Un député néodémocrate doit 58 000 $ à Revenu Québec

Tyrone Benskin
Photo: La Presse canadienne (photo) Graham Hughes Tyrone Benskin

Ottawa — Un député néodémocrate du sud-ouest de Montréal s’est fait taper sur les doigts par Thomas Mulcair et s’est vu retirer ses responsabilités de porte-parole aux Communes, car il a été révélé qu’il traînait une dette de 58 000 $ en impôts non payés à Revenu Québec.


Tyrone Benskin, qui a fait carrière dans le domaine artistique avant de remporter l’élection de 2011 dans Jeanne-Le Ber, s’est ainsi vu confisquer vendredi son titre de porte-parole adjoint aux langues officielles, le temps qu’il règle la situation.


Jeudi, l’agence QMI a rapporté que M. Benskin n’a pas payé, en totalité ou en partie, son impôt provincial entre 2007 et 2011. Il doit maintenant 58 097 $ à Revenu Québec, qui a contacté la Chambre des communes pour saisir une partie des fonds à même son salaire de député. M. Benskin aurait en outre manqué à se présenter devant un tribunal pour déclarer ses revenus la semaine dernière.


La vie d’artiste


Thomas Mulcair a annoncé la sanction politique, de passage à Trois-Rivières hier. « Comme tout le monde, il doit payer ses impôts. Il va le faire. Il va le faire au complet. Il s’est excusé, ce qui était la bonne chose à faire », a affirmé le chef du Nouveau Parti démocratique.


M. Benskin s’est effectivement excusé, par voie de communiqué, affirmant qu’il était « en voie de régulariser [sa] situation avec le fisc. J’entends payer moi-même l’argent que je dois jusqu’au dernier sou, et ce, le plus rapidement possible ».


Député de la vague orange, il faisait partie des candidats-vedettes de Jack Layton dans la région de Montréal. Il s’est fait connaître dans le milieu artistique en tant qu’acteur, directeur artistique et metteur en scène.


« La vie d’artiste n’est pas toujours rose. J’ai eu des périodes de vaches maigres. J’ai vécu dans des conditions précaires, sans savoir ce que le lendemain me réserverait, parfois sans décrocher de contrat pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois », a tenté d’expliquer M. Benskin.

 

Depuis deux ans


Une situation difficile, certes, mais qui n’était plus d’actualité depuis deux ans, a rétorqué le bloquiste André Bellavance, reprochant aux néodémocrates de faire comme les conservateurs en s’excusant une fois leurs faux pas rapportés dans les médias. « Ça fait deux ans qu’il est député, ça fait deux ans qu’il gagne 160 000 $ par année. C’était possible de prendre des arrangements avec Revenu Québec », a déploré le bloquiste, dont le collègue Thierry St-Cyr a perdu son siège au profit de M. Benskin en 2011.


Le lieutenant de Stephen Harper a lui aussi saisi la balle au bond, réclamant que M. Benskin soit carrément exclu du caucus néodémocrate car il n’aurait jamais dû être accepté comme candidat compte tenu de ses arrérages à l’impôt. « Comment ont-ils fait la sélection de ces candidats-là ? Il me semble que ce sont des questions de base qu’il faut poser », a critiqué Christian Paradis.


Un autre député de la région, Hoang Mai (Brossard-La Prairie), compte lui aussi un compte en souffrance au fisc, qu’il a déclaré à la commissaire à l’éthique et qu’il est en train de rembourser. M. Benskin n’avait pas encore fait part de ses arrérages à la commissaire Mary Dawson.


 

Avec La Presse canadienne

1 commentaire
  • Normand Champeau - Inscrit 25 mai 2013 11 h 30

    L' affaire BENSKIN

    Moi je suis un vieux retraité, qui ne vie qu'avec sa petite pension et je paie des impôts
    Le fédéral ne lui a pas envoyer de facture encore, Pourquoi ?

    Il doit ÊTRE MIS À LA PORTE
    Aucun passe droit, Mr, Mulcair