La grève des diplomates se fait sentir dans les missions

Ottawa — Les moyens de pression exercés par les diplomates canadiens se feraient déjà sentir à l’international. Des demandes de visa commencent à s’empiler sur les bureaux de missions, tandis que la planification d’événements d’envergure est perturbée, selon le syndicat des agents du service extérieur.


Il y a une semaine, les diplomates à Ottawa et à travers le monde se sont mis à suivre leurs contrats de travail à la lettre - pas de tâches supplémentaires, pas de BlackBerry hors des heures de bureau, et surtout pas d’heures supplémentaires. Résultat : les quotas de demandes d’immigration ou de visas ne seraient plus respectés, notamment dans deux des plus gros bureaux, en Inde et en Chine.


« Déjà, après seulement une semaine, il devient évident que cela a des effets », a affirmé Tim Edwards, de l’Alliance professionnelle des agents du service extérieur. Car les ministères de l’Immigration, et Affaires étrangères et Commerce international « ont une dépendance structurelle aux heures supplémentaires pour répondre à la charge de travail minimale de base qui leur est demandée », a-t-il expliqué, avançant en outre qu’une poignée de voyages de ministres auraient aussi été annulés - une allégation toutefois démentie par les Affaires étrangères.


À ce ministère, on indique qu’on compte des plans de contingence pour pallier les moyens de pression. Du côté d’Immigration, on rétorque que « plusieurs facteurs peuvent affecter les délais de traitement » et que « les tâches essentielles sont assurées » malgré les circonstances. Aucun ministère n’a voulu préciser si l’on ferait pression après du Conseil du trésor pour que se règle le conflit de travail.

 

Sans contrat de travail


La convention collective des agents du service extérieur est échue depuis l’été 2011. Ils réclament un salaire égal à ceux d’autres fonctionnaires aux tâches similaires.


Au Conseil du trésor - responsable des négociations collectives -, on a réitéré qu’il s’agit de « postes très recherchés et bien rémunérés » et qu’on « continuera à négocier de bonne foi ». Quant aux effets des moyens de pression, « il est regrettable que le syndicat cherche à refuser des services aux Canadiens », a-t-on accusé.


M. Edwards a soutenu que le syndicat continuera d’intensifier ses moyens de pression, qui pourraient aller jusqu’à la grève.

À voir en vidéo