Les chômeurs malmenés dans l’opinion publique

Les prestataires d’assurance-emploi ont encore mauvaise presse aux yeux d’une majorité de Québécois, révèle un sondage Léger préparé pour la Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi. Les Québécois pensent notamment que 22 % des prestations versées sont des fraudes, alors que le taux réel est de moins de 1 %.

 

Près de six Québécois sur dix (59 %) pensent que le travail au noir est un phénomène répandu parmi les prestataires, 58 % croient que les prestataires utilisent le régime de manière incorrecte et 57 % estiment que les fraudes et les déclarations trompeuses sont des phénomènes répandus.

 

Ces données sont contenues dans un sondage volumineux publié mercredi sur le site de la commission présidée par Gilles Duceppe et Rita Dionne-Marsolais. 1100 personnes ont participé à l’enquête téléphonique visant à mesurer ce que la population connaît et pense de la réforme du régime mise en place au début de l’année par le gouvernement conservateur.

 

Les Québécois indiquent être préoccupés par les impacts de cette réforme unanimement dénoncée à Québec. La majorité des répondants anticipent qu’elle aura des effets négatifs pour les travailleurs saisonniers (73 %). Plus du quart (28 %) des répondants affirment qu’en situation de chômage, ils « envisageraient de quitter leur région en raison des nouvelles règles ».

 

On note que 61 % des gens estiment qu’il est normal que le régime soit plus exigeant envers les prestataires fréquents qu’envers ceux qui ont rarement demandé des prestations. La réforme introduit trois catégories de prestataires et impose aux plus fréquents des conditions plus sévères.

 

Mais une vaste majorité de la population (77 %) se dit en désaccord avec la disposition forçant les chômeurs à accepter tout travail pour lequel ils sont qualifiés, pour autant que celui-ci se trouve à moins d’une heure de route et que le salaire représente au moins 70 % de leur précédent salaire. Cette exigence touche les prestataires fréquents après sept semaines de prestations et les occasionnels après 18 semaines.

 

Connaissance relative

 

Le sondage montre que la population a une connaissance relative du régime d’assurance-emploi et qu’elle est parfaitement partagée sur la question de savoir s’il est trop ou pas assez généreux (39 % dans chaque camp). Le tiers des répondants (34 %) pensaient, par exemple, que le gouvernement fédéral contribuait au financement du régime, ce qu’il ne fait plus depuis 1990. Et si 56 % des répondants ont dit avoir déjà touché des prestations d’assurance-emploi, 13 % d’entre eux confondaient en réalité assurance-emploi et aide sociale. Finalement, 58 % des Québécois croient qu’il serait préférable que le gouvernement du Québec administre lui-même le régime de l’assurance-emploi en vertu d’une entente fédérale-provinciale.

 

Le sondage a été réalisé par téléphone entre le 17 septembre et le 13 octobre, auprès de 1100 personnes (dont 400 dans l’est du Québec). La marge d’erreur est de 2,95 %, dans 19 cas sur 20.

 

La commission Duceppe doit rendre son rapport avant le 30 novembre.

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