Financement des infrastructures - Québec reçoit sa « juste part », assure Ottawa

Des travaux d’urgence sont effectués sept jours sur sept sur le pont Champlain.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Des travaux d’urgence sont effectués sept jours sur sept sur le pont Champlain.

Le ministre fédéral responsable du Québec, Denis Lebel, croit qu’il est « complètement faux » de dire qu’Ottawa n’en fait pas assez pour appuyer le gouvernement provincial dans le financement de ses infrastructures. Dans une lettre envoyée au Devoir, il prétend que le fonds discrétionnaire évoqué par Québec « n’existe pas » et que la province a toujours reçu sa « juste part ».

 

« Certains montants sont octroyés sur la base du mérite plutôt que d’allocations aux provinces, mais il est faux de parler de fonds purement discrétionnaires », s’est défendu jeudi M. Lebel, qui occupe également le poste de ministre des Affaires intergouvernementales.

 

Il faisait ainsi référence aux 4 milliards de dollars contenus dans une enveloppe totale de 14 milliards du programme Chantiers Canada sur 10 ans, qu’Ottawa distribue selon ses priorités.

 

La veille, son homologue québécois Alexandre Cloutier a réclamé du gouvernement fédéral qu’il consacre un milliard de ce fonds au système de transport léger sur rail (SLR) du nouveau pont Champlain, étant donné que le gouvernement fédéral refuse de couvrir sa part des coûts du SLR.

 

Le projet coûterait entre 1,3 et 2 milliards de dollars, selon les estimations.

 

Ottawa fait valoir que le transport en commun est une responsabilité des provinces et que l’enveloppe budgétaire qui leur est allouée pour les infrastructures doit être dépensée selon leurs priorités. Depuis des mois, le ministre des Transports Sylvain Gaudreault répète que Québec ne peut se permettre de vider cette enveloppe budgétaire avec un seul projet, alors que les besoins des villes en infrastructures sont nombreux à la grandeur de la province.

 

« Nous constatons que dans le dernier plan [Chantiers Canada], Québec a choisi de n’investir que 9 % des fonds dans le transport en commun. C’est vastement inférieur aux provinces ayant des besoins comparables », écrit Denis Lebel.

 

Il n’y a pas d’iniquité, insiste le ministre fédéral. « Dans le prochain Plan Chantiers Canada, le Québec continuera de recevoir sa juste part. Les projets de transports en commun continueront aussi d’être admissibles. »

 

Jeudi, M. Cloutier a également interpellé Ottawa en exigeant que les deux voies permettant d’accueillir le SLR soient intégrées au projet de construction du nouveau pont. « On va mettre en place les infrastructures pour que le train léger sur rail passe », a répondu M. Lebel en point de presse.

 

Rencontre d’urgence

 

Le ministre Lebel aura l’occasion de poursuivre les discussions au sujet du pont Champlain dès vendredi, puisqu’il sera de la rencontre d’urgence convoquée par le gouvernement du Québec à la suite de la fermeture d’une voie sur le pont Champlain.

 

« C’est la première fois qu’on m’y invite, a indiqué M. Lebel. Ça va me faire plaisir d’aller remettre les pendules à l’heure et de partager l’information. Nous avons une société des ponts qui est mandatée, à qui on a fourni tous les budgets pour faire le travail d’entretien du pont, mais ça me fera plaisir d’aller parler, d’échanger. »

 

Le ministre des Transports Sylvain Gaudreault s’est demandé jeudi matin où se trouvait Denis Lebel depuis la découverte mardi d’une fissure sur une poutre du pont Champlain. Il a invité le ministre fédéral à se manifester, ce que celui-ci n’a pas tardé à faire.

 

En plus des ministres Lebel et Gaudreault, le comité Mobilité Montréal qui se réunit vendredi rassemblera autour d’une même table les élus et les représentants des sociétés de transport de la région métropolitaine, ainsi que de la Société des ponts Jacques-Cartier et Champlain.

 

Les différents intervenants tenteront de trouver des solutions aux problèmes de congestion engendrés par la fermeture de la voie du pont Champlain en direction sud pendant un mois. Des travaux d’urgence y sont effectués sept jours sur sept, a-t-on indiqué mercredi.

