Formation de la main-d'oeuvre - Kenney ouvre la porte à des compromis

Une rencontre fédéral-provinciale est prévue dans un mois. D’ici là, le ministre fédéral de l’Emploi, Jason Kenney, a envoyé une lettre à ses homologues pour entamer la conversation.
Photo: Annik MH de Carufel - Archives Le Devoir Une rencontre fédéral-provinciale est prévue dans un mois. D’ici là, le ministre fédéral de l’Emploi, Jason Kenney, a envoyé une lettre à ses homologues pour entamer la conversation.

Ottawa — Le ministre de l’Emploi, Jason Kenney, a beau s’être fait intransigeant, sur la place publique, en martelant qu’il instaurerait sa réforme du programme fédéral de formation de la main-d’oeuvre coûte que coûte, en coulisses, son gouvernement ouvre la porte aux compromis.

 

« Le gouvernement fédéral est prêt à travailler avec les provinces et territoires pour faire preuve de flexibilité afin d’améliorer la Subvention canadienne pour l’emploi. Travailler avec les provinces, cela demeure notre préférence », a fait savoir une source conservatrice lundi, sans toutefois préciser les compromis envisagés.

 

Depuis qu’Ottawa a annoncé sa nouvelle formule du programme de formation de la main-d’oeuvre, les provinces ont fait front commun pour s’y opposer, et certaines ont menacé de s’en retirer si le fédéral ne consent pas à le modifier. Les provinces martèlent que le dossier relève de leurs compétences et qu’elles connaissent mieux que le fédéral les besoins de leurs propres marchés.

 

Québec dit non

 

Pour Québec, il n’y a pas de compromis possible, et le gouvernement ne veut pas négocier quoi que ce soit, a-t-on indiqué au Devoir hier. Le gouvernement péquiste veut plutôt avoir un droit de retrait avec pleine compensation.

 

L’Ontario est de son côté ouvert à des changements, mais s’inquiète en outre de perdre le financement fédéral de programmes qui viennent en aide aux travailleurs. Le ministre ontarien de la Formation a salué cette apparente ouverture d’Ottawa au dialogue, « mais il y a encore beaucoup de chemin à faire […] Tant qu’on ne voit pas de proposition, c’est simplement le gouvernement fédéral qui ajuste sa position à la volée », a déploré Brad Duguid au Devoir.

 

Une rencontre fédéral-provinciale est prévue dans un mois. D’ici là, M. Kenney a envoyé une lettre à ses homologues pour entamer la conversation.

 

La nouvelle Subvention pour l’emploi prévoit que les fonds du fédéral soient désormais versés directement aux employeurs, à condition que ceux-ci et la province égalent ces investissements pour y avoir droit, annonçait le dernier budget fédéral.

 

Chez les employeurs, plusieurs craignaient le fardeau financier qui leur serait imposé de même que l’ajout de paperasserie. Dans une lettre envoyée au Syndicat des métiers de la construction du Canada - qui avait fait part des préoccupations de certains membres au fédéral -, le ministre Kenney a corrigé le tir en faisant part d’un premier compromis : les employeurs n’auraient finalement pas nécessairement à investir le même montant qu’Ottawa.

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