Christian Paradis blanchi par la commissaire à l’éthique

Le ministre fédéral Christian Paradis
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le ministre fédéral Christian Paradis

Le ministre québécois Christian Paradis a de nouveau eu droit à l’exonération de la commissaire à l’éthique, cette fois-ci dans le dossier du rapatriement d’un centre d’assurance-emploi dans sa circonscription à Thetford-Mines.

 

Le néodémocrate Guy Caron s’était plaint à la commissaire Mary Dawson, l’an dernier, en accusant le ministre d’avoir usé de son influence pour récupérer un bureau de Service Canada de Rimouski — dans la circonscription de M. Caron —, en parlant de cette affaire à sa collègue des Ressources humaines Diane Finley. Le nouveau centre a été déménagé dans un édifice appartenant à Ghislain Dionne, un homme d’affaires qui est un ami personnel de M. Paradis et associé de son père.

 

Dans un rapport déposé mardi, la commissaire tranche que Christian Paradis — aujourd’hui au Développement international — a agi dans le cadre de « ses fonctions parlementaires de député » en transmettant les préoccupations d’électeurs qui craignaient de perdre leur propre centre à la suite d’un processus de consolidation des services. Mme Dawson explique que M. Paradis a demandé à Mme Finley de considérer la candidature de Thetford-Mines, mais il n’a pas parlé de l’édifice détenu par son ami. « Rien ne permet d’établir que M. Paradis, en sa qualité de ministre des Ressources naturelles ou de ministre régional pour le Québec, a pris une décision ou qu’il a participé à la prise d’une décision. »

 

Guy Caron insatisfait

 

M. Caron n’était pas satisfait, mardi, annonçant qu’il écrirait à la commissaire pour lui demander de clarifier la raison pour laquelle M. Paradis était au courant de la future consolidation alors que lui n’en avait pas été avisé. Et le néodémocrate a dit s’inquiéter que la loi actuelle ne soit pas assez sévère, puisque Mme Dawson reconnaît qu’il y avait « possibilité que l’intervention […] favorise les intérêts de M. Dionne » mais qu’elle n’a pas blâmé le ministre.

 

La commissaire a précédemment blanchi M. Paradis en jugeant qu’il n’avait enfreint aucune loi en acceptant de séjourner au chalet de Marc Aubut alors qu’il était ministre des Travaux publics et que l’homme d’affaires cherchait des fonds pour l’amphithéâtre de Québec. Elle l’a en revanche déclaré coupable d’avoir accordé un accès gouvernemental privilégié à l’ancien député conservateur Rahim Jaffer.

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