Un sénateur conservateur démissionne

Dans la foulée du scandale au Sénat, qui continue de défrayer la chronique au fil de nouvelles révélations mêlant d’autres joueurs à l’affaire, un sénateur ontarien a démissionné de son poste, moins de trois ans avant sa retraite obligatoire.

 

David Braley, un homme d’affaires de Hamilton âgé de 72 ans, ne siège plus à la Chambre haute depuis cette fin de semaine. Son bureau n’a pas répondu aux appels du Devoir ni précisé les raisons de son départ. Il a toutefois renvoyé certains médias vers une entrevue du sénateur, publiée en septembre, dans laquelle il avouait réfléchir à son avenir au Parlement. « Mon épouse m’a demandé d’envisager [de démissionner] », avouait M. Braley au Hamilton News.

 

Mais les déboires de ses collègues Mike Duffy, Patrick Brazeau, Pamela Wallin et Mac Harb l’embêtaient aussi, M. Braley estimant qu’ils donnaient un oeil au beurre noir à tous les sénateurs.

 

« Il y a quatre personnes qui causent des problèmes pour les 100 autres, déplorait-il à l’époque. On se fait servir le traitement du goudron et des plumes [par le public canadien]. Le Sénat a un vrai rôle [dans le gouvernement canadien] », défendait-il à l’époque.

 

Nommé au Sénat par Stephen Harper en 2010, M. Braley s’acheminait vers la retraite obligatoire en 2016, date de son 75e anniversaire. Ne siégeant que depuis trois ans, il n’aura pas droit à une retraite parlementaire.

 

Frustration partagée

 

Dans les coulisses, on explique que M. Braley est un homme d’affaires accompli, philanthrope et propriétaire de surcroît des Lions de la Colombie-Britannique et des Argonauts de Toronto de la Ligue canadienne de football (LCF), et qu’il n’a jamais été très à l’aise dans le milieu parlementaire.

 

Sa frustration devant le scandale du Sénat serait en outre partagée par certains sénateurs conservateurs, qui sont fatigués de l’« infantilisme du bureau du premier ministre » qui leur dicte la façon de voter sur tout projet de loi, a-t-on confié au Devoir. Qu’ils aient été sommés de suspendre sans salaire leurs collègues a aussi exacerbé le malaise.

 

Le leader conservateur au Sénat, Claude Carignan, a nié les rumeurs, arguant que tous au Sénat ont été contrariés par les déboires des quatre sénateurs qui ont « porté ombrage au Sénat et à leur travail de sénateur […] On a tous cette impression-là et il n’y a personne qui quitte son poste à cause de cela ».

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