 

En plus des complications sur le pont Champlain, le retour à la maison de plusieurs automobilistes s’est fait difficilement jeudi soir. La circulation sur le pont de l’île des Soeurs a été bloquée en direction de la Rive-Sud à partir de 18 h 30 en raison d’un véhicule en feu.

14 commentaires
  • André Ouellet - Abonné 15 novembre 2013 06 h 08

    Le pont Champlain

    Une solution pour en finir avec le pont Champlain, Ottawa pourrait céder le pont au Québec et, lui prèter l'argent pour la construction. Ainsi, fini les chicanes.

  • robert morin - Inscrit 15 novembre 2013 06 h 11

    Des fissures dans le discours...

    Quand on peut dire d'un même souffle qu'il «n'existe pas de fonds discrétionnaire» et que, d'autre part, «Certains montants sont octroyés sur la base du mérite plutôt que d’allocations aux provinces», c'est que l'on étire les mots et la logique jusqu'à ce que le discours soit franchement aussi fissuré que le pont Champlain. Après ça, on tente d'aller se cacher derrière la société des ponts...«Nous avons une société des ponts qui est mandatée, à qui on a fourni tous les budgets pour faire le travail d’entretien du pont»... alors comment expliquer l'état lamentable et périlleux de cette infrastructure? Et puis quand M. Lebel répondra-t-il à ceux qui réclament que Mtl ait son mot à dire dans l'architecture du nouveau pont? Quand il est «invité», M. Lebel se présente aux rencontres pour «parler». Et quand il «reçoit une facture» du Québec (que ce soit pour le verglas, pour les inondations du Richelieu, pour la catastrophe ferroviaire de Lac Mégantic ou pour le pont Champlain), qu'en fait-il au juste? Passe-t-elle par la même filière que les factures en provenance, disons, de l'Alberta ou bien doit-il la remettre dans sa poche ou pire, s'en servir pour s'essuyer?

  • François Marquis - Inscrit 15 novembre 2013 06 h 36

    Pourquoi somme-nous obligés de quémander à Ottawa ?

    Tous vous connaissez la réponse... « Vous n'êtes pas tannés de mourir bande de caves ? »

    • Martin Simard - Inscrit 15 novembre 2013 07 h 15

      Réponse : Parce que nous sommes une province pauvre et que nous avons besoin des chèques de péréquation (genre chèques de BS) pour boucler notre propre budget. Ces chèques de péréquation nous proviennent d'anciennes provinces pauvres (Alberta, Terre-Neuve) qui sont devenues riches grâce à l'exploitation de leurs ressources naturelles et prétrolifères. D'ailleurs, ces provinces se demandent aujourd'hui pourquoi elles doivent payer de la péréquation au Québec qui possède aussi des ressources gazières et pétrolifères, mais qui refuse de les exploiter. C'est quand même paradoxal disent-elles: le Québec profite de l'exploitation du pétrole des autres provinces grâce à la péréquation, mais refuse d'exploiter ses propres ressources. Finalement, le Québec est comme un gars fort et en pleine santé qui vit aux crochets de la société en encaissant son chèque de BS chaque mois et qui refuse de travailler...

    • Sylvain Auclair - Abonné 15 novembre 2013 09 h 32

      Monsieur Simard,

      Avant de répéter ce mythe, jetez un coup d'œil aux chiffres détaillés exposés par l'auteur de Un gouvernement de trop.

    • Yvon Giasson - Abonné 15 novembre 2013 09 h 55

      Monsieur Simard perpétue cette fausse idée que le Québec n'est pas viable sans la "bonté" de la péréquation fédérale.
      Rien n'est plus faux.
      Si nous pouvions utiliser les quelque 50 milliards que nous versons à Ottawa annuellement et que nous éliminions en plus les coûts reliés à la duplication des services aux citoyens, le Québec aurait les moyens et les outils nécessaires pour devenir un pays moderne et prospère.
      Les coûts que nous payons en double représentent à eux seuls un montant supérieur au montant versé par Ottawa annuellement en matière de péréquation.

