Bilinguisme des agents du Parlement - Le projet de loi du NPD est adopté

Les Communes ont adopté mercredi à l'unanimité le projet de loi C-419 de la députée néo-démocrate Alexandrine Latendresse sur le bilinguisme des agents du Parlement.
Photo: Guillaume D. Cyr Les Communes ont adopté mercredi à l'unanimité le projet de loi C-419 de la députée néo-démocrate Alexandrine Latendresse sur le bilinguisme des agents du Parlement.
Ottawa — Contrairement à Michael Ferguson, le prochain vérificateur général du Canada devra obligatoirement être bilingue pour décrocher ce poste prestigieux. Car ce sera écrit dans la loi.
 
Les Communes ont adopté mercredi à l'unanimité le projet de loi C-419 de la députée néo-démocrate Alexandrine Latendresse sur le bilinguisme des agents du Parlement.
 
Les personnes désirant occuper 10 postes-clés — du directeur général des élections au commissaire à l'éthique, aux langues officielles ou à la vie privée, en passant par le président de la Commission de la fonction publique — devront désormais pouvoir s'exprimer en français et en anglais avant d'obtenir l'emploi.
 
Mais surtout, le vérificateur général, chien de garde des contribuables canadiens, devra être en mesure de maîtriser les deux langues officielles.
 
En novembre 2011, la nomination à ce poste de Michael Ferguson, unilingue anglophone, avait suscité un tollé de la part des partis d'opposition. Les libéraux avaient boycotté le vote entérinant sa nomination et les néo-démocrates avaient élaboré le projet de loi C-419.
 
L'appui des conservateurs avait d'abord été incertain. Le ministre du Patrimoine, James Moore, l'avait jugé "pas nécessaire" au moment de son dépôt l'an dernier. "On est contre", avait-il tranché, avant de se faire contredire plus tard par son collègue Christian Paradis.
 
Nécessaire

Pour le chef du NPD, Thomas Mulcair, le français est en danger dans la capitale fédérale, et un projet de loi s'imposait.
 
«Le français n'est plus une langue vivante ici au Parlement du Canada. Et c'est quelque chose qu'il faut absolument corriger, c'est une tendance qu'il faut renverser», avait-il signalé à la sortie de son caucus, peu avant le vote.
 
Même s'il s'attendait à avoir l'appui des troupes de Stephen Harper pour C-419, cela n'a pas empêché M. Mulcair de critiquer le premier ministre pour son approche envers les langues officielles.
 
«Les conservateurs jouent un jeu dangereux avec les deux langues officielles. Ils coupent le financement des programmes de formation de notre personnel pour le bilinguisme, se font régulièrement rabrouer [...] par le commissaire aux langues officielles. Les conservateurs n'y croient pas et il y a un net recul en termes de bilinguisme», a-t-il dit.
 
Le projet de loi, concentré sur dix agents du Parlement, est toutefois loin de couvrir l'ensembles des milliers de nominations du gouvernement.
 
Fannie Olivier, La Presse canadienne
7 commentaires
  • Marc G. Tremblay - Inscrit 5 juin 2013 16 h 10

    La vie est un combat

    Cette initiative, couronnée de succès, de la députée Latendresse, permet à tous les défenseurs de la langue française de garder espoir que le combat, en sol canadien, vaut la peine de continuer... Bravo !

  • Gilles Bousquet - Abonné 5 juin 2013 17 h 29

    Le PLC-Trudeau vient de s,en faire passer une

    Par le NPD...au Québec francophone.

  • Alain Carmel - Inscrit 5 juin 2013 17 h 31

    Heinnnn!

    Le NPD qui amene quelque chose de bon a Ottawa...Quand est-ce que le Bloc va en faire autant?

  • François Dugal - Inscrit 5 juin 2013 18 h 38

    Our National Capital / Notre Capitale Fédérale

    Nous allons vous défendre Ààààààààààà'tawa.

  • - Inscrit 5 juin 2013 20 h 11

    Quelle victoire titanesque !

    Vraiment ! Un haut fait de nos députés NPD ! Un fait d'arme à marquer d'une pierre blanche !

    Dieu qu'on est rendu bas !

    • Djosef Bouteu - Inscrit 6 juin 2013 00 h 12

      Quand c'est rendu que le gouvernement ne voit pas de problème à nommer un juge unilingue anglophone ou un vérificateur générale unilingue anglophone à la cour surpême, adieu le semblant de dignité de façade, il est devenu impossible de fonctionner en français dans le Canada.

      Ottawa nomme même des responsables de l'immigration qui ne parlent pas français au Québec. Le message est clair et les résultats sont au rendez-vous à chaque recensement.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 7 juin 2013 08 h 28

      Hé! On a 10 postes à 'Tawa où c'est obligatoire pour un anglo de parler français; patience, on va y arriver !