L’industrie aérospatiale va écoper

Ottawa — La décision du gouvernement Harper de se retirer de deux programmes de surveillance de l'OTAN sera lourde de conséquences pour l'industrie aérospatiale canadienne, révèlent des documents.

La Défense nationale, souhaitant économiser 90 millions $ par année, a retiré sa participation du Programme du système aéroporté d'alerte lointaine et de contrôle (AWACS) et du programme de Capacité alliée de surveillance terrestre (AGS).

Toutefois, des documents obtenus par La Presse canadienne grâce à la Loi d'accès à l'information démontrent que l'investissement du Canada dans ce programme ramenait des dizaines de millions de dollars en contrats à au moins cinq entreprises canadiennes de haute technologie.

Mais puisque l'armée canadienne retire sa participation, ces entreprises se verront exclues des prochains appels d'offres et ne pourront renouveler les contrats existants.

«L'industrie canadienne sera touchée par notre retrait [des opérations et de l'entente de services] avec l'AWACS», révèle une note signée par l'ancien ministre de la Défense Peter MacKay datée du 12 janvier 2012. L'avis de retrait du Canada a été envoyé par le ministre Stephen Harper au secrétaire général de l'OTAN, en 2011.

La décision intrigue, particulièrement en raison du rapport d'un comité d'experts préparé, le printemps dernier, pour l'ancienne ministre des Travaux publics, Rona Ambrose. Ce rapport suggérait essentiellement au Canada d'être plus attentif aux bénéfices réalisés par les entreprises canadiennes qu'aux dépenses occasionnées par les programmes.

Entre 1992 et 2010, le Canada a injecté 161 millions $ dans la maintenance au dépôt de la flotte d'AWACS de l'OTAN. En contrepartie, des entreprises canadiennes ont reçu 180 millions $ de contrats dans l'entente de service.

Depuis 2010, l'industrie aérospatiale canadienne empoche environ 12,9 millions $ par année grâce aux services fournis à l'AWACS.

Le représentant militaire du Canada à l'OTAN, le vice-amiral Bob Davidson, affirme que la décision de se retirer du programme est stratégique, car le Canada souhaite mettre au point ses propres systèmes, spécialement sur les drones.

« Fondamentalement, la décision résulte de  la volonté du gouvernement de mieux gérer les dépenses liées à la défense, a affirmé M. Davidson en entrevue depuis Bruxelles. Et nous tentons d'investir davantage les dépenses de la défense dans les compétences canadiennes. »

Le porte-parole libéral en matière de défense, John McKay, s'est dit estomaqué, spécialement parce que les conservateurs ont voulu dépenser des milliards de dollars dans l'achat de F-35, sous prétexte que les avions de chasse créeraient des emplois dans le secteur aérospatial.

Par Murray BrewsterLa Défense nationale, souhaitant économiser 90 millions $ par année, a retiré sa participation du Programme du système aéroporté d'alerte lointaine et de contrôle (AWACS) et du programme de Capacité alliée de surveillance terrestre (AGS).

Toutefois, des documents obtenus par La Presse canadienne grâce à la Loi d'accès à l'information démontrent que l'investissement du Canada dans ce programme ramenait des dizaines de millions de dollars en contrats à au moins cinq entreprises canadiennes de haute technologie.

Mais puisque l'armée canadienne retire sa participation, ces entreprises se verront exclues des prochains appels d'offres et ne pourront renouveler les contrats existants.

«L'industrie canadienne sera touchée par notre retrait [des opérations et de l'entente de services] avec l'AWACS», révèle une note signée par l'ancien ministre de la Défense Peter MacKay datée du 12 janvier 2012.

L'avis de retrait du Canada a été envoyé par le ministre Stephen Harper au secrétaire général de l'OTAN, en 2011.

La décision intrigue, particulièrement en raison du rapport d'un comité d'experts préparé, le printemps dernier, pour l'ancienne ministre des Travaux publics, Rona Ambrose. Ce rapport suggérait essentiellement au Canada d'être plus attentif aux bénéfices réalisés par les entreprises canadiennes qu'aux dépenses occasionnées par les programmes.

Entre 1992 et 2010, le Canada a injecté 161 millions $ dans la maintenance au dépôt de la flotte d'AWACS de l'OTAN. En contrepartie, des entreprises canadiennes ont reçu 180 millions $ de contrats dans l'entente de service.

Depuis 2010, l'industrie aérospatiale canadienne empoche environ 12,9 millions $ par année grâce aux services fournis à l'AWACS.

Le représentant militaire du Canada à l'OTAN, le vice-amiral Bob Davidson, affirme que la décision de se retirer du programme est stratégique, car le Canada souhaite mettre au point ses propres systèmes, spécialement sur les drones.

« Fondamentalement, la décision résulte de  la volonté du gouvernement de mieux gérer les dépenses liées à la défense, a affirmé M. Davidson en entrevue depuis Bruxelles. Et nous tentons d'investir davantage les dépenses de la défense dans les compétences canadiennes. »

Le porte-parole libéral en matière de défense, John McKay, s'est dit estomaqué, spécialement parce que les conservateurs ont voulu dépenser des milliards de dollars dans l'achat de F-35, sous prétexte que les avions de chasse créeraient des emplois dans le secteur aérospatial.

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