Trudeau rembourse… et essuie la critique

Ottawa — Le chef du Parti libéral, Justin Trudeau, est devenu la cible des attaques et des railleries lundi après avoir accepté de rembourser, ou de dédommager, les 17 groupes à but non lucratif ayant payé pour ses services de conférencier depuis qu’il est député.


« Que ne comprend-il pas dans le fait que, d’un point de vue éthique, on donne de l’argent aux organismes à but non lucratif, on ne leur en enlève pas ? », a raillé le ministre du Patrimoine, James Moore, lors de la période de questions. À peu près toutes les questions posées par M. Trudeau ont obtenu des réponses similaires.


L’histoire a éclaté la semaine dernière quand la demande de remboursement du groupe Grace Foundation a été rendue publique par le bureau du premier ministre. Le groupe avait versé 20 000 $ à M. Trudeau en 2012 pour l’avoir à une campagne de financement, mais la vente de billets n’a pas été suffisante pour générer un profit. Depuis, on a appris qu’une des membres du conseil d’administration du groupe, Judith Baxter, est proche du Parti conservateur : elle a été photographiée lors de son passage au bureau de Stephen Harper et a reçu une médaille du Jubilé de la reine du député conservateur Rob Moore, qui s’est assuré de relayer l’histoire. La Grace Foundation n’a pas répondu aux demandes d’entrevue du Devoir.


La question que se posent les adversaires de M. Trudeau est la suivante : est-il approprié qu’un député facture ses services de conférencier. N’est-ce pas le rôle d’un élu d’animer le débat public ? M. Trudeau n’a pas abordé cette question. Il s’engage à rembourser, avec son argent personnel, tous les groupes qui le demanderont, y compris la commission qui était allée à l’entreprise de placement de conférenciers, Speakers’ Spotlight. « Je ne veux pas les pénaliser pour ma propre décision. C’est moi qui me présente comme premier ministre, pas eux. »

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