Immigration - Ottawa revoit son programme de réunification familiale

Ottawa — Les gens qui souhaitent voir leurs parents et leurs grands-parents s’installer au Canada devront avoir un salaire plus élevé et accepter de soutenir financièrement leurs proches à compter de l’an prochain.


Il en sera ainsi en raison de modifications apportées dans le cadre de la refonte du programme canadien de réunification familiale, dévoilées vendredi par le ministre de l’Immigration, Jason Kenney.


Le nombre colossal de dossiers en attente - environ 165 000 - et le temps d’attente élevé du traitement des demandes - environ huit ans - ont motivé la révision du programme par le gouvernement, qui a cessé d’accepter les nouvelles demandes en 2011.


Citoyenneté et Immigration Canada acceptera de nouveau des demandes pour le Programme des parents et grands-parents (PGP) à compter du 2 janvier 2014. Le gouvernement acceptera également 5000 nouvelles demandes de parrainage en 2014.

 

«Nos limitations»


Selon le ministre Jason Kenney, les changements apportés au programme ne visent pas seulement à régler l’arriéré des dossiers. « En tant que gouvernement, a-t-il déclaré vendredi lors d’une conférence de presse à Mississauga, en Ontario, nous choisissons d’avoir un tel programme qui correspond à nos limitations fiscales en tant que pays et aux limitations de notre système de santé. »


Les données fournies par Ottawa suggèrent qu’environ 3 % des parents et grands-parents parrainés sont bénéficiaires de l’aide sociale. Ce chiffre bondit à 20 % si les parrains canadiens n’ont plus l’obligation d’éponger la facture.


L’âge médian des candidats est de 65 ans, et près de 44 % de l’ensemble de l’argent investi dans le système de santé est consacré aux soins pour les personnes de ce groupe d’âge.


Ceux qui se proposent donc pour parrainer des parents et des grands-parents devront désormais avoir un salaire supérieur de 30 % au revenu vital minimum (RVM) et le prouver en présentant les documents d’impôt sur le revenu des trois dernières années.


Ils seront aussi tenus de s’engager à payer les coûts des soins de santé non couverts par les régimes de santé provinciaux pour les parents et les grands-parents, et ce, pour une période de 20 ans et non de 10 ans, comme c’était le cas auparavant.


« Les familles me disent qu’elles veulent accueillir leurs parents au Canada sans que ceux-ci deviennent des fardeaux pour les contribuables canadiens, mais apparemment, un nombre important et croissant d’entre eux finissent par devenir des fardeaux, a exposé Jason Kenney. Cela est déraisonnable », a-t-il tranché.


Inventer un problème


La porte-parole néodémocrate en matière d’immigration estime que le gouvernement invente un problème en faisant référence au fardeau que représenteraient les parents et grands-parents qui ont été parrainés pour entrer au Canada.


Cela démontre essentiellement que les conservateurs ne sont pas sérieux lorsqu’ils parlent de réunification familiale, a plaidé Jinny Sims. « Et s’ils le sont, c’est seulement pour ceux qui sont très riches, ce n’est pas pour tout le monde », a-t-elle fait valoir.

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