Le député Dubourg ne remboursera pas son indemnité

Le nouveau député libéral de Bourassa, Emmanuel Dubourg, n’a pas l’intention de rembourser la prime de séparation qu’il a touchée en quittant l’Assemblée nationale.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le nouveau député libéral de Bourassa, Emmanuel Dubourg, n’a pas l’intention de rembourser la prime de séparation qu’il a touchée en quittant l’Assemblée nationale.

Le nouveau député libéral de Bourassa, Emmanuel Dubourg, n’a pas l’intention de rembourser la prime de séparation qu’il a touchée en quittant l’Assemblée nationale et ce, même s’il commencera incessamment à toucher son salaire d’élu fédéral de 160 200 $.

S’il a été élu lundi, c’est que les électeurs ont approuvé la pratique, selon lui.

M. Dubourg s’est présenté à Ottawa mercredi pour la réunion hebdomadaire du caucus libéral. Il était accompagné de Chrystia Freeland, la députée nouvellement élue dans Toronto-Centre, ainsi que des deux candidats défaits dans les deux autres circonscriptions où se sont tenues des élections partielles lundi.

Remboursera-t-il sa prime, a-t-on demandé à M. Dubourg? «Cette histoire, on en a longuement parlé pendant la campagne et les électeurs de Bourassa en ont tranché. Pour moi, la porte est tournée, le dossier est clos», a répondu le député élu avant de tourner les talons et de quitter.

Son chef, Justin Trudeau, tient le même discours. «M. Dubourg a suivi toutes les règles de l’Assemblée nationale et j’en suis très fier. Je peux aussi dire qu’effectivement, on en a parlé beaucoup pendant la campagne, on a eu beaucoup d’attaques là-dessus, mais les citoyens de Bourassa ont tranché très très clairement pour dire qu’ils veulent que quelqu’un d’aussi fort et d’extraordinaire qu’Emmanuel soit leur représentant dans Bourassa.»

En août, M. Dubourg a touché une indemnité d’un peu plus de 100 000 $ lorsqu’il a quitté son siège d’élu à l’Assemblée nationale pour se présenter à l’élection partielle fédérale de Bourassa. Tous les élus ont droit à cette prime, qu’ils perdent leur élection ou qu’ils quittent volontairement leur poste, en cours de mandat ou lorsque celui-ci prend fin.

Québec veut changer cette pratique en abolissant la prime lors des départs en cours de mandat. Cette prime aide les élus, qui éprouvent souvent de la difficulté à se replacer professionnellement, à faire le pont financier. M. Dubourg n’aura été que trois mois sans rémunération.

Cette prime s’est retrouvée au coeur de la campagne électorale dans Bourassa. Le NPD s’en est pris à M. Dubourg en le dépeignant comme le membre d’un club privilège. Même le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, avait exprimé en août un certain malaise à l’idée que son ex-député touche 100 000 $ même s’il devait être élu à Ottawa.

«Est-ce qu'à ce moment, le fait de recevoir la rémunération de député [changerait] la situation pour lui? C'est une question légitime à lui poser», avait dit M. Couillard.

Mercredi, le chef du NPD, Thomas Mulcair, s’est moqué de M. Dubourg. «Je ne suis pas sûr de comprendre l’image que la porte est “tournée”. Peut-être que pour lui c’est une porte tournante où tu encaisses 100 000 et tu t’en viens au fédéral, tu continues à toucher un salaire et cette fois-ci, même plus élevé que ce qu’il avait à Québec.» Le salaire d’un député à Québec est de 88 100 $, soit près de la moitié de celui d’un député fédéral.
41 commentaires
  • Jacques Gauvin - Inscrit 27 novembre 2013 11 h 45

    QU'attend Justin Trudeau pour dénoncer ce comportement?

