Espionnage - La réputation du Canada pourrait en souffrir, dit l’opposition

Edward Snowden
Photo: Agence France-Presse (photo) WikiLeaks Edward Snowden

Les activités d’espionnage menées par le Canada à l’étranger pour le compte des services de renseignement américains pourraient ébranler la réputation du pays à l’étranger, craignent les partis d’opposition fédéraux.

 

« Est-ce que tous nos partenaires vont commencer soudainement à se demander si le Canada est l’intermédiaire pour les États-Unis, s’est demandée mardi la porte-parole adjointe du NPD en matière d’affaires étrangères, Hélène Laverdière. Ça nous prendrait des mécanismes de surveillance, de supervision de nos propres institutions qui soient plus efficaces. »

 

Pour sa part, le chef libéral Justin Trudeau juge « très inquiétantes » les nouvelles informations dévoilées lundi soir par le réseau CBC. « Je pense qu’on risque de perdre la confiance des autres [pays]. »

 

Interpellé en Chambre, le ministre de la Défense nationale, Rob Nicholson, a répondu qu’un commissaire indépendant scrute chaque année les activités du Centre de sécurité des télécommunications Canada (CSTC) et que celui-ci s’est toujours conformé aux lois en vigueur.


Surveillance concertée

 

Les révélations de la chaîne publique s’appuient sur un document de l’agence de sécurité nationale américaine (NSA), fourni par l’ancien consultant en exil, Edward Snowden. On y apprend que le CSTC a collaboré avec les services américains en ciblant une vingtaine de pays jugés prioritaires.

 

Le document classifié « Très secret » indique que le « CSTC partage avec la NSA son accès à des régions qui ne sont pas accessibles aux États-Unis ».

 

Les deux pays voisins travaillent main dans la main, précise le rapport daté du 3 avril 2013. « La relation [entre les deux pays] est motivée par un intérêt commun pour la défense de l’Amérique du Nord en entier. »

 

Plus loin, on apprend que la NSA et le CSTC s’échangent des informations, mais aussi du personnel. Les deux agences d’espionnage électronique espèrent même « étendre et renforcer » cette coopération stratégique dans le futur.

 

Les États-Unis ne versent pas d’argent au Canada pour profiter des fruits de cette alliance, mais assument de temps à autre les « coûts technologiques » associés à des projets communs. Les montants en jeu demeurent toutefois inconnus.

 

Les services américains et canadiens entretiennent des liens étroits en matière de renseignement depuis la signature de l’accord CANUSA en 1949, précise le document de quelques pages.

 

D’autres documents mis au jour par Edward Snowden et relayés il y a deux semaines par CBC révèlent que le CSTC a permis à la NSA de procéder à une vaste opération de surveillance lors du sommet du G20 organisé à Toronto, en 2010.

3 commentaires
  • Robert Henri - Inscrit 11 décembre 2013 08 h 21

    La réputation du Canada souffre déjà.

    La réputation du Canada souffre déjà. Depuis que le gouveernement Harper est le mouton noir de la lutte au réchauffement climatique. Depuis qu'il baillonne les scientifiques. Depuis qu'il ne réponds pas aux questions de qui que ce soit. Depuis qu'il condamne à la maladie et une mort certaine des milliers sinon des millions de personnes en refusant de financer les groupes qui distribuent des condoms. La bonne réputation du Canada n'existe plus depuis l'arrivée de ce gouvernement.

  • - Inscrit 11 décembre 2013 09 h 59

    NPD = PLC

    Vous remarquez ? De plus en plus, on ne voit pas de différence entre NPD et PLC.

    Aujourd'hui, Mme Laverdière dit la même chose que Justin Trudeau, hier c'était Thomas Mulcair qui, à propos de la charte de la laïcité disait la même chose que Justin Trudeau, demain ils trouveront bien le moyen de dire la même chose quand les enjeux touchant le Québec déplairont à l'ensemble du ROC.

    Bonnet orange, rouge bonnet !

  • Serge Marchand - Inscrit 11 décembre 2013 11 h 11

    Alzheimer ???

    La pratique de partager de l'information entre le Canada et les USA perdure depuis des dizaines d'années. Je crois que le parti politique de Justin Trudeau semble souffir d'Alzheimer à moins que Trudeau parle comme un politicien d'un vieux parti politique, soit avec une langue fourchue.