parrainer que 200 de ces réfugiés. Cela veut dire que pour qu’on accueille les 1100 autres, il faudra qu’ils soient pris en charge et financés par des organisations locales privées.

 

« C’est extrêmement compliqué, ça prend des années et ce n’est pas réaliste », croit Stephen Reishold de la Table de concertation des organismes au service des personnes réfugiées et immigrantes. Dès lors, avec cette formule, on peut douter que le nombre de personnes accueillies atteigne 1100 personnes. À l’heure actuelle, 100 dossiers sur 1100 sont actifs.

 

Au cabinet du ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, on nous répond que le Canada est plus généreux que bien des pays. « Nous accueillons un réfugié permanent sur dix à l’échelle mondiale, c’est plus que n’importe quel pays dans le monde », souligne la porte-parole du ministre Chris Alexander, Alexis Pavlich.

 

Une affirmation qui se confirme si on se fie à un récent rapport d’Amnistie internationale sur la piètre performance de l’Europe en matière d’accueil des réfugiés syriens.

 

Seule exception, l’Allemagne

 

La France a promis de financer 500 places, les Pays-Bas 250, la Suède 400. Quant à la Grande-Bretagne et l’Italie, elles n’ont encore rien promis. N’eût été l’Allemagne qui a débloqué 10 000 places, le bilan serait encore plus dévastateur.

 

Or, contrairement au Canada, l’Allemagne offre un programme d’accueil temporaire qui permettra aux réfugiés syriens de rester sur son territoire pendant deux ans seulement.

 

Au cabinet du ministre canadien, on souligne que le conflit syrien n’est pas réglé et qu’il est tôt pour planifier un accueil massif de réfugiés de façon permanente.

 

Actuellement, on dénombre environ 2 millions de réfugiés syriens au Liban, en Turquie, en Jordanie, en Irak et en Jordanie. Pour l’année 2014, le Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) a demandé aux pays d’accueil d’offrir 30 000 places pour les personnes aux besoins les plus urgents. Or seulement 18 300 avaient trouvé preneurs à la mi-décembre.

3 commentaires
  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 4 janvier 2014 10 h 55

    Au bon endroit

    Les Syriens doivent régler leurs problèmes dans leur pays, la Syrie.

    • Mario Brisson - Abonné 5 janvier 2014 14 h 23

      Pendant ce temps là, laissons les enfants et les familles de réfugiés crevés. On voit que votre humanisme est très développé.

  • France Marcotte - Inscrite 4 janvier 2014 16 h 33

    Bouleversante photo

    Des enfants de leurs mains sculptent un bonhomme de neige sorti de terre.