Des portes qui claquent et qui tournent

La dernière session parlementaire a aussi été marquée par un lot de départs, certains députés ayant quitté leur poste pour cause de controverse, d’autres pour poursuivre différentes ambitions professionnelles, ou encore par riposte politique.

La démission la plus fracassante est sûrement celle de l’ex-ministre Peter Penashue, qui s’est résigné à céder son poste aux Affaires intergouvernementales de même que son siège de député, au mois de mars, après avoir reconnu qu’il avait dépensé plus que permis pendant l’élection de 2011 et que son équipe de campagne avait touché plus de 45 000 $ en dons d’entreprises illégaux. Malgré les éloges de ses anciens collègues, M. Penashue n’a pas réussi à se faire réélire lors d’une partielle à la mi-mai. Il a été battu à plates coutures par la libérale Yvonne Jones.


Autre ministre déchu, John Duncan a renoncé au portefeuille des Affaires autochtones à la mi-février, reconnaissant être intervenu par écrit auprès de la Cour canadienne de l’impôt en faveur d’un électeur de sa circonscription de Vancouver. Cet incident était survenu après des semaines de tumultes dans le dossier des Premières Nations, rythmées par les manifestations du mouvement Idle No More.


Au Sénat, le premier à avoir quitté le caucus conservateur a été le Québécois Patrick Brazeau, après son arrestation pour agression et agression sexuelle, en février. Sa cause est toujours devant les tribunaux et les faits qui lui sont reprochés n’ont pas été prouvés en cour.


Depuis, trois de ses collègues sont aussi devenus indépendants, impliqués comme lui dans le scandale des dépenses qui leur ont été injustement remboursées : Mike Duffy, Pamela Wallin et Mac Harb. M. Harb (ex-libéral) a porté sa cause devant les tribunaux cette semaine. La Gendarmerie royale a aussi épluché ses registres de propriété, révélaient des médias mercredi.


Des transfuges aussi


En mars, le député saguenéen Claude Patry a renié les néodémocrates pour rejoindre les bloquistes. Il s’opposait à la volonté du chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair, de reconnaître une victoire référendaire de 50 % + 1 tout en exigeant une question claire. M. Patry s’était dit mal à l’aise de voir le NPD « privilégier les intérêts du Canada au détriment de ceux de la nation québécoise ».


Le député d’arrière-banc Brent Rathgeber a quant à lui ébranlé l’infaillibilité de Stephen Harper en claquant la porte du Parti conservateur au début du mois. Il siège désormais comme indépendant, après avoir dénoncé l’emprise du bureau du premier ministre sur ses députés.


Nouveaux horizons


Le coloré libéral Denis Coderre a de son côté quitté Ottawa pour briguer la mairie de Montréal, après 16 ans aux Communes.


Son ex-collègue Bob Rae l’a suivi de près, annonçant sa retraite fédérale cette semaine pour se consacrer à sa carrière d’avocat et de négociateur pour une Première Nation du nord de l’Ontario.

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