Sondage Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette - Trudeau, premier de classe

27 % des répondants au sondage ont indiqué qu'ils croyaient que Justin Trudeau ferait le meilleur premier ministre.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir 27 % des répondants au sondage ont indiqué qu'ils croyaient que Justin Trudeau ferait le meilleur premier ministre.

Et à la fin de l’année, le premier de classe est Justin Trudeau. La performance du nouveau chef libéral permet à son parti d’entamer les vacances estivales fort d’une avance de huit points sur les conservateurs et du double sur le NPD, révèle un sondage pancanadien Léger Marketing-Le Devoir-The Gazette. Ce dernier indique aussi que les Canadiens veulent une réforme du Sénat.

« C’est vraiment un sondage signé Justin Trudeau », dit l’analyste Christian Bourque, vice-président de Léger Marketing. Avec le député de Papineau aux commandes, le Parti libéral du Canada (PLC) aurait obtenu 37 % des votes (après répartition) si des élections avaient eu lieu cette semaine, montre le sondage. Les conservateurs de Stephen Harper suivent à 29 %, alors que le Nouveau Parti démocratique arrive troisième avec 21 %. Pour l’opposition officielle, c’est le plus bas résultat depuis les débuts de la campagne électorale de 2011.


Réalisé en ligne auprès de 1503 personnes, le sondage établit que les libéraux ont gagné 7 points depuis le mois de mars (M. Trudeau a été nommé chef à la mi-avril), 19 depuis le début de l’année. À l’inverse, les conservateurs ont perdu six points en six mois, contre neuf pour le NPD. Le Parti vert est demeuré relativement stable avec 8 % d’appuis.


Les données régionales illustrent que les libéraux performent bien surtout en Atlantique (53 %), au Québec (46 %) et en Colombie-Britannique (34 %), où ils détiennent des avances de 15 à 20 points permettant de sortir des marges d’erreur plus élevées pour ces sous-catégories. En Ontario, ils sont à égalité avec les conservateurs.


Au Québec, les 349 répondants (ce qui fait plus de cinq points de marge d’erreur) ont placé le NPD deuxième (26 %), devant le Bloc québécois (15 %) et les conservateurs (8 %). Ces derniers ont par contre quelque 30 points d’avance sur les libéraux dans les Prairies et en Alberta.


L’effet Trudeau se mesure aussi lorsque vient le temps de déterminer qui « ferait le meilleur premier ministre » : 27 % des répondants ont indiqué Justin Trudeau, contre 23 % pour Stephen Harper et 14 % pour Thomas Mulcair (qui obtient à peine 10 % en dehors du Québec). Le moins expérimenté des trois chefs est ainsi jugé plus compétent que ses deux principaux adversaires. Les Québécois ont placé M. Trudeau premier à 35 %, M. Mulcair deuxième à 27 % et Stephen Harper troisième avec 10 %.


« L’effet Trudeau se voit un peu partout », dit Christian Bourque. Au Québec, il note que Thomas Mulcair jouit tout de même de bons appuis et qu’il pourra faire valoir des qualités qui sont mieux reconnues qu’ailleurs au Canada. « Ça pourrait se jouer sur cette variable », croit M. Bourque.


Ce dernier estime autrement que les conservateurs sont peut-être en train de découvrir quel est leur niveau plancher d’appuis. Car malgré tout le tapage fait autour de l’affaire Mike Duffy et des dépenses au Sénat, malgré la défection d’un député d’arrière-ban, malgré des critiques de la base partisane des conservateurs, ceux-ci n’ont perdu que deux points d’appuis de mars à juin 2013 (soit moins que la marge d’erreur des sondages classiques). Le tiers des répondants se sont dits satisfaits du gouvernement Harper, alors que le taux d’insatisfaction est de 61 %.


Sénat


Interrogés sur l’avenir du Sénat, les Canadiens sont par ailleurs unanimes à dire que la Chambre haute doit être réformée. À peine 5 % des répondants souhaitent ainsi que le Sénat « conserve sa forme actuelle ».


