Le député du PLQ dans Viau veut succéder à Denis Coderre

Emmanuel Dubourg
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Emmanuel Dubourg
Le député libéral de Viau à l’Assemblée nationale, Emmanuel Dubourg, a confirmé vendredi qu’il sera candidat à l’investiture libérale dans la circonscription fédérale de Bourassa, laissée vacante par le départ de Denis Coderre qui, lui, brigue la mairie de Montréal.

Bien qu’il ne soit pas assuré d’être choisi comme candidat pour porter les couleurs du Parti libéral du Canada, M. Dubourg a du même coup annoncé sa démission immédiate comme député de Viau.

Le député a expliqué qu’il aurait pu demeurer en poste jusqu’au déclenchement de l’élection complémentaire dans la circonscription fédérale, mais il a estimé que cette façon de faire ne rendrait pas justice aux électeurs de la circonscription de Viau. « Faire campagne pour mon élection au fédéral et continuer à garder ma chaise provinciale ne correspond pas du tout à mes valeurs d’intégrité », a-t-il déclaré.

M. Dubourg a dit avoir discuté de ses intentions avec le chef libéral, Justin Trudeau, qu’il dit être un ami — les circonscriptions actuelles des deux hommes se recoupent sur le territoire montréalais —, mais il semble que ce dernier ne lui ait rien promis, si l’on se fie aux propos de M. Dubourg.

« Je lui ai fait part de mon intérêt et il m’a dit : « Il y a d’autres candidats, il y a d’autres personnes intéressées, donc, Emmanuel, c’est ta décision » », a rapporté M. Dubourg, tout en reconnaissant que la décision de quitter son siège provincial dès maintenant était sans lendemain. « Dans toute chose, il y a un risque. Si je ne remporte pas l’investiture, bon, voilà, je n’ai pas de job ! », a-t-il lancé avec le sourire.

Bataille avec George Laraque ?

Né en Haïti en 1958, M. Dubourg a représenté la circonscription de Viau à l’Assemblée nationale du Québec depuis 2007.

S’il devait remporter l’investiture libérale, il affronterait notamment son compatriote George Laraque, le chef adjoint du Parti vert, qui a déjà annoncé sa candidature dans Bourassa, une perspective qui n’effraie pas M. Dubourg, du moins pas sur le terrain politique. « Je ne voudrais pas affronter M. Laraque dans un match de hockey ! Ça, je vais laisser ça à M. [David] Desharnais ou P.K. Subban. Mais là, maintenant, nous sommes en politique, je vais aller dans cette circonscription-là pour défendre les valeurs libérales », a-t-il dit. Membre de l’Ordre des comptables agréés du Québec, M. Dubourg a fait une maîtrise en administration des affaires à l’Université du Québec à Montréal.

Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, a salué le travail de son député par voie de communiqué et l’a remercié de son engagement auprès des citoyens. M. Couillard a par ailleurs précisé qu’il ne se présenterait pas dans le comté de Viau et qu’une assemblée d’investiture aurait lieu pour choisir un nouveau candidat.

Par ailleurs, le départ précipité de M. Dubourg, moins d’un an après le dernier scrutin général, choque la Ligue des contribuables du Québec. Le député démissionnaire aura droit, sur la base de ses années de service à l’Assemblée nationale, à une généreuse allocation de transition qui pourrait atteindre 102 500 $, selon la directrice générale de la Ligue, Claire Joly.

En incluant le coût d’une nouvelle élection complémentaire dans Viau, les contribuables devront débourser plus de 600 000 $ pour permettre à M. Dubourg de tenter sa chance.

La décision de M. Dubourg de quitter son siège si peu de temps après avoir sollicité un nouveau mandat aux électeurs de Viau a de quoi nourrir le cynisme de la population envers la classe politique, a soutenu Mme Joly. « Ça donne l’impression que les gens ne prennent pas leur engagement très au sérieux. C’est un non-respect d’engagement, une rupture de contrat. Il y a un problème d’éthique morale à se faire élire pour quatre ans et de ne pas terminer le mandat », a-t-elle fait valoir.
20 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 9 août 2013 12 h 51

    Ils ne changent pas ces libérals

    Il démissionne maintenant, afin de toucher une prime de départ. Ce qui deviendra caduque si le mnistre Drainville réussit à faire adopter sa loi l'interdisant.

