Sénat - L’associé sénior de Deloitte n’aura pas à témoigner

Les sénateurs conservateurs ont eu gain de cause, mercredi, en usant de leur majorité pour refuser d’inviter un associé sénior de la firme comptable Deloitte, mêlé au scandale entourant Nigel Wright et Mike Duffy, à venir témoigner.

 

De passage au comité sénatorial la semaine dernière, des collègues de Michael Runia, chargés de vérifier les dépenses de M. Duffy, ont révélé qu’il les a contactés en s’enquérant de l’état de l’enquête en cours — à la demande d’un sénateur conservateur, Irving Gerstein.

 

Les conservateurs avaient refusé une première demande des libéraux, la semaine dernière, au même comité de régie interne, de sommer M. Runia à venir expliquer son intervention.

 

À la Chambre haute mercredi, ils s’y sont opposés à 51 contre 30 libéraux qui ont voté pour leur motion. Les trois sénateurs indépendants et quelques conservateurs qui avaient brisé les rangs, il y a quelques semaines, en refusant de voter pour suspendre sans salaire leurs collègues M. Duffy, Patrick Brazeau et Pamela Wallin, ont suivi le gouvernement en refusant de convoquer M. Runia. L’un des récalcitrants du mois dernier, le conservateur Hugh Segal, s’est cependant abstenu de voter, tout comme son collègue Pierre-Claude Nolin et le sénateur Gerstein.


Enquête policière

 

Les conservateurs refusent d’appeler M. Runia à témoigner, arguant que cela interviendrait avec l’enquête que mène actuellement la Gendarmerie royale du Canada (GRC).

 

M. Gerstein a quant à lui refusé de céder sa place à la présidence du comité sénatorial des banques et du commerce. Les libéraux lui avaient demandé de se retirer, le temps que l’enquête de la GRC sur l’entente entre MM. Wright et Duffy soit conclue. Car M. Gerstein a été cité dans des documents déposés en cour par la GRC, des courriels d’employés du bureau du premier ministre y alléguant que le sénateur userait de ses contacts chez Deloitte pour tenter d’influencer leur vérification comptable.

 

M. Gerstein aurait appelé M. Runia, celui-là même qui a téléphoné aux vérificateurs qui épluchaient les notes de frais de M. Duffy, pour savoir quelle somme le sénateur déchu se ferait demander de rembourser.

À voir en vidéo