Quant à savoir quels contours devrait prendre cette réforme, c’est moins clair. Le tiers des répondants estiment qu’on devrait abolir la Chambre haute. Au Québec, la moitié des réponses pointent dans cette direction. Mais 29 % des Canadiens pensent plutôt que le Sénat devrait être réformé pour faire en sorte que les sénateurs soient élus pour un mandat déterminé et en conservant un nombre proportionnel de sénateurs en fonction de la population de chaque province.


Une autre tranche de près de 20 % est pour l’élection des sénateurs, mais avec un nombre égal de sénateurs pour chaque province - une formule qui ne manquerait pas de provoquer un vif débat constitutionnel.


« On voit que c’est divisé parce qu’il n’y a pas eu de discours structurés sur une réforme du Sénat depuis 7-8 ans, estime Christian Bourque. Ça a toujours été dans la plateforme des conservateurs, mais même le premier ministre n’en parlait plus vraiment. C’est peut-être ce qui explique l’absence de consensus, même en Alberta. »


Le sondage a été réalisé en ligne auprès de 1503 personnes, du 17 au 19 juin. Les sondages menés en ligne ne comportent pas de marge d’erreur officielle, mais Léger Marketing indique qu’un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de 2,5 % dans 19 cas sur 20.


 
51 commentaires
  • Marcel Bernier - Inscrit 21 juin 2013 01 h 22

    Pas vraiment intéressé par les libéraux...

    Tout ce qui s'appelle libéral, aujourd'hui, et c'est assez surprenant qu'un nom ait ainsi un tel destin, est synonyme de « corrompu ». C'est tout dire! Et si, par-dessus le marché, on nous propose un guignol comme premier ministre, là je ne marche plus en tant que citoyen.
    À tout prendre, je vote pour Thomas Mulcair et le NPD: au moins, nous aurons droit au moins pire des régimes offerts et, surtout, avec une offre de politiques progressives.

    • Yves Perron - Inscrit 21 juin 2013 06 h 32

      Thomas Mulcair: Un autre bon gars qui ne fera rien pour le Québec , d'ailleurs qu'à fait le N.P.D. depuis les dernières élections?

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 21 juin 2013 07 h 49

      Mulcair courtise le Qc en jouant la fibre nationaliste...mais sa position est intenable dans le ROC..Il s'assoit sur une corde raide avec toutes les ambivalences d'un party fédéraliste...La vague Layton n'a jamais été soutenue depuis que Mulcair est chef...De plus, la personnalité de Mulcair est plus que discutable..Il n'aura jamais le pouvoir!

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 21 juin 2013 09 h 17

      @M. Perron : le Npd étant dans l'opposition, il ne peut que faire valoir certaines idées et certaines critiques. Ce à quoi le Bloc était condamné.

      Au pouvoir, le Npd propose la plateforme la plus progressiste, ce qui est bien pour le Québec, le Canada, le monde.

    • Gaston Fiset - Inscrit 21 juin 2013 10 h 50

      Seul M. Mulcair et son équipe ont été les supporteurs des travailleurs manifestant contre les nouvelles loi d'assurance emploi du parti conservateur de Harper.

    • Hélène Paulette - Abonnée 21 juin 2013 17 h 15

      @Fiset: vous oubliez le Bloc....

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 21 juin 2013 18 h 00

      À moins de s'être transformé sous Mulcair, le NPD a toujours été l'un des partis les plus centralisateurs au Canada. D'autre part, à mon avis et je ne suis sans doute pas la seule, ce parti n'a aucune chance de prendre le pouvoir au Canada, ce qui explique qu'il ne l'ait jamais pris: sans le Québec, lors des dernières élections il aurait foiré et ça risque de lui arriver la prochaine fois.

      Mais bon, on peut très bien voter pour un parti perdu davance, comme on peut bien ne pas voter du tout... au fédéral.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 21 juin 2013 18 h 06

      Plateforme idealiste du NPD, totalement déconnectée de la réalité nord-américaine économique...Le vote stratégique des québécois a été un échec dans le sens oû Harper a réussi sa majorité sans le Qc et le NPD a vu sa chute progressive dans les sondages....