    • Luc Bertrand - Abonné 15 novembre 2013 10 h 28

      Monsieur Simard, c'est comme si vous cassiez les jambes d'un homme et que vous l'encouragiez à travailler au noir pour vivre. C'est exactement ce qui nous est collectivement arrivés depuis 1760. L'Empire britannique d'abord (1760-1867), ensuite l'État néocolonial canadien (depuis 1867) ont systématiquement favorisé l'émergence et la richesse de l'Ontario au détriment du Québec qui, de par sa position géographique stratégique, disposait, au départ, d'un avantage économique et logistique considérable par rapport à ce qui est devenu l'Ontario. Jusqu'à la fin des années 1950, les navires arrêtaient à Montréal, ce qui a favorisé le développement économique de cette ville. Après qu'Ottawa et Washington se soient entendus pour le creusage de la voie maritime du St-Laurent, le commerce maritime s'est déplacé depuis vers Toronto et les autres villes autour des Grands Lacs. Ne venez pas me dire que nous avons eu notre mot là-dedans: entre 1760 et 1867, le gouvernement britannique nous considérait comme des conquis et a fini par nous faire passer de 95% de la population à moins de la moitié; à partir des environs de 1850 et surtout de 1867, nous n'étions plus qu'une province sur 4, donc désormais une minorité qu'Ottawa n'a eu de cesse de marginaliser davantage. Nous sommes aujourd'hui une province sur 10 et 3 territoires avec un peu plus de 22% de la population, dont plus d'un cinquième est perdu aux mains d'une minorité anglophone protégée par une Cour suprême biaisée nommée par Ottawa, donc par un premier ministre fédéraliste. Quant à nos richesses naturelles, elles sont exploitées à vil prix par des multinationales pour être transformées en Ontario, aux États-Unis sinon ailleurs. Nous avons une richesse beaucoup moins nuisible pour l'environnement que le pétrole: l'hydro-électricité. Mais, là encore, nous avons dû nous débrouiller sans l'aide du fédéral. Et Ottawa cherche même à nous nuire en finançant Churchill Falls et la ligne électrique sous-marine TN-NÉ vers les É-U.

    • Jacques Moreau - Inscrit 15 novembre 2013 12 h 26

      Monsieur Bertrand, l'en vers de la médaille à votre discour est que le Nouvelle-France à été cédée à l'Angleterre pour payer la "dette de guerre" causer par la Guerre de Sept ans, ou la France s'est trouvée du coté perdant. Bien sûr en 1760, les français formaient 95% de la population, les anglais n'avaient pas encore commencés à aménagés dans leur nouvelle colonie, en Amérique du Nord. La guerre d'indépendance des colonies de Nouvelle-Angleterre a grandement contribué à changer la donne. Le Canada, à sa formation, était connue comme le "Dominion of Canada" et Séraphin, dans Les Belles Histoires des Pays d'en Haut, refère souvent, au dollar ou "piaste" comme "bills du Domninion". Autre différence antre le Québec et les autres provinces, le code civil: commun law ailleur, code Napoléonique ou Français au Québec. Comme quoi on peut faire dire au chiffres ce qu'on veut entendre.

    • Charles Lebrun - Abonné 15 novembre 2013 13 h 16

      Monsieur Simard, et en précision à la réponse de monsieur Bertrand...

      Conccernant la l'aide d'Ottawa pour la ligne électrique sous-marine, nous, au Québec, nous n'avons jamais eu aucune aide pour notre hydro-électricité, ni même des banques canadiennes!!! Il a fallu aller emprunter à New York pour pouvoir mettre sur pied notre hydro électricité... et vous me parlerez après celà d'une "ouverture d'esprit" et de collaboration de nos concitoyens anglo-saxons??? Désolé... Vous devez être bien jeune pour penser comme vous le faites!!! Apprenez votre histoire!!!

      De plus, pour le pétrole à Terre-Neuve, Mulroney a donné 8,5 milliards (subventions, crédits d'impôt, prêts sans intérêt, etc.) pour Hibernia, as-t-on reçu un seul sous pour notre Hydro? NON!!!

