Lettres dans Bourassa - Le NPD affirme ne faire qu’imiter les autres

Ottawa — Le NPD ne s’excuse pas de procéder à des envois partisans par «lettres» dans la circonscription de Bourassa. Au contraire, le parti fait valoir que c’est une pratique qu’ont amorcée ses adversaires et qu’il ne fait que suivre la parade. Pas question de «procéder à un désarmement unilatéral», explique-t-on.


«Je suis très à l’aise avec ça», a soutenu en conférence de presse lundi Alexandre Boulerice, un des quatre élus néodémocrates ayant parrainé les envois. «Je vous dirais que c’est une attitude non seulement raisonnable, mais qui respecte les règles actuelles».

 

Le NPD soutient que la pratique a été amorcée par le Parti libéral du Canada il y a presque deux ans. Bob Rae avait envoyé des «lettres» dans les circonscriptions néodémocrates de Toronto-Danforth et de Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine. Le NPD s’est enquis ce printemps de la légalité de la pratique auprès du président de la Chambre des communes, ainsi que du Bureau de régie interne et des Services postaux de celle-ci. La réponse verbale est confidentielle, mais le NPD soutient qu’elle était positive.

 

Le Devoir a révélé lundi que quatre néodémocrates avaient envoyé des dépliants partisans intitulés «lettres» aux électeurs de Bourassa, qui iront aux urnes le 25 novembre. Ce genre d’envois a été interdit par la Chambre en mars 2010 ans devant leur prolifération et l’explosion des coûts y étant associés (20 millions de dollars). Les députés n’ont désormais plus le droit d’envoyer des dépliants en dehors de leur circonscription, mais ils ont encore le droit d’envoyer des lettres n’importe où au pays. Les partis semblent contourner la règle en intitulant «lettres» les dépliants en les plaçant dans des enveloppes.

 

Le Bureau de régie interne (BRI) de la Chambre des communes n’a pas voulu commenter la pratique. Son porte-parole conservateur, John Duncan, a déclaré par courriel que «le BRI établit les règles qui gouvernent l’utilisation des privilèges postaux des députés et on s’attend à ce que tous les députés respectent ces règles». Mais il a refusé de dire s’il estime que la pratique des «lettres» respecte l’esprit de ces règles. Le Parti libéral n’a pas fait de commentaires. La Chambre paye ces envois.


Argument fallacieux

 

Selon Alexandre Boulerice, l’argument financier est fallacieux, car, contrairement aux envois partisans, qui étaient pour ainsi dire illimités, les lettres sont soumises à un plafond. Chaque député dispose d’un nombre d’enveloppes équivalant à 110 % du nombre de foyers dans sa circonscription (environ 55 000). Ce chiffre était trois fois plus élevé, mais a été changé en juin sans qu’on sache pourquoi. «Si je les envoie dans Bourassa plutôt que dans Rosemont–La Petite-Patrie, ça ne coûte pas plus cher aux contribuables. [...] Ça va juste vouloir dire que je pourrai en envoyer moins dans ma circonscription.»

 

Des députés ont indiqué au Devoir qu’à aucun moment dans le passé ils n’avaient atteint leur quota.

3 commentaires
  • Martin Simard - Inscrit 19 novembre 2013 08 h 50

    Pauvre excuse

    Le NPD déçoit lorsqu'il tente de jouer dans la cours des grands. Mais l'enfer est rempli de bonnes intentions...

  • Carroll Roy - Inscrit 19 novembre 2013 16 h 09

    Changement de visage....

    Ce dernier épisode démontre bien que le NPD veut jouer à la harper.

    Son excuse: les autres le font, pourquoi pas nous.

    Intimidation envers une ex-député, appels, lettres....on voit bien que sous un régime NPD, ça ne changera pas de la manière harperienne.

    Encore une fois, le NPD s'est mis un doigt dans l'nez

  • - Inscrit 19 novembre 2013 17 h 06

    Imiter !

    Oui, imiter les libéraux et les conservateurs !

    Que peuvent faire de plus les députés du NPD ?

    Je vous me le demande ???

    Un parti qui n'a rien à offrir aux Québécois .. comme les libéraux et les conservateurs !