Le boulet du Sénat risque de suivre les conservateurs en congrès

Quelque 2000 militants conservateurs, dont une centaine de Québécois, convergeront ce jeudi soir à Calgary pour l’ouverture du congrès bisannuel de leur formation. Si le sort des syndicats et les croyances religieuses sont officiellement à l’ordre du jour des débats et plénières, tout indique que ce sont davantage les déboires sénatoriaux qui alimenteront les conversations de corridor.

 

Les parlementaires conservateurs arrivent dans la métropole albertaine sans les trois scalps de sénateurs qu’ils avaient planifiés avoir en main pour apaiser leur base (voir autre texte). Et certains députés reconnaissent que cela risque de causer un malaise. Le député Mark Warawa dit déjà entendre bien des plaintes de ses électeurs à propos des déboires de Mike Duffy, Patrick Brazeau et Pamela Wallin. « J’entends des préoccupations de la part de mes commettants. Nous recevons beaucoup d’appels. Les gens veulent savoir la vérité. Le Sénat se rencontrera vendredi et on espère que ça se réglera. » Son collègue Brad Trost affiche la même candeur. Quand on lui demande ce que pensent ses militants du chèque de 13 560 $ que le Parti conservateur (PC) a signé à M. Duffy pour arranger l’entente légale par laquelle quelqu’un d’autre rembourserait au Sénat ses 90 000 $ de dépenses, Brad Trost répond : « Je ne pense pas qu’ils sont contents. » D’autres, comme le ministre Christian Paradis, pensent qu’il faut « sort[ir] de la bulle d’Ottawa. Les gens sont extrêmement frustrés à l’égard des sénateurs qui ont engagé des dépenses inappropriées », pas contre le PC.

 

Règles syndicales

 

Outre le Sénat, les syndicats occuperont une grande partie des discussions officielles à Calgary. Plus de 10 % des résolutions (9 sur 82) mises de l’avant par les militants proposent de revoir les règles d’adhésion et de financement des organisations ouvrières. Les résolutions proviennent autant de l’Alberta, de l’Ontario que du Québec (Ahuntsic et Alfred-Pellan). Elles demandent que le processus d’instauration d’un syndicat dans un milieu de travail se fasse par vote secret.

 

Une seule (Calgary-Nose Hill) conteste la formule Rand et réclame que les cotisations syndicales ne soient plus obligatoires. Les autres proposent plutôt que les syndicats dévoilent avec précision quelle proportion de leurs dépenses sert au militantisme politique afin de rendre cette portion des cotisations syndicales optionnelles. Une autre (Perth-Wellington) suggère de rendre l’adhésion d’un individu au syndicat en place optionnelle.

 

Cet enjeu est d’actualité puisqu’un député conservateur, Russ Hiebert, tente de forcer les syndicats à rendre publics toute transaction de plus 5000 $ et tout salaire de 100 000 $ ou plus. Le Sénat avait complètement éviscéré ce projet de loi en rehaussant les seuils à 150 000 $ et 444 661 $ respectivement. Toutefois, la prorogation a pour effet d’annuler ces modifications et de ramener le projet de loi au Sénat dans sa forme initiale.

 

Les questions de nature sociale sont encore une fois à l’ordre du jour du congrès, quoiqu’en très petit nombre. Les militants seront appelés à dire non à l’euthanasie et au suicide assisté et devront décider s’ils inscrivent officiellement dans leur programme la condamnation de « la discrimination contre les filles par la sélection du sexe ». Cette résolution provient de la circonscription du député Mark Warawa, qui avait tenté en vain de faire voter l’hiver dernier une motion condamnant les avortements dits sexo-sélectifs.

 

La religion s’invite aussi à Calgary. À l’heure du débat sur la Charte des valeurs québécoises, une des résolutions mises de l’avant pourrait faire jaser. Des militants de Saskatchewan proposent de soustraire les organisations confessionnelles de l’application de la Charte des droits et libertés en leur accordant le droit « de refuser l’utilisation de leurs installations par des individus ou des groupes ayant des opinions contraires aux croyances ou aux normes » dudit groupe.

 

Sur le front économique, les militants de Calgary-Nose Hill suggèrent d’« adopter un régime fiscal moins progressif en réduisant le nombre de paliers d’imposition du revenu ». D’autres militants suggèrent que le gain en capital soit calculé en tenant compte de l’inflation avant que l’impôt ne s’applique. Quatre circonscriptions albertaines proposent de mettre un terme à gestion de l’offre pour les oeufs, le lait et la volaille. Une autre enfin propose que les régimes de pension des fonctionnaires fédéraux soient désormais à cotisations - et non à prestations - déterminées.


 
3 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 31 octobre 2013 07 h 07

    C'est t'y hier ?

    C'est t'y hier que j'ai remarqué à la période de question au fédéral où j'ai remarqué les deux larrons assis de chaque côté du roi Harper sauter sur leur pieds comme des «Jack in the box» aussitôt qu'il se fermait la trappe ? Enfin... C'est hier que j'ai pu les identifier. Ce sont ses deux sbires du Québec, Blainey et l'autre-là qui viens nous expliquer ce qui va se passer pour Mégantic !

    Quel honneur douteux ! Un peu comme ces deux autres qu'on peut voir sur le Golgotha de chaque côté d'un autre supplicié bien connu.

    Ou mieux encore : Vous avez déjà vu certains films d'époque où y a toute une armée vêtu de rouge avec deux énergumènes portant tenue bleu de chaque côté du général ? Ouais, c'est plus ça ! La moutarde a t'elle monté pensez-vous ?

    Oh, je ne les blâme pas... c'est nous qui avons voté pour eux !

    PL

  • Josette Allard - Inscrite 31 octobre 2013 07 h 28

    Frustrés contre...

    Selon Christian Paradis les gens sont frustrés contre les sénateurs. Il aurait dû ajouter contre le Parti conservateur et son chef Stephen Harper.
    Depuis plus d'une semaine , la télévision de la CBC diffuse à tous les jours une émission de 2heures, en continue, où le seul sujet de discussion est la participation du Premier Ministre à l'affaire Duffy.
    Les téléspectateurs sont appelés à voter sur diverses questions entourant le rôle d'Harper dans cette affaire et dans des proportions dépassant les 95 pour-cent ils disent ne pas croire Harper.

  • Carole Dionne - Inscrite 31 octobre 2013 09 h 30

    J'espère que cela va les suivre

    Jusqu'aux prochaines élctions. Trop, c'est comme pas assez. harper, presque tout le monde en a fait une indigestion.