Sécurité ferroviaire - Des maires interpellent le fédéral

Les recherches pour retrouver des personnes disparues se sont poursuivies mardi sur les lieux de la catastrophe ferroviaire.
Photo: La Presse canadienne (photo) Ryan Remiorz Les recherches pour retrouver des personnes disparues se sont poursuivies mardi sur les lieux de la catastrophe ferroviaire.
Les maires de sept municipalités de la Montérégie et de l’Estrie où roulent des convois de la Montreal, Maine and Atlantic (MMA) Railway veulent « forcer la main » de la nouvelle titulaire de Transports Canada « pour que des gestes soient posés » en matière de sécurité ferroviaire.

Dans la foulée du déraillement mortel survenu à Lac-Mégantic, les premiers magistrats des villes de Sherbrooke, Saint-Jean-sur-Richelieu, Cowansville, Sutton, Farnham et Magog ont demandé une rencontre avec la ministre Lisa Raitt d’ici la fin du mois afin de s’attaquer à cet épineux dossier.

« Je ne suis pas un ingénieur, mais dans le cas de la MMA, on sait que le réseau est déficient parce qu’il a manqué d’entretien et de réparations. Et nous, on demande au gouvernement fédéral de jouer son rôle, c’est-à-dire le rôle d’imposer son cadre réglementaire, et de procéder à une inspection immédiate des infrastructures de la compagnie MMA », a affirmé mardi le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny.

L’union des forces

Le transport ferroviaire étant de juridiction fédérale, les municipalités n’ont pas le pouvoir de demander des investissements aux entreprises, et encore moins de décréter unilatéralement un arrêt des activités. Elles ont donc l’intention d’unir leurs forces en mettant sur pied un comité de travail qui regrouperait l’Union des municipalités du Québec (UMQ), la Fédération québécoise des municipalités (FQM), la Fédération canadienne des municipalités (FCM) et divers experts.

Leur mandat serait de se pencher sur diverses questions ayant été soulevées au cours des derniers jours. « Est-ce que l’on devrait retirer de façon graduelle les wagons-citernes DOT-111 ? Est-ce que l’on devrait exiger au moins deux ingénieurs à bord d’un train qui transporte des matières dangereuses ? Il y a plusieurs questions de ce type-là, et on ne veut pas le faire sous le coup de l’émotion, on veut le faire de façon organisée et structurée », a exposé le maire Sévigny.

Moratoire néfaste

Et à ceux qui préconisent carrément un moratoire sur les activités ferroviaires de la MMA en attendant les résultats des diverses enquêtes menées par les autorités, M. Sévigny rappelle que d’importants enjeux économiques sont reliés au transport ferroviaire de marchandises dans la région. « Il y a des villes et des communautés où des entreprises ne peuvent pas fonctionner sans le train, a-t-il fait valoir. Il y a des enjeux trop importants pour simplement réclamer l’arrêt des activités ferroviaires. »

Le maire de Cowansville, Arthur Fauteux, a pour sa part fait valoir que les compagnies avaient l’obligation d’effectuer des inspections de façon périodique et qu’elles devaient en rendre compte à Transports Canada.

Réuni en séance extraordinaire, le conseil municipal de Lac-Mégantic a adopté lundi matin une série de résolutions concernant le transport ferroviaire et le transport de matières dangereuses au centre-ville.

La petite ville de 6000 habitants demande entre autres au gouvernement du Canada, au gouvernement du Québec et à l’Office des transports du Canada « d’imposer à la MMA le déplacement de sa voie ferrée vers le quartier industriel de la ville », ce qui est conforme aux souhaits exprimés la semaine dernière par la mairesse Colette Roy-Laroche.

MMA

En point de presse à Lac-Mégantic mercredi dernier, le président du conseil de la société mère de la MMA, Ed Burkhardt, s’était montré évasif lorsqu’il a été interrogé sur la possibilité que l’entreprise participe au montage financier de ce projet d’envergure. « Nous aimerions travailler sur un plan à cet effet [la modification du tracé de la voie ferrée]. Ce que nous pourrions faire sur le plan financier, je n’en suis pas certain », avait-il déclaré.

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Hampstead lance une pétition

Le maire d’une petite municipalité de l’île de Montréal lance une pétition qui vise à faire interdire par les autorités fédérales le transport par train de matières dangereuses dans les grandes villes du Canada.

William Steinberg, maire de Hampstead, affirme que depuis plus de 10 ans, des citoyens de sa ville et d’ailleurs réclament que ces matières dangereuses ne puissent plus circuler sur les voies ferrées qui sillonnent les zones densément peuplées.

Le maire Steinberg déplore que le déraillement d’un train de la Montreal, Maine and Atlantic Railway, le 6 juillet, ait eu des conséquences tragiques pour Lac-Mégantic et sa population. À son avis, les conséquences d’un tel drame auraient été pires s’il s’était produit à Montréal, Toronto ou Vancouver.

William Steinberg note que les grandes villes ont été épargnées jusqu’ici par un incident de l’ampleur de celui de Lac-Mégantic, mais qu’il serait irresponsable de leur part de se fier à la chance pour se protéger.

La version française de la pétition du maire de Hampstead peut être signée à l’adresse suivante : http://chn.ge/15ws1Cl.

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