La pauvreté a un impact déterminant sur la santé, selon un rapport de l’AMC

La première mesure recommandée par le rapport est d’éliminer la pauvreté.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jonathan Hayward La première mesure recommandée par le rapport est d’éliminer la pauvreté.

Ottawa — La pauvreté a une influence déterminante sur la santé et la longévité des Canadiens, selon un rapport publié mardi par l’Association médicale canadienne (AMC).

 

Le rapport Les soins de santé au Canada. Qu’est-ce qui nous rend malades ? est le résultat d’une série de consultations publiques organisées par l’AMC à travers le Canada afin d’interroger les Canadiens sur les facteurs qui, d’après eux, ont un impact sur leur santé.

 

Premières Nations

 

Le document comprend une dizaine de recommandations concernant les mesures que les gouvernements et les individus pourraient adopter afin que l’ensemble des citoyens mène une existence plus saine. La première mesure recommandée : éliminer la pauvreté. « De nombreux facteurs extérieurs au système de santé influencent la santé des gens, des logements inadéquats à un manque d’aliments sains, en passant par un développement de la petite enfance sous-optimal, a déclaré mardi la Dre Anna Reid, présidente de l’AMC, dans un communiqué. Les Canadiens nous ont dit que la pauvreté est le thème récurrent sous-jacent à la plupart des déterminants sociaux de la santé. »

 

Parmi les consultations, qui se sont tenues dans six villes canadiennes, celle de Winnipeg a principalement traité de la santé au sein des peuples autochtones. Les gens qui vivent dans des collectivités autochtones éprouvent en moyenne plus de problèmes de santé que le reste de la population. « Comme l’a dit l’un des panélistes : nous parlons de réussir dans la vie en nous concentrant sur le fait de travailler fort et de gravir les échelons. Chez les enfants autochtones, nombreux sont ceux qui n’atteindront jamais le premier échelon », a affirmé la Dre Reid.

 

Les autres consultations de l’AMC, auxquelles plus de 1000 personnes ont participé entre février et juin, ont eu lieu à Montréal, Calgary, Hamilton, Charlottetown, Saint-Jean et Terre-Neuve-et-Labrador.

 

Le rapport recommande notamment qu’Ottawa lance un projet pilote pour réduire la pauvreté grâce au revenu annuel garanti. Il demande aussi plus de logements abordables, l’expansion du programme Priorité au logement développé par la Commission de la santé mentale du Canada pour les gens ayant des problèmes de santé mentale chroniques, et le lancement d’un programme de sécurité alimentaire national.

 

Et si les gouvernements peuvent jouer un grand rôle en s’assurant que les programmes bénéficient d’un financement adéquat, les professionnels de la santé et les citoyens doivent participer, dit le rapport.

 

« Il faut presser les gouvernements d’agir, mais il est clair que les citoyens, les médecins et les communautés peuvent aider à régler ces problèmes », indique-t-on.

 

L’AMC suggère aussi aux gouvernements de travailler en collaboration avec l’industrie des assurances vie et maladie pour créer un programme de protection exhaustif pour les médicaments d’ordonnance.

 

Coûts élevés

 

Ces recommandations et leur coût pourraient toutefois s’avérer une pilule difficile à avaler pour les Canadiens.

 

Selon un autre rapport publié mardi par l’Institut Fraser, le système de soins de santé actuel coûte plus de 11 000 $ par année en impôts à la famille canadienne typique constituée de deux adultes et deux enfants. « Les soins de santé ne sont pas gratuits au Canada, a soutenu Nadeem Esmail, directeur des études en politiques de santé de l’Institut Fraser, dans un communiqué. Dans les faits, les familles canadiennes paient des milliers de dollars en impôts chaque année pour couvrir les coûts du régime d’assurance maladie public. Et ces coûts ont augmenté 1,5 fois plus rapidement que le revenu moyen au cours de la dernière décennie. »

 

Le rapport de l’Institut Fraser est basé sur des données de Statistique Canada et de l’Institut canadien d’information sur la santé.

2 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 31 juillet 2013 02 h 36

    Que d'argent...

    Que d'argent dépensé pour répéter sans fin les mêmes constats !
    Il y a longtemps, très longtemps, que la conclusion en question est faite.
    Le temps est d'ailleurs si suffisamment passé sur celle-ci, qu'une expression populaire est largement partagée à ce sujet : il vaut mieux être riche et en santé que...
    Je vous la laisse terminer, puisque tout le monde connaît la suite.

    Là où il faut dépenser collectivement de manière sérieuse, ce n'est pas dans ce genre d'études à répétitions. C'est dans l'action concrète pour contrer les effets désastreux de la pauvreté...
    Et en particulier auprès des enfants.
    Ce qu'un Québec indépendant et responsable devrait se donner en priorité absolue, selon moi.
    En commençant, d'ailleurs, avec un gouvernement qui prétend aller vers l'indépendance...

  • Pierre Labelle - Inscrit 31 juillet 2013 08 h 13

    Rien de nouveau!

    Ce rapport qui nous coûte certainement quelques millions de $, nous apprend quoi de nouveau exactement, sinon ce que l'ont savait déjà. Au lieu de penser en terme de pillules et ou autres médicaments pour soigner, les gouvernements doivent penser en terme de prévention. Prévenir coûte toujours moins que guérir, cela est prouvé. Prévenir la pauvreté au lieu d'essayer de la guérir, c'est ça la solution, réduire l'espace qui sépare les riches des pauvres. Mais pour faire cela nous avons besoin d'une véritable volonté politique, ce qui ne semble pas être une priorité pour le fédéral.