Le printemps érable s’immisce dans les débats

Quelque 2000 délégués du NPD étaient en congrès à Montréal ce week-end.
Photo: - Le Devoir Quelque 2000 délégués du NPD étaient en congrès à Montréal ce week-end.

Parmi les centaines de résolutions présentées en vue du congrès de cette fin de semaine, l’une visait à réaffirmer l’engagement du parti « envers l’accessibilité à une éducation supérieure de qualité », appelant en outre le parti à se solidariser « dans les limites des compétences fédérales avec tous ceux et celles qui réclament une accessibilité équitable à l’éducation supérieure de qualité pour tous ».

 

Gratuité

Or, une fois la discussion entamée en plénière, un militant québécois est venu appuyer un amendement d’un compatriote, qui réclamait d’aller plus loin en ajoutant que le parti est aussi solidaire - dans le respect de ses compétences - avec « les mouvements qui demandent l’éducation postsecondaire gratuite et la fin de la répression policière envers les soulèvements étudiants qui le demandent, comme ceux qui ont eu lieu au Québec, appelés le printemps érable ».

En vertu des règles du congrès, les propositions ne pouvaient plus être modifiées une fois qu’elles étaient présentées aux militants dans la salle. Mais au moment de voter pour poursuivre le débat malgré tout, la salle s’est aussi montrée divisée quant à son désir de débattre de l’épineux dossier. Déjà l’an dernier, les députés québécois et leur chef Thomas Mulcair avaient soigneusement évité de se prononcer.

De l’avis du politologue à l’UQAM André Lamoureux, le parti fédéral a raté l’occasion «d’affirmer cette reconnaissance de cette compétence en matière d’enseignement supérieur» qui était établie textuellement dans la résolution et sa version amendée. «Ce n’est pas la compétence du fédéral de dicter s’il va y avoir gratuité scolaire ou non. Ce que ça reflète [en refusant d’adopter le texte], c’est une incompréhension de ça», a fait valoir M. Lamoureux, qui a assisté aux discussions des militants toute la fin de semaine. Ce spécialiste du NPD a en outre observé que peu de résolutions - voire aucune - ne proposaient de concrétiser la reconnaissance de la nation québécoise, comme le fait pourtant la Déclaration de Sherbrooke du parti, ni ne portaient sur des enjeux précisément québécois, alors que le congrès se tenait dans la métropole québécoise.

Au moment de prendre le micro samedi pour défendre une résolution sur les peuples autochtones, le député Romeo Saganash avait expliqué qu’il tenait à parler dans la langue de Molière, car il trouvait qu’au cours de la fin de semaine, on n’avait « pas assez entendu de français ».

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