Grogne autour de fonds publics donnés à un groupe chrétien antigais

L’octroi de fonds gouvernementaux à un organisme évangélique qui avait décrit l’homosexualité sur son site Web comme un « péché » et une « perversion » n’a pas laissé les Canadiens indifférents.


Les bureaux du premier ministre Stephen Harper et du ministre de la Coopération internationale, Julian Fantino, ont reçu de nombreux courriels et lettres de citoyens dans les jours qui ont suivi la parution de la nouvelle, selon des documents obtenus par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.


En février, La Presse Canadienne rapportait que le groupe chrétien ontarien Christian Crossroads Communications recevait 544 813 $ de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) pour la construction de latrines et de puits en Ouganda, et pour y faire de la sensibilisation à l’hygiène.


L’Ouganda avait - et a toujours - un projet de loi à l’étude qui, une fois adopté, rendrait l’homosexualité passible de peine de mort. Or, sur le site de Crossroads, on établissait une liste de « péchés sexuels » où l’on citait justement l’homosexualité au même titre que la pédophilie ou la bestialité. « Dieu se préoccupe trop de vous [et de tous ses enfants] pour qu’il laisse aller cet abus spirituel sans le punir », pouvait-on lire sur une page du site, qui a toutefois été effacé quand La Presse Canadienne a contacté le groupe.


Le ministre Fantino avait d’abord fait savoir par Twitter qu’il gelait les fonds destinés à Crossroads, avant de se raviser le lendemain et de lui accorder sa bénédiction. Cette position tranchait avec celle du ministre des Affaires étrangères, John Baird, qui avait dénoncé quelques mois plus.


Dans les jours suivant la parution de l’article, les bureaux de MM. Harper et Fantino ont reçu 120 lettres et courriels de citoyens s’opposant au financement de Crossroads, et une cinquantaine en faveur de son maintien.


Les documents révèlent qu’une représentante de l’ACDI a effectué une visite des projets de Crossroads les 14 et 15 février, notamment pour vérifier si l’organisme pratiquait de la discrimination. Le document de neuf pages n’aborde pas de front la thématique de la répression des homosexuels, mais indique de façon générale que Crossroads ne pratique pas de discrimination.


 
3 commentaires
  • Marcel Bernier - Inscrit 8 juillet 2013 04 h 03

    Complètement inacceptable...

    On parle de subventions à même nos taxes et nos impôts. Il y a comme une limite à jouer les Pharisiens (une dénomination que les chrétiens fondamentalistes connaissent bien!). Les membres des organisations non gouvernementales qui nous représentent à l'étranger doivent incarner nos valeurs et nos lois. Sinon, c'est de l'hypocrisie pure! Et de l'idéologie bassement partisane.
    Maintenant! Qu'attendent les homosexuels pour revendiquer haut et fort que l'on respecte leurs droits à exister, partout dans le monde, et l'utilisation de leurs deniers fiscaux à des fins autres qu'à leur extermination.

  • Benoît Gagnon - Inscrit 8 juillet 2013 12 h 52

    Une cause

    "L’octroi de fonds gouvernementaux à un organisme évangélique [...]"

    L'article aurait pu se terminer là qu'il en aurait été tout autant innacceptable. Pourquoi est-ce que mon argent sert un organisme évangélique? Pourquoi est-ce que mon argent sert une cause religieuse? Pourquoi est-ce que mon argent sert une religion? C'est tout simplement innacceptable...

  • Carroll Roy - Inscrit 10 juillet 2013 11 h 38

    Sans commentaires...

    Je suis presque certain que s. harper, qui ne connaissait pas semble-t-il ce qui se tramait dans le dossier Duffy, ne savait pas qu'on avait attribué une si petite somme d'argent pour cet organisme évangélique.