Un second conservateur publiera ses notes de frais

Ottawa — L’appel à la transparence des parlementaires se poursuit, et il retentit au sein même du Parlement. Après les libéraux de Justin Trudeau, c’est au tour d’un second sénateur conservateur d’annoncer qu’il publiera lui aussi les détails de ses allocations de dépenses.

 

Le sénateur ontarien Bob Runciman a promis, mercredi, de mettre en ligne d’ici cet automne la liste de ses dépenses. « Le Sénat, en tant qu’assemblée non élue, devrait établir l’étalon-or en matière d’accès public aux pratiques liées aux dépenses, a-t-il fait valoir dans un communiqué. C’est l’argent des contribuables, et ils ont le droit de savoir de quelle manière nous le dépensons. »

 

Il y a quelques mois, son collègue albertain Doug Black a entrepris de ventiler ses dépenses trimestrielles sur son site Web personnel à l’aide d’un tableau répertoriant les remboursements de ses frais de transport et d’accueil et ceux de son entourage, de même que ses factures de fournitures de bureau. M. Runciman s’est engagé à suivre le même modèle. « Ça ne va pas rétablir la réputation du Sénat du jour au lendemain. Mais ça aide », a-t-il déclaré au Devoir. Tous deux ont été nommés par Stephen Harper.

 

Le Sénat ne publie pas une liste aussi détaillée des dépenses, ne fournissant que les sommes totales de chaque catégorie au sein d’un rapport qui tient sur une seule ligne.

 

Le chef libéral Justin Trudeau a annoncé, en juin, alors que le scandale des dépenses du Sénat enflammait les Communes, que les frais de déplacement et d’accueil de ses députés et sénateurs et de leur entourage seraient mis en ligne à compter de septembre - comme le sont ceux des ministres - et que ces informations seraient sous forme interrogeable.

 

Aller plus loin

 

M. Runciman croit que les sénateurs doivent aller encore plus loin, « car nous ne sommes pas élus ni redevables ». Les conservateurs n’ont pas indiqué au Devoir s’ils ordonneraient à leurs parlementaires de suivre l’exemple de MM. Runciman et Black.

 

Les néodémocrates ne sommeront pas leurs députés de faire de même.

 

Le sénateur Black a par ailleurs proposé, dans une lettre ouverte au Globe and Mail, diverses mesures pour « réparer la Chambre haute » ; exiger la publication détaillée des frais de voyage et de logement des sénateurs ; nommer des vérificateurs indépendants aux bureaux de vérification du Sénat ; appuyer un projet de loi privant les parlementaires condamnés pour des « crimes graves » de leur retraite ; enfin, resserrer les critères de résidence principale et de dépenses reliées aux affaires sénatoriales. Rappelons que quatre sénateurs ont été épinglés après avoir touché des remboursements en déclarant faussement habiter une résidence à l’extérieur d’Ottawa, ou être en déplacement pour mener des tâches qui ne découlaient pas de leur travail de sénateur.

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