Bilan parlementaire - Le «Senategate»? Une distraction des médias, conclut le PC

Le premier ministre Stephen Harper
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Le premier ministre Stephen Harper

La session automnale au Parlement a beau n’avoir duré que sept semaines et permis d’accoucher de trois projets de loi, le gouvernement conservateur se targue d’avoir été des plus productifs. Et les troupes de Stephen Harper nient que le scandale au Sénat ait fait dérailler leur ordre du jour parlementaire, parlant plutôt d’une simple « distraction ».

 

À l’heure de faire le bilan sur la session qui s’est terminée subitement mardi, le leader du gouvernement aux Communes, Peter Van Loan, s’est dit fier du travail accompli et s’est vanté de terminer l’année « la plus fructueuse » sur le plan législatif depuis l’accession des conservateurs au pouvoir en 2006. Or, si 40 projets de loi ont obtenu la sanction royale en 2013, trois de ceux-ci l’ont eue au terme de la session d’automne. L’un d’eux porte sur l’adoption de crédits budgétaires et est donc statutaire. Le second est le deuxième projet de loi de mise en oeuvre du budget 2013 (le projet de loi omnibus C-4) et l’autre (C-7) a modifié le nom du Musée canadien des civilisations pour le rebaptiser Musée canadien de l’histoire.

 

Est-ce donc que la prorogation du mois de septembre — suivie d’un discours du Trône rapidement oublié — a écourté la session au point de la rendre trop brève pour adopter davantage de projets législatifs ? M. Van Loan a rétorqué que non, c’est simplement qu’il y a plusieurs étapes d’étude parlementaire à suivre. « La session d’automne est très impressionnante », a-t-il affirmé en point de presse jeudi.

 

Priorité économie

 

Reste qu’au fil de l’automne, les Canadiens ont surtout entendu parler du scandale sur l’entente secrète conclue entre Nigel Wright et Mike Duffy plutôt que des 17 projets de loi mis en avant par le gouvernement, ou encore d’un projet cher au premier ministre, c’est-à-dire son accord de libre-échange avec l’Europe conclu mi-octobre.

 

Cela devait être frustrant. « Il y a une profonde reconnaissance [chez les électeurs] que la priorité de ce gouvernement a été, et continue d’être, l’économie. Et alors que les médias sont distraits par des événements sensationnalistes ailleurs [comme le scandale ou les déboires du maire Rob Ford], nous avons gardé le cap », a plaidé M. Van Loan.

 

La veille, au moment de résumer à leur tour l’automne parlementaire, néodémocrates, libéraux et bloquistes avaient argué que le gouvernement de Stephen Harper avait totalement perdu le contrôle aux Communes, forcé jour après jour de désamorcer le scandale au Sénat.

 

Pas de chicane avec Québec

 

Quant à l’opinion du ministre péquiste Jean-François Lisée que les décisions du fédéral vont à l’encontre de la volonté des Québécois (péage sur le pont Champlain, réforme de l’assurance-emploi, fin du crédit d’impôt aux fonds de travailleurs), le lieutenant québécois de Stephen Harper, Denis Lebel, a répliqué jeudi que le gouvernement de Pauline Marois cherche simplement, sans surprise, « à rouvrir de vieilles chicanes ».

 

« Nous sommes un gouvernement qui a respecté le Québec, qui a respecté les compétences, qui a réglé plusieurs dossiers : déséquilibre fiscal, règlement de la TPS-TVQ, a fait valoir M. Lebel, aux côtés de M. Van Loan au Parlement. Et je suis certain que, dans le temps des Fêtes, ce n’est pas de ça qu’on va parler.»

4 commentaires
  • Josette Allard - Inscrite 13 décembre 2013 03 h 15

    Lire Le HarperGate

    Il aimerait bien que les médias soient distraits au point d'oublier de nommer la chose par son vrai nom. Ce qui apparaissait en février dernier comme l'affaire Duffy se nomme maintenant l'affaire Harper, tant le bureau du Premier ministre a essayé , par toutes sortes de manœuvres , de couvrir le premier scandale.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 13 décembre 2013 06 h 41

    Une distraction ???

    Elle est forte celle-là «Une distraction» concoctée par les médias, en plus !

    On en a des distractions de même au Québec. Elles se nomment l'UPAC et la Commission Charbonneau. Causés par les reportages de médias, justement !

    Allez-vous avoir le même courage dans le ROC pour nettoyer vos écuries ? Ce qui transpire chez-vous n'est que la pointe de l'iceberg. Qu'allez-vous en faire ?

    Faudrais bien que j'envois mon commentaire dans un journal anglo; ici il ne sert pas à grand chose. Mais j'ai lu l'article ici, alors !

    PL

  • Denis Miron - Inscrit 13 décembre 2013 10 h 54

    Oignons donc…!


    Je sens que je vais pleurer...

  • Colette Pagé - Inscrite 13 décembre 2013 11 h 08

    Banalisation à la Harper !

    Pris au piège de son mantra sur l'économie et la création d'emplois Stephen Harper n'a rien trouvé de mieux que de banaliser les scandales au Sénat de sénateurs il faut le rappeler qu'il a lui-même choisi pour leurs qualités à faire la promotion du parti conservateur payé par les contribuables. Aujourd'hui face à ces scandales la démonstation est faite de son manque de discernement dans le choix de ses collaboratieurs a commencé par ce monsieur Wright si prompt à payer pour les frasques de ce bon conservateur.