Ottawa réitère sa menace de contester la charte en cour

Le ministre Jason Kenney croit que la charte empêcherait des citoyens de participer à la vie publique.
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld Le ministre Jason Kenney croit que la charte empêcherait des citoyens de participer à la vie publique.
Appui populaire ou pas, la charte mise à jour du Parti québécois ne passe toujours pas la rampe à Ottawa. Le gouvernement conservateur menace encore de la contester devant les tribunaux, tandis que néodémocrates et libéraux la dénoncent avec véhémence.

« Nous suivrons de près l’issue de cette loi. Si ce projet de loi, tel que déposé, visant à interdire à certains Canadiens de participer à la vie publique devient loi, nous l’analyserons de près. Et si nous concluons qu’elle viole notre Constitution et la liberté de religion, nous la contesterons », a déclaré le ministre de l’Emploi, Jason Kenney. M. Kenney s’est bâti une réputation d’agent de liaison conservateur avec les communautés culturelles alors qu’il était ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration.
 
Même condamnation du côté du NPD. Le chef, Thomas Mulcair, estime que le gouvernement de Pauline Marois imite celui de Stephen Harper en divisant le plus possible. « Elle sait que ça ne sera jamais adopté [à l’Assemblée nationale]. » M. Mulcair invite toute personne qui perdrait son emploi pour cause de port d’un symbole religieux à contester ce renvoi en passant par l’avocat Julius Grey, qui a promis d’offrir ses services juridiques bénévolement.

Deux discours
 
Thomas Mulcair s’en est pris au ministre conservateur Denis Lebel, qui avait déjà déclaré à La Presse canadienne : « Rien ne me choque là-dedans. » Jeudi, M. Lebel a refusé de commenter la version officielle de la charte déposée à Québec. Le libéral Stéphane Dion a invité Denis Lebel à retirer ses propos. « Le gouvernement doit dire la même chose en anglais et en français. »
 
Selon M. Dion, il est inacceptable que quelqu’un perde son emploi pour avoir affiché un signe religieux. Qu’en est-il des fonctionnaires fédéraux congédiés pour avoir, après les heures de bureau, affiché leurs affiliations politiques ? Par exemple, Antoine Pich, un jeune notaire de 26 ans travaillant au ministère fédéral de la Justice, a perdu son poste en 2007 après s’être porté candidat pour Québec solidaire. Pourquoi est-il plus acceptable de congédier quelqu’un qui affiche ses appartenances politiques que quelqu’un qui affiche son appartenance religieuse ? « Afficher ses signes religieux ne met pas en cause la laïcité de l’État, tandis que quelqu’un qui prend des positions politiques met en cause la neutralité politique de l’État », selon M. Dion.