    C'est ça la véritable raison pour laquelle cet individu quitte maintenant, son siège à l'Assemblée Nationale.

    Beurk!

    • Claude Leblanc - Abonné 9 août 2013 17 h 48

      Sans oublier le fonds de pension
      5 ans, 2 élections

    • Marc Stringer - Inscrit 10 août 2013 12 h 52

      N'oubliez pas Maka Kotto dans votre analyse!

    • Hélène Thompson - Inscrit 11 août 2013 09 h 52

      Marc Stringer: que vient faire Maka Kotto dans cet histoire?
      A part la couleur de leur peau, je vois pas trop le lien.

    • Marc Stringer - Inscrit 12 août 2013 12 h 55

      @Hélène Thompson
      Maka Kotto à quité son siège à Ottawa (BQ) pour venir au provincial (PQ)...double pension.

  • Benjamin Trottier - Abonné 9 août 2013 13 h 52

    Zzz

    Probablement la nouvelle la plus inutile du jour. Mais parlant de « valeurs libérales », est-ce que le scandale des commandites fait partie de l'ensemble ? Ce monsieur, à première vue, ne semble pas être rien d'autre qu'un opportuniste, exactement comme l'ancien député de cette circonscription qui est un magnifique spécimen en la matière, lui qui se voit déjà comme maire !

  • claude boucher - Inscrit 9 août 2013 14 h 56

    Valeurs libérales

    Emmanuel Dubourg a dit:

    «Je ne voudrais pas affronter M. Laraque dans un match de hockey! Ça, je vais laisser ça à M. (David) Desharnais ou P.K. Subban. Mais là, maintenant, nous sommes en politique, je vais aller dans ce comté-là pour défendre les valeurs libérales»

    On en reparlera des valeurs libérales à la reprise de la commission Charbonneau.

    • Marc G. Tremblay - Inscrit 9 août 2013 16 h 40

      Parmis les valeurs libérales, il y a "le courage politique" de mettre en place des méchanismes plus efficaces pour mieux se débarrasser des "pommes pourites", même au prix de sa carrière. C'est ce que M. Charest a fait en créant l'UPAC, alors que M. Ménard "savait" depuis longtemps et n'a pas su quoi faire... Moi aussi, j'ai hâte de voir la suite des témoignages dans "l'Affaire Chevrette" et la réaction du parti québécois qui continue de s'imaginer que l'électorat va lui donner son vote parce que Mme Marois prétent pouvoir laver plus blanc que blanc...

    • Hélène Thompson - Inscrit 11 août 2013 09 h 54

      "le courage politique"? Après tout ce que ça a prit pour que ça se fasse? C'est plutôt de la résignation devant l'insistance du peuple que du courage politique... Et pour Marois, elle a héritée de la situation, elle l'a pas créé. Quand même, il ne faut pas exagérer dans la mauvaise foi.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 12 août 2013 08 h 22

      «mettre en place des méchanismes plus efficaces pour mieux se débarrasser des "pommes pourites» ???

      D'où ça viens ça ?

      Ce fâmeux «méchanisme» n'était comme d'habitude qu'un écran de fumée à la Charest. Le problème qui est arrivé, c'est qu'il y a mis un honnête homme en charge et c'est là où tout son artifice s'est emballé et qu'il a perdu le contrôle !

      Faut vraiment fermer les yeux serré pour pas vouloir voir !

      Ça ce peux-tu !

      Comment elle disait la madame ? : Tu peux f... quelques personne des fois; tu peux f... plusieurs personnes longtemps, mais tu peux pas f... tout le monde tout le temps !

      Y en a qui ont la mémoire plus longue qu'une semaine et qui n'ont pas l'âme à la réécriture de l'histoire; on est pas tous venu au monde hier matin M.Tremblay.

      Soyons sérieux. Vous croyez «vraiment» que M.Charest a fait ça pour notre bien ???

