Cure minceur au PLC-Q

D’autres voix libérales se font au contraire rassurantes. Le codirecteur de campagne au Québec, l’ex-député Pablo Rodriguez, explique qu’il s’agit de «moderniser» le parti en rapatriant les tâches administratives à Ottawa pour ne conserver à Montréal que celles reliées à l’organisation électorale.
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld Archives D’autres voix libérales se font au contraire rassurantes. Le codirecteur de campagne au Québec, l’ex-député Pablo Rodriguez, explique qu’il s’agit de «moderniser» le parti en rapatriant les tâches administratives à Ottawa pour ne conserver à Montréal que celles reliées à l’organisation électorale.

Ottawa — L’aile québécoise du Parti libéral du Canada réduit ses effectifs. Dans le cadre de ce que certains considèrent comme une « canadianisation » de la formation, mais que d’autres présentent comme sa modernisation, le PLC-Q a remercié deux employés de longue date et ne remplacera pas son directeur général, parti tenter sa chance sur la scène politique municipale.

 

Selon les informations obtenues par Le Devoir, le poste de directeur général du PLC-Q, laissé vacant par Denis Joanette, qui brigue la mairie de Deux-Montagnes, ne sera pas pourvu. Ce sera désormais un directeur des opérations qui chapeautera l’organisation libérale en sol québécois.

 

« Quand on lit l’offre d’emploi et la description de tâches, ça ressemble beaucoup à un directeur général, sans les tâches administratives, mais la différence, c’est qu’ils vont le payer 60 000 $ au lieu de 95 000 », explique avec ironie une source bien informée. En outre, le directeur national du PLC, Jeremy Broadhurst, siégera au comité de sélection de ce futur patron québécois. « C’est bien la première fois que la division québécoise demande à quelqu’un du national de venir siéger à un comité de sélection. C’est donc dire que ce nouveau directeur va en référer au national », continue cette source.

 

De douze à trois employés

 

De plus, le directeur administratif du PLC-Q, Daniel Cloutier, et l’adjointe administrative, Manon Leroux, ont été remerciés. Ils travaillaient au parti depuis 15 et 21 ans respectivement. Le responsable de l’informatique, Alexandre Poulard, a lui aussi été écarté. Au final, alors que la permanence québécoise du PLC comptait une douzaine d’employés à l’époque de Paul Martin, il ne reste plus aujourd’hui que la secrétaire-réceptionniste, une coordonnatrice de terrain et le futur directeur des opérations.

 

« C’est ce qui fait dire à plusieurs personnes que c’est le démantèlement complet du secrétariat du PLC-Q », poursuit cette source. Cette dernière déplore une forme d’uniformisation de la vision - et du message - du parti qui risque d’en découler. « Il y a du monde qui donne aux militants du PLC-Q l’exemple du NPD en 2011 comme la preuve qu’on n’a pas besoin d’un message différent. Ils disent : “Jack Layton était populaire au Québec, et regardez ce qu’il a réussi à faire. Là, Justin Trudeau est populaire et on n’a donc pas besoin d’une grosse machine traditionnelle. Embarquez dans la machine nationale.” »

 

L’ex-député libéral de Hull-Aylmer, Marcel Proulx, dénonce lui aussi la situation. « Je suis déçu au plus haut point. Le Québec est une province où on doit faire des gains. Malheureusement, le conseil de direction élu l’an dernier a fait des ententes pour réduire les effectifs de beaucoup. »

 

Des voix rassurantes

 

D’autres voix libérales se font au contraire rassurantes. Le codirecteur de campagne au Québec, l’ex-député Pablo Rodriguez, explique qu’il s’agit de « moderniser » le parti en rapatriant les tâches administratives à Ottawa pour ne conserver à Montréal que celles reliées à l’organisation électorale. « Il n’y aura pas moins de monde, mais les gens auront des tâches différentes », assure M. Rodriguez. Il soutient que deux autres coordonnateurs seront embauchés plus tard pour faire de l’organisation sur le terrain. « Le rôle du PLC-Q change pour se tourner vers une machine électorale efficace. »

 

Dans les coulisses, on soutient que les deux employés « administratifs » remerciés ne faisaient pas que des tâches administratives. Ils aidaient les associations locales à s’acquitter de leurs obligations envers Élections Canada, notamment. « Si tu es dans le Bas-du-Fleuve et que tu as des problèmes avec tes rapports à envoyer à Élections Canada, tu ne veux pas avoir à appeler à Ottawa [à la permanence du PLC] et te faire répondre en anglais… »

 

La présidente de l’aile québécoise, Alexandra Mendès, n’était pas disponible pour commenter mercredi.

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