Prorogation - Le premier ministre «fuit» et a «peur», dit Thomas Mulcair

Le chef de l’opposition officielle à Ottawa, Thomas Mulcair, a aussi accusé le gouvernement Harper d’« éviscérer les protections environnementales » et de retarder les travaux sur le transport ferroviaire.
Photo: La Presse canadienne (photo) Graham Hughes Le chef de l’opposition officielle à Ottawa, Thomas Mulcair, a aussi accusé le gouvernement Harper d’« éviscérer les protections environnementales » et de retarder les travaux sur le transport ferroviaire.

Le chef de l’opposition officielle, Thomas Mulcair, reproche au premier ministre Stephen Harper de proroger les travaux de la Chambre par « peur », notamment, de faire face aux questions sur les démêlés des sénateurs avec leurs dépenses.

 

« Il a trop peur pour le faire ; c’est pour ça qu’il fuit », a opiné le chef du Nouveau Parti démocratique, qui a rencontré la presse mardi à Montréal.

 

M. Mulcair reproche carrément au premier ministre Harper d’aimer être au pouvoir tout en ayant peur de gouverner. Selon lui, il s’absente trop souvent de la Chambre des communes et fait ses annonces importantes loin du Parlement.

 

De même, M. Mulcair, qui avait demandé qu’un comité se réunisse d’urgence après la tragédie de Lac-Mégantic pour étudier la question du transport ferroviaire et des matières dangereuses, craint que ces travaux soient maintenant reportés. « Oui, tout à fait, tout est en train d’être reporté. Finalement, c’est une tendance lourde avec ce gouvernement-là d’éviscérer les protections environnementales, les protections du public », a-t-il commenté.

 

Le chef de l’opposition au fédéral a rencontré la presse au lendemain de l’annonce par le premier ministre Harper de la prorogation des travaux de la Chambre, lors de son passage à Whitehorse, dans le Nord canadien. M. Harper a dit vouloir ainsi faire place nette avec un discours du Trône, quelque part en octobre, énonçant ses nouvelles priorités.

 

Il a justifié sa décision par le fait que les engagements de son gouvernement avaient déjà été remplis et qu’il fallait donc passer à autre chose. Il a toutefois précisé que sa priorité demeurerait l’économie.

 

Le gouvernement conservateur est en fait enlisé depuis des mois dans la controverse concernant les dépenses et frais divers réclamés par les sénateurs Mike Duffy et Pamela Wallin.

 

Réplique de Denis Lebel

 

Le ministre de l’Infrastructure et des Affaires intergouvernementales, Denis Lebel, n’en revient pas que le NPD tente ainsi de politiser un événement comme la catastrophe de Lac-Mégantic, pour gagner des points politiques.

 

« La prorogation ne va pas venir empêcher quelque réflexion ou avancement que ce soit sur la sécurité ferroviaire au pays », insiste-t-il. Les enquêtes suivent leur cours, et Transports Canada a agi rapidement, en proposant six nouvelles mesures qui s’appliquent à la sécurité ferroviaire, juge le ministre.

 

La prorogation du Parlement empêche peut-être le NPD de poser des questions, avance M. Lebel, « mais nous, ça ne nous empêche pas de faire notre travail ».

1 commentaire
  • Jean Boucher - Inscrit 21 août 2013 13 h 25

    Qui devrait vraiment avoir peur?

    Au Québec le chef de l'opposition officielle à Ottawa (qui se fout des gardiens de sécurité autour du Parlement) a davantage de raisons d'avoir peur que le premier ministre. Ses nombreuses décisions ultras fédéralistes, comme celle concernant un projet récent de développement hydroélectrique des chutes Churchill au Labrador, ainsi que des robocalls harceleurs inappropriés - comme les partis conservateur et libéral - contre un député saguenéen dissident trop nationaliste de son propre parti, risquent fort de lui coûté très cher, tandis que M. Harper n'a pas grand chose à perdre.