      Vue d'une certaine façon c'est possible; il l'a presque eu notre bien ! Mais pas 'tafette !

  • Guy Desjardins - Inscrit 9 août 2013 22 h 36

    C'est ce que je me disais.

    Vite ont démissionne avant l"échéance pour toucher la prime de départ. Opportuniste ce Monsieur. Pour être conséquent avec ce qu'il dit, il devrait refuser cette prime pour vraiment se justifier.

    • Bernard Gervais - Inscrit 10 août 2013 13 h 47

      C'est ça. Vite, si on démissionne, on le fait maintenant, il sera encore possible de toucher une belle prime de départ à temps avant que le gouvernement ne fasse adopter une loi abolissant ce type d'avantage pour les élus qui quittent avant des élections !

  • Pierre Labelle - Inscrit 10 août 2013 07 h 55

    Anticipation!

    En réponse à Marc G. Tremblay qui nous parle du supposé courage politique de James Charest, ce semblant de courage n'est venu qu'après plusieurs mois de tergiversation et de pression populaire. Avant d'anticiper d'éventuels scandales ("l'affaire Chevrette"), vous devriez commencer par regardé dans votre verger et extirper vos pommes pourries. Ce n'est pas ce qui manque au PLQ si l'on se référe aux révélations entendues à la commission Charbonneau. Pour ce qui concerne M. Serge Ménard, à lire votre texte qui défend l'indéfendable, j'émet de sérieuses réserves sur vos affirmations qui me semblent gratuites. De plus, cette tentative de salissage à l'endroit de M. Chevrette provenait d'un bon libéral, un monsieur qui organisait des "élections clés en main", un monsieur qui semble posséder une mémoire très très sélective, et qui de plus semble atteint de mégalomanie. Rien ne sert d'anticiper les résultats d'une prochaine élection, pas plus que d'éventuelles révélations devant la commission Charbonneau. Attendons calmement la suite des choses.

    • Marc G. Tremblay - Inscrit 10 août 2013 09 h 25

      Justement, "attendons calmement la suite des choses"... Mais, alors, pourquoi tous les autres textes vicieux sans fondements sur M. Dubourg ?

    • Hélène Thompson - Inscrit 11 août 2013 10 h 03

      Parce que c'est très évident. Il a peu de chance d'être élu au provincial, au fédéral il a une excellente chance dans l'équipe à Justin. Il va donc doubler son salaire litérallement. De plus, les libéraux d'aujourd'hui ne sont pas des gens d'idées qui suivent des convictions. Ce sont des gens qui suivent l'argent avant tout, au pied de l'industrie et qui vise leurs enrichissement personnel et ils l'ont bien prouvé. Il n'y a pas de hasard quand on parle de politique, tout est toujours calculé.

    • Gilles Théberge - Abonné 11 août 2013 10 h 21

      Leur attribuer un caractère vicieux est affaire d'interprétation. Mais par contre de toute évidence le geste de monsieur Dubourg est marqué par une précipitation suspecte, dont on peut conclure tout en étant de bonne foi mais simplement réveillé, que c'est ici par calcul à caractère financier qu'il pose son geste de façon précipitée.

      Rien ne presse le siège de Coderre est encore chaud et rien n'indique qu'une campagne va être déclenchée à court terme par Harper. Ça rend le geste de Dubourg hautement questionnable compte tenu des circonstances, et surtout de la perspective qu'il ne puisse toucher une cagnotte s'il attend l'automne pour partir...

      Dubourg pense qu'on ne s'en aperçoit pas, et monsieur Tremblay tarde à comprendre.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 12 août 2013 08 h 34

      M.Tremblay veut encore donner la chance au coureur. Ça a une certaine valeur. Sauf que... tu te retrouves en fin de peloton. On appelle ça le syndrome de la femme battue. Dûr d'en revenir !

      Des fois «la chance pour tous» c'est exagéré !

      «Qui n'apprend pas des événements passés est condamné à les répéter !»
      Je sais pas qui a dit ça, mais il me semble que ça a de l'allure.

      Bye.