La Palestine s’en remet aux gestes d’Ottawa plutôt qu’à ses paroles

Ottawa — Malgré l’appui indéfectible d’Ottawa envers Israël, la Palestine préfère aller de l’avant, plutôt que d’être « otage » des faits et gestes du passé.

 

Reconnu comme un fervent défenseur de l’État hébreu, le gouvernement conservateur a posé quelques gestes dans la dernière année qui ne sont pas passés inaperçus au Moyen-Orient. En novembre 2012, les troupes de Stephen Harper se sont vivement opposées à la demande de reconnaissance de la Palestine comme État non membre observateur aux Nations unies, le ministre des Affaires étrangères John Baird ayant en outre menacé la Palestine de sanctions. Et en avril dernier, M. Baird a dérogé aux habitudes diplomatiques internationales en s’aventurant en territoire occupé pour rencontrer une ministre israélienne à son bureau de Jérusalem-Est.

 

Ces événements ont beau avoir fait sourciller dans la région, de passage à Ottawa, jeudi, le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne a déclaré ne pas en tenir rigueur au Canada.

 

« Plusieurs paroles ont été prononcées l’an dernier, l’année précédente, par nous tous. Certes, nous pourrions rester otages de ces paroles, mais alors, nous n’irions nulle part », a fait valoir le ministre Riyad al-Malki, en point de presse aux côtés de son homologue canadien.

 

« J’estime que nous devrions évaluer notre relation en nous basant sur les gestes et les actes. Je ne m’arrête pas aux mots ici et là. Je regarde les gestes concrets, les projets, la coopération, les engagements. Et j’en ai vu beaucoup de la part du Canada et j’en suis encouragé », a soutenu le ministre, citant les efforts d’Ottawa pour promouvoir et faire avancer le processus de paix au Moyen-Orient, de même que les investissements du Canada en aide internationale.

 

Une aide de 5 millions

 

Le ministre Malki s’est d’ailleurs vu offrir jeudi par le ministre Baird une enveloppe de 5 millions en aide au développement économique - somme qui s’inscrit dans le cadre d’une initiative de 100 millions menée par les Américains. Ottawa a en outre prolongé d’une année une initiative pour la démocratie de 300 millions, annoncée il y a cinq ans. Une partie de l’argent n’avait pas encore été dépensé, en raison de « retards de construction », a expliqué le ministre canadien.

 

M. Baird a par ailleurs lui aussi défendu sa « belle amitié et [sa] relation constructive » avec l’Autorité palestinienne, arguant que le Canada a à l’occasion des désaccords avec tous ses alliés, tant la Palestine qu’un « ami proche » comme les États-Unis.

 

« Nous avons des différences d’opinions, comme c’est le cas avec la plupart de nos amis […] Mais je crois que les liens qui nous unissent sont plus forts que ces différences, a souligné le ministre canadien. Nous prenons des positions de principe. Et même quand les gens ne sont pas d’accord, ils respectent souvent le fait que nous soyons ouverts et francs. »