2013 en 13 photos - Ambition

Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir
Young Trudeau, comme certains l’appellent en référence à son paternel, a le vent dans les voiles. Sacré chef du Parti libéral du Canada en avril 2013, Justin Trudeau a profité, pour se hisser au sommet des sondages, à la fois de la déconfiture d’un gouvernement empêtré dans des scandales, de l’effritement de son propre parti et d’un charisme associé à une bonne bouille. L’effet Trudeau, s’il fallait en décortiquer l’origine, n’est pas entièrement étranger à ce qu’on appelle le poids de l’image. Le jeune ambitieux a longtemps été associé, par ses détracteurs et des observateurs avisés de la scène politique fédérale, à un vide abyssal, à une absence désolante de contenu. Malgré une telle étiquette, il a vogué sur 2013 en multipliant les victoires.

Chantre de la transparence, apôtre de la candeur, M. Trudeau a admis non seulement avoir consommé de la marijuana dans sa vie, mais aussi avoir pris une bouffée ou deux lors d’un souper entre amis, alors qu’il était député. Cet aveu — calculé — fait au Huffington Post en août a bien sûr suscité des attaques de la part du camp des adversaires, mais il lui a permis en revanche de nourrir l’image de politicien candide, en plus de porter son message sur la légalisation de la marijuana, contre l’échec des politiques actuelles.

« Je fais preuve de transparence. Je sais très bien que les conservateurs, mes opposants, vont vouloir m’attaquer là-dessus. Mais je fais confiance aux Canadiens, à l’intelligence, au fait que les Canadiens sont des gens raisonnables qui sont ailleurs que là où se sont placés les conservateurs. »

Mais les images, on le sait, peuvent flétrir avec le temps. Les derniers sondages laissent entendre que l’électorat canadien a fini de voguer sur l’effet de séduction dont a joui Justin Trudeau pendant ces derniers mois, jusqu’à remporter des victoires dans des comtés comme Bourassa, où il pousse le cri de la victoire avec Emmanuel Dubourg à ses côtés. L’épreuve de la réalité va commencer.


Voyez le photojournaliste du Devoir Jacques Nadeau expliquer la présence nécessaire des photographes sur le terrain.