L'armée annule une commande de blindés de 2 milliards, faute d'argent

Ottawa — Les Forces armées canadiennes ont décidé d'annuler une commande de véhicules blindés évaluée à 2 milliards $.

Le général Tom Lawson, chef d'état-major de la Défense, a annoncé vendredi l'annulation du processus d'acquisition de 108 véhicules de combat rapproché.

La période de soumissions de trois fabricants de matériel militaire — Nexter, BAE Systems Inc. et General Dynamics Land Systems Inc. — venait à échéance lundi prochain, mais le ministère de la Défense nationale a décidé de ne pas choisir de gagnant.

Le programme d'acquisitions était en péril depuis plusieurs mois, après que l'armée eut indiqué qu'elle n'était pas certaine de pouvoir assumer les coûts de formation du personnel, de fonctionnement et d'entretien de ces véhicules en raison de contraintes budgétaires.

Les restrictions budgétaires ont réduit de 22 % le financement de base des Forces armées.

L'abandon d'une nouvelle commande militaire d'importance porte ombrage au gouvernement conservateur de Stephen Harper, qui peine à respecter ses engagements après avoir fait de multiples promesses d'achat d'équipement pour les Forces armées.

En plus des blindés, le ministère de la Défense nationale et celui des Travaux publics ont annulé un programme d'acquisition de 1500 camions pour les Forces armées, avant de relancer ce même programme.

Le lieutenant-général à la retraite Andrew Leslie, qui commandait les troupes canadiennes durant la quasi-totalité de la guerre en Afghanistan, affirme que les véhicules de combat rapproché représentaient un élément essentiel pour des militaires qui, en plus de guerres ouvertes, doivent aussi affronter des insurrections marquées par l'utilisation de bombes artisanales.

Le général Leslie estime que cette décision signifie que les militaires canadiens seront sous-équipés lorsqu'ils se retrouveront en situation de conflit.

Le véhicule de combat rapproché que le gouvernement souhaitait acquérir est un appareil de 36 tonnes pouvant à la fois transporter des troupes et combattre comme un char d'assaut.

L'expérience afghane a démontré que les blindés légers utilisés par l'armée canadienne, bien qu'efficaces, étaient très vulnérables face aux bombes artisanales de plus en plus puissantes, une leçon que les groupes insurgés de partout à travers le monde ont bien apprise.


 

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