      Les libéraux ont constitué le Party qui a le mieux défendu le Qc au niveau fédéral mais qui a été sabordé par le québécois...

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 22 juin 2013 08 h 47

      Les "académiques" comme Stéphane Dion ou Michael Ignatieff..qui réfléchissent, analysent, décortiquent et s'en mèlent les pieds dans leur raisonnement font de piètres politiciens....

      Le slogan bête et claquant est celui qui marche le mieux avec les foules! Et oui! L'image est devenue reine grâce au pouvoir des nouvelles technologies..Les politiciens ont tous leur regard sur les prochaines élections...Rares sont ceux qui ont une vision plus loin que 4 ans!!!

      Trudeau a hérité du magnétisme de son père...Peut-être pas l'intellect...Mais seule l'avenir le dira....Le fait de juste apparaitre sur la scène a ressuscité le PLC...Tout va trop vite...On a enterré la réflexion..

  • Jacques Boulanger - Inscrit 21 juin 2013 05 h 29

    Abolition du sénat ?

    Un 7-Up ou un Coke avec ça ? Heu ... en fait : ni l'un, ni l'autre ! L'abolition du sénat était-il dans les choix de réponses ?

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 21 juin 2013 08 h 28

      «Le tiers des répondants estiment qu’on devrait abolir la Chambre haute. Au Québec, la moitié des réponses pointent dans cette direction».

      Il faut lire l'article en entier.

  • Yves Perron - Inscrit 21 juin 2013 06 h 30

    Vous êtes pas tannés?

    Je ne peux pas croire que tant de Québécois croient encore que le Canada peut être réformé par qui que ce soit...Encore moins avec ce petit hybride héritier du plus grand fossoyeur du Québec.

    Pourtant ils n'ont plus l'excuse de dire ''on savait pas''. IL faut croire qu'on '' est pas tannés de mourrir bande de caves''.J'ai hâte que la prochaine génération arrive, elle est moins naïve et moins peureuse et n'acceptera plus les pieds au cul du Canada anglais.

    • Cyril Dionne - Abonné 21 juin 2013 10 h 43

      Comme je suis d'accord avec vous M. Perron.

    • Paul Langlois - Abonné 22 juin 2013 08 h 25

      "J'ai hâte que la prochaine génération arrive, elle est moins naïve et moins peureuse" ... Le problème, c'est que cela fait sept, huit, générations qu'on attend que la prochaine génération règle le "problème" ... Notre responsabilité est justement de ne pas pelleter le problème en avant et de la faire, nous, pour nos enfants et nos petits-enfants ...

  • Serge Grenier - Inscrit 21 juin 2013 06 h 48

    Santé mentale douteuse...

    «Le tiers des répondants se sont dits satisfaits du gouvernement Harper.»

    Alors, suite à ce sondage, on est en droit de se poser des questions sur la santé mentale du tiers de la population.

    • Florence Péloquin - Abonnée 21 juin 2013 07 h 55

      Autrement dit, "Ceux qui ne pensent pas comme moi doivent être des idiots".

      Belle mentalité!

    • Richard Coulombe - Inscrit 21 juin 2013 10 h 22

      Dans l'autre sondage, le tiers des répondants se sont dits satisfaits du gouvernement Marois.

      Il faut donc se poser des questions sur la santé mentale du tiers des québécois ....

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 21 juin 2013 07 h 00

    Saveur du mois

    M. Justin Trudeau comble un vide esthétique chez les citoyens canadiens à la recherche de nouveauté. Métaphoriquement, il fait penser à un cadeau acheté au Dolorama, emballé dans du joli papier et enrubanné par une entreprise de m-a-r-ke-ke-ti-ting.

    Trudeau ! Trudeau ! Trudeau !
    Que répondit l'écho ?

    • Pierrette L. Ste Marie - Inscrit 21 juin 2013 09 h 00

      J' aime beaucoup "comble un vide esthétique" car ce n'est que cela. Est-on vide à ce point qu'une belle gueule nous suffit.... Je m'inquiète....