Le «cadeau» de Marcel Aubut à Christian Paradis ne constituait pas une infraction aux règles

Christian Paradis
Photo: - Archives Le Devoir Christian Paradis

Ottawa — La fin de semaine de Christian Paradis au camp de chasse de Marcel Aubut constituait bien « un cadeau », mais rien pour mettre le ministre dans l’embarras, conclut la commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique.

 

Dans un rapport publié mercredi, Mary Dawson blanchit l’actuel ministre de la Coopération internationale, qui s’était retrouvé sous les projecteurs pour un séjour en 2009 au camp de chasse de l’ancien propriétaire des Nordiques de Québec et actuel président du Comité olympique canadien.

 

À l’époque, M. Aubut était impliqué dans le dossier du nouvel amphithéâtre de Québec et cherchait à amasser des fonds pour le projet. Le Parti libéral craignait qu’il ait tenté d’influencer le ministre Paradis - alors à l’Industrie - pour obtenir une contribution fédérale.

 

Mais plus d’un an après le dépôt de la plainte libérale, la commissaire accorde finalement sa bénédiction à M. Paradis.

 

Rien ne la porte à croire que M. Aubut faisait du lobbying auprès d’Ottawa, écrit Mme Dawson dans son rapport. La question de l’amphithéâtre aurait été soulevée au cours du voyage de chasse, mais M. Paradis aurait simplement signalé que le dossier revenait à sa collègue de l’époque, Josée Verner.

 

Par ailleurs, même si l’invitation à séjourner au camp de chasse constituait un « cadeau » à proprement parler, rien ne lui permet de conclure qu’il lui a été offert pour tenter de l’influencer, juge-t-elle.

 

« Les éléments de preuve démontrent que la participation de M. Paradis à ce séjour de chasse était de nature personnelle plutôt que professionnelle, et qu’elle résultait d’un intérêt pour la chasse […] », note la commissaire.

 

Selon Mme Dawson, M. Paradis ne détenait pas les pouvoirs qui lui auraient permis de faire en sorte que la construction de l’amphithéâtre, évalué à 400 millions de dollars, aille de l’avant. Finalement, le fédéral n’a pas contribué au financement du projet, la Ville de Québec et la province se séparant les coûts à parts égales.

 

Même si la commissaire croit que M. Paradis n’a rien fait de mal, elle fait toutefois cette remarque : « Les soupçons qu’a suscités l’acceptation de l’invitation démontrent le pouvoir de la perception et font valoir le haut degré d’attention que doivent accorder les titulaires de charge publique à leurs décisions d’accepter de telles invitations de la part d’individus autres que leurs amis ou parents. »

 

Deux autres enquêtes

 

Mary Dawson a ouvert deux autres enquêtes sur le ministre Paradis par le passé. En mars 2012, elle l’a notamment déclaré coupable d’avoir accordé un accès gouvernemental privilégié à l’ancien député conservateur Rahim Jaffer.

 

Une autre plainte fait actuellement l’objet d’une étude : celle du député néodémocrate Guy Caron concernant le déménagement d’un centre d’assurance-emploi de Rimouski à Thetford Mines, dans la circonscription de M. Paradis. Dans ce dossier, M. Paradis avait déposé une poursuite contre M. Caron pour atteinte à sa réputation. L’affaire a été réglée à l’amiable, mais l’enquête de Mme Dawson se poursuit.

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