Dans la foulée de Idle No More?

La plume rouge était le symbole du mouvement Idle No More.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La plume rouge était le symbole du mouvement Idle No More.

Le gouvernement affirme avoir donné suite à la rencontre de Stephen Harper avec le chef national des Premières Nations, cinq mois après un sommet qui avait été consenti à la suite de semaines de manifestations du mouvement Idle No More. Mais du côté de l’Assemblée des Premières Nations (APN), on parle simplement d’une «brève rencontre».

Alors que le mouvement Idle No More secouait la capitale fédérale, l’hiver dernier, et que la chef d’Attawapiskat, Theresa Spence, jeûnait depuis six semaines, le premier ministre avait consenti à rencontrer les chefs autochtones en janvier. Stephen Harper avait alors promis un dialogue continu avec les Premières Nations et une réunion de suivi avec le chef national de l’APN, Shawn Atleo, « dans les prochaines semaines ».


Il aura fallu cinq mois avant que le bureau de M. Harper, interrogé sur le sujet, affirme que cette rencontre a bel et bien eu lieu, jeudi. « Le premier ministre a eu le plaisir de constater que le comité, constitué après la rencontre du 11 janvier, fait des progrès concrets en ce qui concerne les revendications globales. Le comité se concentre sur l’examen et le renouvellement de la politique fédérale en matière de revendications globales pour accélérer le règlement des revendications d’une manière qui soit équitable et qui rende possible le développement économique des Premières Nations », a indiqué un porte-parole de M. Harper par courriel, sans plus de précisions.


Or, dans l’entourage de M. Atleo, on a semblé accorder moins d’importance à cette réunion, qualifiant la chose de « brève rencontre ». En fait, le chef national a tout bonnement rencontré cette semaine tous les chefs fédéraux, y compris Thomas Mulcair et Justin Trudeau, a-t-on expliqué.


Journée nationale des autochtones


Par ailleurs, à l’occasion de la Journée nationale des autochtones qui était célébrée vendredi, quelque 200 personnes se sont réunies sur la colline parlementaire pour réitérer les demandes traditionnelles des Premières Nations.


La foule semblait peu nombreuse si on la compare à celles qui se sont mobilisées cet hiver. Certains prédisaient pourtant un « été de la souveraineté », qui serait aussi secoué par des manifestations.


Vendredi, les manifestants réclamaient, comme en janvier, que le fédéral renonce à son projet de loi de mise en oeuvre du budget de 2012, qui a mis en place plusieurs changements aux lois environnementales.


« Il y a deux choses qui manquent toujours à la relation : la reconnaissance et le respect. […] Le NPD travaillera pour créer une relation de nation à nation. C’est la seule façon d’obtenir de vrais résultats », a lancé Thomas Mulcair lors de la manifestation.


Le chef libéral a de son côté fait valoir, dans une déclaration écrite, que « les événements de la dernière année nous ont clairement rappelé l’urgence d’améliorer la situation et la qualité de vie au Canada, et aujourd’hui nous ramènent à notre obligation partagée de parvenir à assurer aux peuples autochtones partout au pays une bien plus grande prospérité et un avenir beaucoup plus sain ».