Dimitri Soudas condamné à payer ses impôts

Dimitri Soudas a travaillé aux côtés de Stephen Harper à partir de 2003 et était l’un de ses plus proches collaborateurs. Il occupait le poste de directeur des communications lorsqu’il est parti en septembre 2011. Il travaille maintenant au Comité olympique canadien.
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld Dimitri Soudas a travaillé aux côtés de Stephen Harper à partir de 2003 et était l’un de ses plus proches collaborateurs. Il occupait le poste de directeur des communications lorsqu’il est parti en septembre 2011. Il travaille maintenant au Comité olympique canadien.

Les trois partis d’opposition à la Chambre des communes ont été unanimes vendredi à condamner les démêlés avec Revenu Québec de l’ancien directeur des communications du premier ministre Stephen Harper. Dimitri Soudas a remboursé au fisc québécois l’an dernier près de 28 000 $ seulement après qu’un jugement a été rendu contre lui.

Le magazine en ligne iPolitics a publié l’information vendredi, documents légaux à l’appui : Dimitri Soudas a été condamné par la Chambre civile de la Cour du Québec, en avril 2012, à verser 27 849,06 $ à Revenu Québec. Ce n’est qu’après avoir envoyé plusieurs avis de cotisation entre le 20 mai 2008 et le 19 avril 2011 que Revenu Québec s’est tourné vers les tribunaux pour récupérer les sommes en souffrance.


Au départ, M. Soudas devait un peu plus de 67 000 $, mais un porte-parole de Revenu Québec a expliqué que la somme a été réduite en raison d’une combinaison de trois facteurs : des remboursements ont été effectués, des crédits de TVQ auxquels il avait droit ont été appliqués à son solde et de nouveaux calculs ont été effectués. M. Soudas a payé la somme due le 13 juin 2012, deux mois après le jugement.

 

Ironie


Le NPD n’a pas manqué de souligner l’ironie de la situation. Depuis quelques jours, quand on les interroge sur les dépenses du sénateur Mike Duffy, les troupes conservatrices répliquent que le NPD n’a pas de leçons à donner parce qu’un de ses députés, Tyrone Benskin, doit plus de 58 000 $ à Revenu Québec pour des impôts impayés entre 2007 et 2011. C’est d’ailleurs ce qu’a lancé le ministre de l’Industrie, Christian Paradis, alors que les journalistes l’interrogeaient de M. Soudas. « Demandez donc la question aux députés du NPD. C’est eux autres qui ne paient pas leurs impôts.»


« Ça démontre l’hypocrisie de ce gouvernement de nous accuser de certaines choses quand les gens qui sont tout près d’eux ont eux aussi un problème », a lancé le député néodémocrate Mathieu Ravignat. Selon M. Ravignat, ce genre d’attaques conservatrices n’a de toute manière qu’un seul objectif : « On essaye de changer l’histoire avec ça » et d’éviter de parler du cas de M. Duffy.


Selon le libéral Marc Garneau, « M. Soudas doit expliquer le pourquoi de ce délai ». Le bloquiste André Bellavance s’explique mal ce compte en souffrance. « Quand on travaille en plus pour le premier ministre et qu’on ne veut pas entacher sa réputation, il me semble qu’on devrait faire attention à ces choses-là. Et ce n’est pas comme s’il n’avait pas un assez bon salaire pour être capable de payer ses impôts. »


Un proche du premier ministre


Tous estiment que le fait que M. Soudas ne soit pas un élu n’atténue pas le problème. « Ça ne fait pas de différence, estime Marc Garneau. Il travaillait au bureau du premier ministre, il avait un poste clé, il était le directeur des communications et n’hésitait pas à prêcher de la part de ce gouvernement, alors il aurait dû s’assurer que tout est en bon ordre chez lui. »


Dimitri Soudas a travaillé aux côtés de M. Harper à partir de 2003 et était un de ses plus proches collaborateurs. Il occupait le poste de directeur des communications lorsqu’il est parti en septembre 2011. Il travaille maintenant au Comité olympique canadien. En entrevue avec Le Devoir, M. Soudas a déclaré : « J’ai toujours payé mes impôts. Même cette année, je suis dans une situation où c’est le gouvernement qui me doit de l’argent. Je n’ai jamais refusé de payer mes impôts. » Invoquant son statut de simple particulier, il refuse de discuter de sa situation fiscale plus avant. Une source a expliqué au Devoir que c’est une mauvaise interprétation des lois fiscales (il travaillait en Ontario, mais vivait au Québec) qui l’a mené à accumuler un retard. M. Soudas vit maintenant en Ontario et est fiancé à la députée conservatrice Eve Adams.


 
4 commentaires
  • Lisa Hamel - Inscrite 1 juin 2013 05 h 14

    Titre incorrect" "condamné a payer le tiers de ses impôts"

    Wow, quelle condamnation. Pas d'amende, ni rien, et en plus, ce n'est même pas la somme complète qu'il doit rembourser. Où est la justice dans ce pays?

    • François Dugal - Inscrit 1 juin 2013 13 h 40

      Réponse à la question préalable:
      La justice est au main des juges nommés par le pouvoir politique (avec ou ans post-it).
      Ne sommes-nous pas heureux de vivre dans le «plusse meilleur» pays du monde!

    • Francis Lévesque - Inscrit 2 juin 2013 09 h 35

      Madame, je crois comprendre qu'on lui réclamait au départ un montant de 67 000$. Vous conviendrez avec moi que si, après s'être défendu, M. Soudas a réussi à démontrer que cette réclamation était excessive, il est tout à fait « juste » qu'il ne paie qu'une portion du montant initial.

      Je suis d'avis qu'il est un peu cavalier de critiquer la justice sans même connaître les détails de l'affaire.

      À votre affirmation, je rétorquerai : Où sont les gens qui essaye de se forger une opinion avant de l'émettre?

  • Guy Chicoine - Abonné 2 juin 2013 01 h 27

    Calculs ... nouveaux ?

    Trois facteurs expliquent la diminution dont des calculs nouveaux ! Rappelons que ces calculs se sont faits .... Après 3 ans !
    S'il avait attendu une 4ème année, revenu québec lui aurait dû des intérêts ... peut-être?
    J'ai remarqué que ce monsieur portait DE BELLES CRAVATES, comme d'autres de cette organisation.