Le Canada se retire de la Conférence sur le désarmement

L'Iran occupera la présidence de l'organisation à la fin mai, poussant le ministre des Affaires étrangères, John Baird, à annoncer mardi que le Canada s'abstiendra de participer aux séances pendant ce mandat.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir L'Iran occupera la présidence de l'organisation à la fin mai, poussant le ministre des Affaires étrangères, John Baird, à annoncer mardi que le Canada s'abstiendra de participer aux séances pendant ce mandat.

Ottawa — Le Canada tourne de nouveau le dos à la Conférence des Nations unies sur le désarmement en raison d'une présidence controversée.

L'Iran occupera la présidence de l'organisation à la fin mai, poussant le ministre des Affaires étrangères, John Baird, à annoncer mardi que le Canada s'abstiendra de participer aux séances pendant ce mandat.
 
Au dire du porte-parole ministériel, Rick Roth, offrir ladite position à l'Iran, même si cela n'est que temporaire, équivaut à tourner en ridicule toute cette problématique.
 
«En Irak, en Syrie, au Liban et ailleurs, le régime oeuvre directement à l'encontre des objectifs mondiaux en matière de désarmement et sape les principes fondamentaux du comité », a-t-il indiqué. « Les leaders iraniens ignorent de façon flagrante leurs obligations internationales, tout en nuisant à la sécurité de la région. »
 
La République islamique présidera du 27 mai au 23 juin la Conférence sur le désarmement, qui regroupe 65 États. Sis à Genève, l'organisme est considéré comme le plus important forum de discussions sur le désarmement du monde. La fonction de président est largement cérémonielle, mais politiquement symbolique.
 
Au cours de ses 50 années d'existence, la conférence a été responsable de la négociation du traité international de non-prolifération, en plus de conventions interdisant l'usage d'armes bactériologiques et chimiques.
 
La conférence se trouve cependant dans une impasse depuis une vingtaine d'années, s'avérant incapable de parvenir à de nouveaux accords de contrôle des armes.
 
Dans un courriel transmis à La Presse canadienne, Alizera Miryousefi, une porte-parole de la mission iranienne à l'ONU, a déclaré que pendant son mandat, la République islamique «se concentrerait sur la promotion des objectifs de la conférence, tout en accordant le plus grand intérêt au désarmement nucléaire et l'élimination totale des arsenaux nucléaires d'une façon irréversible, transparente et pouvant être vérifiée par la communauté internationale».
 
Il ne s'agit pas du premier retrait temporaire du Canada. En 2011, la Corée du Nord avait elle aussi occupé la présidence, poussant le Canada à s'abstenir de participer aux réunions. Les États-Unis n'avaient pas suivi Ottawa à cette occasion, mais cette fois, ils n'enverront pas d'ambassadeur lors des séances présidées par l'Iran.
 
Washington argue en effet que les pays sous le coup de sanctions de l'ONU ne devraient pas pouvoir occuper de telles fonctions.
 
Le Conseil de sécurité a imposé quatre vagues de sanctions à l'Iran en raison d'inquiétudes selon lesquelles Téhéran viserait à développer des armes nucléaires, en plus de son refus de suspendre ses activités d'enrichissement d'uranium.
 
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a quant à lui simplement dit, par la voix d'un porte-parole, qu'il désirait que la conférence puisse progresser, se montrant critique du peu d'avancées.

Par Stephanie Levitz
6 commentaires
  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 14 mai 2013 18 h 51

    Va-t-en guerre

    Le Va-t-en guerre Harper n'est pas intéressé par le désarmement. On s'en doutait ...

  • Rémi-Bernard St-Pierre - Abonné 14 mai 2013 20 h 16

    Les vendeurs d'armes

    Aux dernières nouvelles, les plus grands vendeurs d'armes étaient les pays ayant siège permanent au Conseil de Sécurité de l'Onu. Personne ne se serait offusquer qu'ils président çette assemblée...

  • Carroll Roy - Inscrit 14 mai 2013 21 h 46

    La raison est simple....

    C'est parce qu'on ne parle pas d'abolition du registre des armements.

  • Gilles Théberge - Abonné 14 mai 2013 21 h 47

    Est-ce que je me trompe?

    Cespositions que prend le gouvernement fédéral canadien, ça n'a aucune résonnance chez-moi. Cet absolutiste soutien à l'État d'Israël, cette démonisation de l'Iran, ça n'a rien à voir avec moi. Ce refus de voir la réalité des changements climatiques, ce rejet des forums mondiaux préoccupés de l'avenir, ça n'a aucun rapport avec ce que je pense.

    Qui sont ces gens qui prétendent parler en mon nom? Est-ce que je suis dans le bon... pays?

  • Nicole Moreau - Inscrite 14 mai 2013 22 h 13

    les conservateurs sont en train d'isoler le Canada, ils se retirent à répétition d'accords internationaux

    c'est à se demander s'ils pensent que dans un environnement mondialisé, on peut réellement vivre seul et s'ériger en exemple comme ils tentent de le faire, mais sans réel succès si on pense, par exemple, à la tentative de Joe Oliver en Europe pour valoriser les sables bitumineux...