Allocations de logement - Les sénateurs Brazeau et Harb devront rembourser des dizaines de milliers de dollars

Le réseau CTV a rapporté que le sénateur libéral Mac Harb et l’indépendant Patrick Brazeau (sur la photo) seront blâmés par l’enquête de Deloitte, qui doit être déposée jeudi au comité sénatorial qui l’avait commandée.
Photo: La Presse canadienne (photo) Adrian Wyld Le réseau CTV a rapporté que le sénateur libéral Mac Harb et l’indépendant Patrick Brazeau (sur la photo) seront blâmés par l’enquête de Deloitte, qui doit être déposée jeudi au comité sénatorial qui l’avait commandée.

Ottawa — Après trois mois d’enquête, la vérification commandée par le Sénat aurait permis de déterminer que deux sénateurs ont empoché des dédommagements en frais de résidence auxquels ils n’avaient pas droit, et ceux-ci se feraient ordonner de rembourser des dizaines de milliers de dollars. Mais peu importent les conclusions du rapport, attendues jeudi, l’opposition refuse de se contenter d’un examen du Sénat sur ses propres membres et réclame que la GRC soit chargée du dossier.

Le réseau CTV a rapporté que le sénateur libéral Mac Harb et l’indépendant Patrick Brazeau seront blâmés par l’enquête de Deloitte, qui doit être déposée jeudi au comité sénatorial qui l’avait commandée. Les sénateurs seraient appelés à rembourser respectivement plus de 100 000 $ et 30 000 $.


Ni l’un ni l’autre n’a rappelé Le Devoir mardi. Mais, intercepté par la CBC, le sénateur Harb a rétorqué que le reportage de CTV était « complètement faux » et qu’il contenait « de fausses informations ».


M. Harb a été député d’Ottawa pendant 15 ans avant d’être nommé au Sénat. Il possède quelques demeures à Ottawa, de même qu’une maison à Pembroke - laquelle a été déclarée comme résidence principale, ce qui lui a permis de toucher des allocations de logement puisque ce domicile est situé à plus de 100 kilomètres de la capitale. Cette maison est désormais en vente, car le sénateur a perdu son droit à la vie privée depuis qu’il fait les manchettes, a-t-il déploré. M. Brazeau déclarait quant à lui habiter Maniwaki. Il a également une maison à Gatineau.


Une enquête de la GRC


Aux Communes mardi, les néodémocrates ont mis en doute la légitimité d’une enquête du Sénat sur ses propres membres. « Est-ce qu’ils vont envoyer un message clair à leurs amis du parti du Sénat et référer au plus vite tous ces cas de fraude à la GRC ? », a lancé Alexandre Boulerice aux conservateurs. Une demande reprise par le chef bloquiste Daniel Paillé, qui réclame que les fautifs se voient imposer des sanctions. « Sinon, c’est « J’exagère jusqu’à ce que je me fasse pogner ». C’est pas de même que ça marche ! »


Le leader du gouvernement en Chambre, Peter Van Loan, n’a pas répondu à la demande, affirmant uniquement que le gouvernement s’est engagé « à veiller à ce que toutes les dépenses soient appropriées » et ajoutant qu’il s’attend « à ce que tout l’argent réclamé octroyé à tort soit remboursé après la vérification ».


Au Sénat, ni le président du bureau de la régie interne, le conservateur David Tkachuk, ni les communications n’ont voulu répondre au reportage de CTV. Le rapport doit être déposé au bureau de la régie interne jeudi. Les sénateurs décideront alors s’ils le rendent public.


D’ici là, le chef libéral Justin Trudeau réserve ses commentaires, arguant ne pas en connaître les conclusions. Est-ce qu’une enquête du Sénat suffit ? Le sénateur Harb pourrait-il être expulsé du caucus s’il a fraudé ? « On verra en temps et lieu », a-t-il dit.


L’enquête se penchait aussi sur le cas du conservateur Mike Duffy. Celui-ci a déjà remboursé 90 000 $, reçus pour une demeure à l’Île-du-Prince-Édouard.


Sa collègue Pamela Wallin aurait quant à elle repayé une « somme considérable », mais les enquêteurs, toujours insatisfaits, prendraient plus de temps pour étudier ses dépenses, selon CTV.

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