      Et que dire des 10 années du gouvernement Charest qui n'ont pas été suffisantes pour régler la facture de la crise du verglas? Avec un gouvernement péquiste, on peut comprendre... mais avec un ancien Conservateur! Pas fort!!!

      Et la Saskatchewan et l'Alberta ont reçu de la péréquation durant près de 70 ans! Et tous les agriculteurs étaient subventionnés par Ottawa!!! C'est eux, à cette époque qui votaient "socialiste"!!!

      Conclusion: On est pas des BS, on nous traite en BS, nuance!!!

    • Bernard Plante - Abonné 15 novembre 2013 13 h 59

      M. Bertrand, il est vraiment rafraîchissant de lire votre commentaire qui rassure quant à notre capacité d'analyser le cours de l'histoire pour aller au-delà des simples impressions et slogans véhiculés par les «dépendantistes» du type de M. Simard!

      Par ailleurs, vous abordez le fait que de nos ressources naturelles sont actuellement exploitées à vil prix et soulignez une de nos plus grandes richesses collective, l'hydroélectricité.

      Or, ce qui nous permet aujourd'hui de profiter des milliards de dollars générés par cette ressource hydroélectrique est dû au fait de l'avoir nationalisée. Pourquoi alors ne ferions-nous pas de même avec l'ensemble de nos richesses naturelles? Si cela a été profitable pour une richesse naturelle, pourquoi en serait-il autrement avec les autres? Pensons-y sérieusement!

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 16 novembre 2013 05 h 12

      Ils vont être heureux les Albertains quand ils vont se rendre compte que leur province n'est plus maintenant qu'un grand trou béant et nauséabond et que toute la flore et la faune est disparu. Le bonheur total !

      Leurs parcs nationaux sont déjà découpés en parcelles et vendus au plus offrants. La seule place qui leur reste pour voir un cervidé est sur un trente sous ! Le bonheur total effectivement car maintenant, ils en ont beaucoup des trente sous pour se consoler !

      Comment vont-ils réagir plus tard quand les compagnies pétrolifères vont leur faire des beaux babayes lorsqu'ils vont leur demander de réparer le dégât ?

      Quelle sera leur réaction quand ils verront qu'ils ont vendu leur âme aux développeurs et qu'il ne leur reste plus rien ?

      PL

    • Jacques Moreau - Inscrit 16 novembre 2013 10 h 50

      Re: Bernard Plante 15 nov. L'hydro électricité nationalisé fut un grand succès probablement parce qu'on a exproprié une entreprise florissante avec un futur presque sûr. Par contre le gouvernement québecois a nationalisé les mines d'amiante de Thetford ... à notre regret. Ce fût un gouffre financier, sans retout palpable. Les mines ont une vie limitées, ... un filon s'épuise. En Angleterre les mines de charbons ont été exploitées par le gouvernement pendant trop longtemps. Ça a pris une politicienne à la main de fer pour mettre fin à une opérations qui saignait les fonds public. Les mines, c'est du grand risque, et une bonne mine est le résultat de plusieurs investissements non-profitable.

  • Colette Pagé - Inscrite 15 novembre 2013 10 h 05

    Le Ministre Lebel et son absence de vision !

    Alors qu'Ottawa finance le projet de développement hydraulique de Terre-Neuve dire que le Québec reçoit sa juste part est une tromperie. Par sa déclaration le député Lebel fausse la réalité. Mais ce qui ressort avant tout de ces palabres, c'est la faiblesse de la voix québécoise au cabinet fédéral. Quant au pont Champlain si la tendance se maitient ce sera, selon la volonté fédérale, un pont avec péage, une construction sans envergure. Et ce, malgré les souhaits légitimes de tous élus de la région de Montréal, ce pont ne sera pas une Signature, ni un + pour Montréal.

  • Leclerc Éric - Inscrit 18 novembre 2013 11 h 19

    Un simple "OUI" à un futur référendum et fini les chicanes

    Pour que le Québec cesse de se mettre à genoux face aux ministres du gouvernement du Canada lorsqu'il est question de partager les frais de rénovation d'infrastructures aussi importantes que le Pont Champlain, votons donc "OUI" et débarrassons-nous de ce gouvernement central qui se fout des intérêts du Québec!