Congrès du NPD à Montréal - Au menu des néodémocrates: héritage socialiste et bilan conservateur

Thomas Mulcair veut profiter du congrès pour mieux se faire connaître.
Photo: La Presse canadienne (photo) Liam Richards Thomas Mulcair veut profiter du congrès pour mieux se faire connaître.

Ottawa — Les néodémocrates se réunissent à Montréal à compter de ce vendredi, et pour toute la fin de semaine. Au menu : une série de propositions venant dénoncer des décisions récentes du gouvernement conservateur, de même qu’un troisième débat sur l’identité socialiste du parti telle qu’établie dans le préambule de sa constitution. Mais on veut aussi présenter leur chef Thomas Mulcair qui, malgré ses années en politique, demeure méconnu au pays.


Un peu plus d’un an après son élection à la tête du parti, ce sera le premier congrès de Thomas Mulcair en tant que chef (et il fera l’objet d’un vote de confiance samedi). S’il a parcouru le pays pour briguer la chefferie du Nouveau Parti démocratique, le politicien québécois est encore peu connu - et même de plusieurs Québécois, selon les aveux de ses conseillers. La réunion de cette fin de semaine servira donc notamment à le faire connaître à ses militants, par une vidéo diffusée vendredi soir et mettant en vedette ses proches.

 

Un sujet de discorde


Mais c’est dimanche qu’un sujet de discorde qui hante le NPD depuis des années sera à l’ordre du jour. Après avoir été mise de côté au congrès de 2011, à Vancouver, l’importance accordée aux principes socialistes du parti dans le préambule de la constitution revient au programme des discussions. Abordée brièvement il y a deux ans, l’idée de moderniser le préambule avait néanmoins suscité un débat animé. Certains avaient argué que le parti s’apprêtait à « jeter de l’eau de Javel sur [ses] principes ». Le NPD avait finalement décidé de référer le dossier à un comité - l’ancien député Bill Blaikie, l’ex-chef Alexa McDonough et l’ancien candidat au leadership Brian Topp. Ils ont proposé un compromis : le nouveau préambule mentionne une seule fois les « principes sociodémocrates », qui comptent notamment un « engagement inébranlable envers l’égalité économique et sociale ».


Sous M. Mulcair, le NPD tente de défendre ses qualités de gestionnaire économique, et au passage se recentre sur l’échiquier politique, question de ratisser plus large au sein de l’électorat.


Le libellé actuel affirmait plutôt que le Canada qu’espèrent les néodémocrates ne peut être « assuré que par l’application des principes socialistes démocratiques », et que « la production et la distribution des biens et services doivent être dirigés afin de répondre aux besoins sociaux et individuels des individus au sein d’un environnement et d’une économie durables et pas dans un but lucratif ».

 

Résolutions prioritaires


Dans la liste des résolutions qui ont été classées « prioritaires » par le parti et qui seront donc sûrement débattues par les 2000 membres attendus, plusieurs risquent en revanche de faire très peu de vagues. Les militants proposent de s’opposer à une série de mesures conservatrices - réforme de l’assurance-emploi, réforme des soins de santé des réfugiés, hausse de l’âge d’admissibilité à la Sécurité de la vieillesse, indexation de la hausse les transferts aux provinces en santé, imposition d’un « bâillon » aux scientifiques du gouvernement, « saccage brutal » des évaluations environnementales et de la Loi sur les eaux navigables, s’en être pris aux syndicats. Les militants réitèrent par ailleurs leur volonté de bonifier le financement de l’aide au développement international, de Radio-Canada, de légiférer sur la question du bilinguisme des juges à la Cour suprême et des agents du Parlement, de même que sur les appels robotisés afin de prévenir leur usage frauduleux, et enfin de réformer le système électoral pour jumeler représentation proportionnelle et scrutin direct.


À noter, cependant, une proposition des membres de Brossard-La Prairie qui risque de faire sourciller : on suggère de modifier la formule de péréquation pour inclure dans le calcul 100 % des revenus provenant des ressources naturelles non renouvelables - plutôt que 50 % actuellement.

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