Rob Ford: la police connaissait l’existence de la vidéo

Une importante frappe policière en Ontario a remis à l’avant-scène la controverse autour du maire Rob Ford. Plusieurs semaines avant que les médias ne fassent état d’une vidéo qui le montrerait en train de fumer du crack, la police était sur le coup, ont rapporté jeudi le Globe and Mail et la chaîne de télévision CTV.


Les autorités ont eu vent de cette vidéo lors d’une enquête sur un réseau de trafiquants de drogue et d’armes dans la région de Toronto, qui a abouti par une opération policière d’envergure jeudi, ont appris les deux médias de sources policières.


La police de Toronto savait aussi que le maire entretenait des relations avec les hommes qui apparaissent sur une photo compromettante accompagnant souvent les articles sur la présumée vidéo, a révélé de son côté la CBC. Deux d’entre eux ont d’ailleurs été arrêtés jeudi. Le troisième a été tué par balle il y a deux mois.


Questionné par les journalistes, le chef de la police de Toronto, Bill Blair, a refusé de commenter ces informations. « La loi est très claire. Le seul endroit où l’on peut dévoiler légalement la preuve obtenue lors de cette enquête est devant une cour de justice », s’est-il contenté de dire, refusant de dire s’il y avait un lien entre l’opération policière et le maire.


Le 16 mai dernier, le Toronto Star et le site américain Gawker ont publié des articles où des journalistes racontent avoir vu une vidéo où Rob Ford fume ce qui semble être du crack dans une pipe de verre. Le maire torontois a nié ces allégations.


Importante opération policière


Jeudi matin, plusieurs corps policiers, dont la Police provinciale de l’Ontario, ont procédé à 39 perquisitions dans la région de Toronto et ailleurs en Ontario lors d’une opération appelée Project Traveller.


Parmi les endroits ciblés figuraient deux immeubles à appartements de l’ouest de Toronto où une centaine de policiers lourdement armés se sont présentés. L’un des édifices est celui où aurait été tournée la présumée vidéo montrant le maire Ford.


Le chef de police a qualifié les perquisitions d’importantes, affirmant qu’elles avaient permis d’interrompre le trafic d’armes circulant des États-Unis vers le Canada, de déstabiliser les activités de gangs présumés et d’effectuer des dizaines d’arrestations. Dix-neuf personnes ont été arrêtées à Toronto et neuf à Windsor, portant à 43 le nombre total d’arrestations dans le cadre de cette enquête. Parmi les crimes allégués, on compte le meurtre, la tentative de meurtre, ainsi que le trafic d’armes et de stupéfiants.


Le maire Ford a assuré jeudi matin qu’il ne savait rien de l’opération policière. « Le chef ne m’a pas parlé. Je n’ai pas d’autres informations », a-t-il déclaré.


 

Avec La Presse canadienne

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