Petronas s’installe au Canada

Le premier ministre Stephen Harper pouvait se montrer confiant dimanche à son arrivée à Bali, en Indonésie, fort de l’entente de 36 milliards de dollars conclue avec la société pétrolière nationale de la Malaisie dans le secteur de l’énergie au Canada.

 

Le premier ministre de la Malaisie, Mohd Najib, en a fait l’annonce aux côtés de M. Harper avant leur départ respectif pour le sommet de l’APEC en Indonésie, précisant que la compagnie pétrolière Petronas s’engageait à injecter 36 milliards dans un projet d’usine de gaz naturel liquéfié et d’oléoduc en Colombie-Britannique.

 

Cette décision survient après que le géant malaisien a procédé à l’acquisition de l’entreprise albertaine Progress Energy, l’an dernier, pour plus de 5 milliards. Le gouvernement Harper avait approuvé l’entente, mais avait également adopté, dans le même temps, de nouvelles règles ne permettant le rachat d’entreprises canadiennes par des sociétés d’État qu’à certaines conditions exceptionnelles.

 

L’instauration de ces politiques avait jeté un froid sur les relations entre Ottawa et les investisseurs étrangers, et certains analystes avaient remis en question ce changement de cap, craignant que cela ne rebute pour de bon des investisseurs dont le Canada a pourtant bien besoin. M. Najib s’est porté à la défense du premier ministre, dimanche, assurant que la promesse d’investissements de Petronas au Canada constituait un « gage du niveau de confiance que la Malaisie porte dans le gouvernement canadien ».

 

M. Harper, lui s’est montré plus réservé. « Nous voyons d’un oeil très positif les investissements de Petronas et, selon les indications que j’ai, Petronas songe à d’autres investissements », a-t-il mentionné.

 

Oléoducs

 

En juin, des représentants de la Colombie-Britannique avaient annoncé un investissement de Petronas de l’ordre de 19 milliards pour une centrale de gaz naturel liquéfié. Il n’était toutefois pas encore clair, dimanche, à quelles fins étaient destinés ces fonds supplémentaires.

 

Cette annonce tombe à point nommé pour le premier ministre, à l’heure où son gouvernement doit composer avec une forte résistance dans le projet de prolongation de l’oléoduc Northern Gateway sur la côte ouest et tente de gagner la partie de bras de fer l’opposant à l’administration Obama dans le dossier de la construction de l’oléoduc Keystone de TransCanada.

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