Le NPD approuve la transparence… au Sénat

Ottawa — La transparence est une bonne chose, mais au Sénat. Du moins, c’est le message qu’a semblé envoyer mardi le Nouveau Parti démocratique en s’opposant aux motions libérales qui demandaient que soient rendus publics de manière proactive les comptes de dépenses des députés.


Le chef libéral, Justin Trudeau, s’est levé à la Chambre des communes hier pour demander le consentement unanime de ses pairs et ainsi faire approuver quatre motions. Celles-ci réclamaient notamment que les frais de déplacement et d’hospitalité des élus - payés par les contribuables - soient affichés dans Internet sous forme interrogeable et invitaient le vérificateur général à étudier la gestion de la Chambre tous les trois ans. Les néodémocrates ont refusé.


Le leader du NPD en Chambre, Nathan Cullen, a ensuite demandé et obtenu la tenue d’une enquête sur le remboursement par la Chambre de voyages peut-être effectués par des députés pour prononcer des discours rémunérés. Il s’agit d’une référence directe à M. Trudeau, dont les discours lui ont rapporté, en 2012, 72 000 $.


M. Cullen a expliqué au Devoir qu’il s’était opposé à l’initiative libérale parce qu’elle n’est « pas sincère ». Le Bureau de régie interne de la Chambre, auquel il siège, planche depuis un an sur de nouvelles mesures de transparence, prétend M. Cullen, et c’est là que le travail devrait être fait.


Le chef libéral a déploré l’approche néodémocrate. « Je n’ai jamais utilisé aucune ressource de la Chambre des communes ou de points de déplacement ou n’importe quoi comme ça pour les discours privés que j’ai donnés. Je suis sûr à 100 % de ça, alors toutes les enquêtes qu’ils voudront faire seront les bienvenues. Mais j’aurais bien aimé qu’ils acceptent aussi mes propositions de plus de transparence. » Le ministre conservateur Tony Clement dit appuyer les motions libérales et entend en faire appliquer l’esprit par l’entremise du Bureau de régie interne.


Cet engouement pour la transparence est une conséquence du scandale des dépenses qui secoue le Sénat. D’ailleurs, le vérificateur général, Michael Ferguson, rencontrait à huis clos mardi soir les sénateurs pour discuter des paramètres de l’enquête qu’ils lui ont demandé de mener.

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