    • lise pelletier - Inscrit 27 novembre 2013 19 h 08

      Alors qu'il claironne que la classe moyenne est sa première préoccupation. Il avait l'occasion de le démontrer, il est passé à côté.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 28 novembre 2013 08 h 01

      Je crois qu'il n'est pas tellement plus futé que Dubourg lui même, il est juste né dans la bonne famille, dans le bon pays, comparé à Haïti, fils d'un père aguerri à la politique qui lui a légué ce qui compte, le nom et la fortune.

  • Mark Beaton - Inscrit 27 novembre 2013 11 h 47

    La loi Dubourg

    On a eu la loi Marcotte.
    On devrait baptiser la future loi sur les indemnités de départ, (si jamais les libéraux l'acceptent) de Loi Dubourg.
    C'est tellemnt édifiant!

    • Simone Lussier - Inscrit 27 novembre 2013 12 h 59

      Faut pas oublier la loi Applebaum...

  • Gilles Théberge - Abonné 27 novembre 2013 12 h 08

    Si quelqu'un cherche...

    Si quelqu'un cherche à connaître la signification du cynisme, qu'il arrête de se questionner, la réponse est dans le titre de cet article.

    Et si quelqu'un cherche un synonyme du mot cynisme, il l'a gratuitement ici. Ce mot c'est : libéral

    • Pierre Denis - Inscrit 27 novembre 2013 13 h 28

      Rien à ajouter ici...

  • Benoît Gagnon - Inscrit 27 novembre 2013 12 h 11

    Libéral un jour

    100 000 $ pour avoir quitté son poste, de son plein gré, pendant un mandat (pour aller chercher un autre mandat, qui plus est). Et on nous dit, après ça, qu'il faut couper partout parce qu'on n'a plus assez d'argent...

    Et même si les gens de sa circonscription ont approuvé ça (ce dont je doute fort), il n'est jamais venu à l'esprit de ce monsieur que le reste de la population (celle qui paie tout autant son salaire) n'approuverait pas?

    • Simone Lussier - Inscrit 27 novembre 2013 13 h 00

      Et vlan! Bien dit

    • Mario Paquette - Inscrit 28 novembre 2013 10 h 18

      COMPRENDRE QUOI !!!!!!!

      Une ascension vers un libéralisme aristocratique beaucoup plus généraux en prime de départ et en salaire (fédéral). L Oligarchie Libéral favorise les élites, ce qui me rappelle une phrase d un Haitien qui me résumait la venue de Aristide au pouvoir (le sauveur des haitiens Homme de bonne parole) qui dit arme au point (venait citoyen en haut de la montagne sortir ses bourgeois de leurs demeurent) et qui en quelque mois comme président fut acceuillies dans la bourgeoisie Haitienne avec ses faveurs pour en faire un des leurs.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 28 novembre 2013 10 h 59

      Libéral un jour...

      Ha bon! Et moi qui croyait que René Lévesque, et un autre là, dont j'oublie le nom, un avocat, avaiet quitté ce parti pour virer vers qulque chose qui ressemblait à l'indépendance.

      C'est ben pour dire, j'ai dû rêver...

  • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 27 novembre 2013 12 h 23

    Élu grâce à ça

    Il ne faut pas être naïf : M. Dubourg n'aurait pas pu ne pas être élu à cause de son absence de scrupule et son éthique asymétrique. C'est la raison pour laquelle il a été élu : nous savons bien le respect et l'idolâtrie que les petits témoignent envers les crapules polies, qu'elles soient politiciennes ou mafieuses, Berlusconi étant l'exemple le plus bouffonesque.

    Un individualiste méprisant, comme ses électeurs, mais qui est capable de faire bonne impression et de jouer le jeu pour encaisser le chèque. Un héros dans le milieu.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 28 novembre 2013 09 h 01

      Que de préjugés. Envers "les petits". Et après avoir traités ses éleceteurs de petits, voici que ces même électeurs sont méprisants, essayons d'y comprendre quelque chose.

      Si je vous comprends bien, madame Théberge, vous ne demeurez pas dans ce comté puisque vous êtes parfaite, donc en position de juger tout le monde. Merveilleux!