Congrès du NPD à Montréal - Les néodémocrates se tournent vers 2015

Thomas Mulcair participe à son premier congrès néodémocrate en tant que chef du parti. Dans un effort pour se faire connaître, il a participé à une discussion publique au cours de laquelle il a répondu à une série de questions d’internautes au sujet de ses positions sur l’économie, les affaires autochtones ou la politique internationale.
Photo: La Presse canadienne (photo) Paul Chiasson Thomas Mulcair participe à son premier congrès néodémocrate en tant que chef du parti. Dans un effort pour se faire connaître, il a participé à une discussion publique au cours de laquelle il a répondu à une série de questions d’internautes au sujet de ses positions sur l’économie, les affaires autochtones ou la politique internationale.

Ottawa — C’est sur le thème de l’économie qu’a débuté le congrès des néodémocrates, réunis à Montréal pour la fin de semaine. Car la rencontre servira à jeter les bases de la campagne du NPD pour 2015 et c’est sur le terrain de prédilection des conservateurs de Stephen Harper qu’entendent se battre les troupes de Thomas Mulcair.

Le congrès se veut un « point tournant », a-t-on expliqué dans l’entourage de M. Mulcair. Pour preuve, des ateliers sont organisés pour les militants sur le financement, la préparation électorale et comment « faire sortir le vote ».


Mais avec l’objectif de remporter le gouvernement dans deux ans vient non seulement un discours axé sur l’économie, mais aussi un recentrage du parti, question de ratisser plus large dans l’électorat.


Or, signe que le noyau plus à gauche du NPD ne cédera pas si facilement, le président du caucus socialiste du parti, Barry Wisleder, a tenté en début de séance vendredi d’empêcher le discours de samedi de Jeremy Bird, directeur de terrain de la campagne de Barack Obama l’an dernier. Le NPD n’a pas de leçon à recevoir quant aux façons de verser « des milliards à Wall Street et au Pentagone » et de « remplir les prisons américaines de Noirs, latinos, arabes et musulmans », a dit M. Wisleder, qui voulait que ce temps de parole serve à débattre davantage, puisque seule la moitié du congrès servira à étudier les résolutions. Mais une militante ontarienne a rétorqué que le NPD est réuni pour remporter la victoire dans deux ans, et cela ne se fera « pas simplement en débattant. Nous allons le faire en enseignant réellement à nos militants qui sont ici comment mener des campagnes gagnantes. »


Un rare désaccord au fil de la journée, mais qui laisse peut-être présager la teneur d’un autre débat qui aura lieu dimanche, alors que le sort de l’héritage socialiste du parti sera étudié et que les néodémocrates seront appelés à remodeler le préambule de la Constitution.


Un invité de marque


Le premier bloc de résolutions était ainsi consacré vendredi à l’économie. Les propositions les moins controversées avaient été choisies en matinée par les membres et six - parmi les 101 déposées - ont été adoptées : lutter contre les paradis fiscaux, appuyer les syndicats et abroger un projet de loi conservateur réclamant d’ouvrir les livres des associations professionnelles, annuler tous les changements apportés par les conservateurs au programme d’assurance-emploi, élaborer un régime d’équité salariale proactif, offrir un financement stable à Via Rail, de même qu’inscrire aux politiques du NPD son appui à la gestion de l’offre.


Pour lancer le congrès, M. Mulcair - qui martèle sans relâche les qualités de gestionnaire des néodémocrates - avait invité l’économiste et gagnant d’un prix Nobel Joseph Stiglitz (voir notre entrevue en page B 1), qui a plaidé aux près de 1600 militants réunis au Palais des congrès pour un « capitalisme responsable ». Cet ex-conseiller du président américain Bill Clinton a en outre argué que la politique d’austérité ne fonctionne pas, pas plus que l’idée d’abaisser les impôts des entreprises pour encourager l’investissement - ce qui lui a attiré les applaudissements des militants, alors que ces deux théories économiques sont celles prisées par les conservateurs de Stephen Harper.

 

Présenter Thomas Mulcair


Cette première journée de congrès était enfin l’occasion de faire connaître aux militants M. Mulcair - qui en est à son premier congrès à la tête du parti et qui reste méconnu au Canada. L’horaire ayant été retardé, les délégués ont toutefois été moins nombreux en soirée pour y participer. Après une présentation vidéo mettant en vedette ses collaborateurs et ses proches, dont son épouse et ses enfants, parlant de lui et présentant son expérience politique (en omettant son travail avec Alliance Québec), M. Mulcair a répondu à une série de questions d’internautes sur l’économie, la création d’emploi, le développement des ressources naturelles, les affaires autochtones, la politique internationale, les syndicats. L’occasion pour le chef néodémocrate de répéter ses prises de position des derniers mois.

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