​Postes Canada se défend: «Trop tôt pour monter aux barricades»

Le plan de Postes Canada qui abolira éventuellement la livraison à domicile soulève l'inquiétude de la population depuis son annonce, il y a une semaine.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Le plan de Postes Canada qui abolira éventuellement la livraison à domicile soulève l'inquiétude de la population depuis son annonce, il y a une semaine.

Ottawa — Le grand patron de Postes Canada, Deepak Chopra, a défendu pour la première fois publiquement son plan qui abolira éventuellement la livraison à domicile, mais n'a fourni aucune information sur de possibles accommodements pour les personnes âgées et celles à mobilité réduite. ​

Témoignant devant un comité parlementaire mercredi à Ottawa, M. Chopra s'est fait mitrailler de questions par les députés de l'opposition.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) a posé de nombreuses questions au sujet des personnes âgées, demandant si leurs besoins avaient été considérés.

Le plan de la société d'État a été dévoilé il y a une semaine et a immédiatement soulevé l'inquiétude chez de grands pans de la population.

Il prévoit aussi l'augmentation du coût du timbre individuel à 1 $, alors qu'il est de 63 cents actuellement. La livraison du courrier à domicile sera graduellement remplacée par le dépôt des lettres dans des boîtes communes.

Au sujet des aînés et des personnes à mobilité réduite qui devront se déplacer pour récupérer leur courrier, M. Chopra a assuré que les changements seront mis en oeuvre de façon « réfléchie » et que le travail sera fait en consultation avec les municipalités.

Plus tard en point de presse, il a vaguement ajouté que Postes Canada fera preuve d'innovation en trouvant des solutions.

« Des choix difficiles ont dû être faits », a-t-il dit à de nombreuses reprises.

Mais il a signalé que le courrier change de forme et de taille. « N'est-ce donc pas le temps que la boîte aux lettres change aussi? », a-t-il demandé.

Et à ceux qui craignent justement que les boîtes postales communes envahissent l'espace urbain dans les villes densément peuplées comme Montréal, un autres dirigeant de Postes Canada a rétorqué qu'il était « trop tôt pour monter aux barricades ».

L'entreprise a cinq ans pour réaliser son plan, a rappelé Jacques Côté, qui a indiqué qu'il sera notamment possible de développer de nouvelles boîtes pour la distribution du courrier.

M. Chopra a précisé que le plan de l'entreprise n'affecte pas les tarifs pour l'envoi de colis et aussi pour les envois postaux de masse, comme ceux utilisés par les organismes caritatifs.

Quant à l'augmentation du coût d'un timbre, elle est moindre que de prendre un format de café plus grand qu'à l'habitude chez Tim Hortons, a illustré M. Chopra.

Impact «terrible»

Le NPD assure qu'il fera tout pour que Postes Canada revienne sur sa décision de cesser la livraison à domicile.

« C'est terrible comme impact que ça a sur la vie de tous les jours pour les personnes », a déclaré le député néo-démocrate Hoang Mai.

Il aurait souhaité que d'autres options soient envisagées plutôt que celle choisie qui augmente le coût des timbres tout en coupant dans les services.

Le grand patron de Postes Canada a refusé de dévoiler toutes les données et les commentaires des Canadiens consultés, comme l'a requis le NPD.

Questionné sur quand le gouvernement fédéral avait été mis au courant de son plan, M. Chopra a évité de répondre à au moins huit reprises, pour finalement dire que le ministère des Finances avait été avisé deux jours avant l'annonce publique.

À voir en vidéo