Opération de charme au Sénat

Le président du Sénat, M. Kinsella
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld Le président du Sénat, M. Kinsella

Ottawa — Après Mike Duffy et Pamela Wallin, une nuée d’autres journalistes ont fait leur entrée au Sénat lundi. Dans un geste sans précédent attestant la crise de confiance que traverse l’institution, le président du Sénat a convoqué la presse littéralement dans la Chambre haute pour reconnaître que les règles doivent être resserrées et que l’étanchéité entre le bureau du premier ministre et les législateurs doit être restaurée.

 

M. Kinsella s’est dit « extrêmement préoccupé » par les récentes révélations de la GRC selon lesquelles le bureau du premier ministre faisait pression sur le comité sénatorial étudiant le cas Duffy afin qu’il édulcore son rapport visant l’ancien journaliste. Il est des questions, selon lui, « pour lesquelles il serait beaucoup mieux et plus prudent de maintenir un pare-feu entre le législatif et l’exécutif ».

 

Le sénateur Kinsella ne dit pas directement que cette ligne a été franchie par l’équipe de Stephen Harper, mais quand on lui demande si les choses seront différentes maintenant qu’il préside le comité de Régie interne du Sénat, il répond : « Je peux vous dire qu’ils [le bureau du premier ministre] ne m’ont pas en numérotation abrégée sur leur téléphone. »

 

Copie des courriels

 

La GRC a demandé au Sénat une copie des courriels des trois sénateurs impliqués dans la décision d’adoucir le rapport visant M. Duffy (Marjory LeBreton, David Tkachuk et Carolyn Stewart Olsen), ainsi que ceux de ce dernier. Le Sénat a accédé à cette demande, M. Kinsella estimant que « l’immunité parlementaire ne peut être utilisée tel un bouclier pour se soustraire à une enquête policière ». Les courriels seront réunis, classés et remis aux policiers d’ici vingt jours.

 

Par ailleurs, les partis d’opposition se sont montrés très sceptiques à l’annonce du gouvernement, dimanche, selon laquelle les courriels de l’ancien conseiller juridique de M. Harper, Benjamin Perrin, avaient été retrouvés. La GRC s’était fait dire qu’ils avaient été effacés au départ de M. Perrin. « De quelle manière, exactement, a-t-on retrouvé soudainement, le dimanche soir, les courriels de l’avocat du premier ministre, Ben Perrin », a demandé Thomas Mulcair à la Chambre des communes. Il y voit un autre « changement de version des faits » comme il y en a eu d’autres dans le scandale du Sénat.

À voir en vidéo