Projet d’oléoduc Keystone XL - Harper prêt à des concessions sur les GES

Le projet de TransCanada permettrait de transporter du pétrole issu des sables bitumineux de l’Alberta vers le Texas (notre photo).
Photo: Sarah A. Miller/The Tyler Morning Telegraph Associated Press Le projet de TransCanada permettrait de transporter du pétrole issu des sables bitumineux de l’Alberta vers le Texas (notre photo).

Le gouvernement canadien serait prêt à resserrer ses règles environnementales afin d’obtenir le soutien de Washington pour le projet d’oléoduc Keystone XL.

 

Dans une lettre envoyée au président américain fin août, le premier ministre Stephen Harper a proposé une « action concertée pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le secteur du pétrole et du gaz », rapportait vendredi le réseau anglais de Radio-Canada.

 

Selon des sources anonymes, Ottawa serait prêt à accepter des cibles de réduction proposées par les Américains et à travailler de concert avec Barack Obama en échange de son appui.

 

Le président américain a exprimé à plusieurs reprises des doutes sur la pertinence du controversé projet de la société TransCanada, qui permettrait de transporter du pétrole issu des sables bitumineux albertains vers les raffineries du Texas, au sud des États-Unis.

 

Les autorités américaines devraient donner leur feu vert au projet seulement s’il ne génère pas un accroissement des émissions de gaz à effet de serre, a indiqué la Maison-Blanche. « L’impact de l’oléoduc sur notre climat sera absolument essentiel pour déterminer si ce projet est autorisé », avait dit Obama lors d’un discours dévoilant les grandes lignes du plan de son gouvernement en matière de changements climatiques, le 25 juin dernier.

 

La construction de l’oléoduc Keystone XL doit être dans l’intérêt national des États-Unis, avait-il ajouté.

 

Un mois plus tard, Obama en remettait en affirmant que cette infrastructure ne créerait que « 50 emplois permanents » dans son pays, signe du faible impact économique attendu de ce projet évalué à 7,6 milliards de dollars.

 

Mise en garde des écologistes

 

La proposition canadienne dévoilée par la CBC démontre qu’il y a un renversement de stratégie à Ottawa, croit la Fondation David Suzuki. « Le discours sur le pétrole éthique, ça n’a pas marché », estime Karel Mayrand, directeur général pour le Québec du groupe écologiste. Du coup, les propos d’Obama sur Keystone ont forcé Ottawa à revenir sur le terrain des changements climatiques.

 

M. Mayrand veut toutefois juger l’arbre à ses fruits. « C’est un gouvernement qui a souvent laissé entendre qu’il allait agir, sans le faire », dit-il, mettant en garde contre une autre opération de relations publiques sans impact réel sur les émissions de gaz à effet de serre.

 

Les écologistes s’inquiètent du risque de pollution des nappes phréatiques en cas de fuite de l’oléoduc et soulignent que l’exploitation des sables bitumineux est très polluante.

 

Dans un rapport rendu public en mars dernier, les responsables du département d’État concluaient que Keystone XL aurait un impact minime sur les émissions de gaz à effet de serre. Cette conclusion avait cependant été accueillie avec scepticisme par l’Agence de protection environnementale des États-Unis.

 

Une décision du département d’État sur le projet de TransCanada est attendue cet automne.

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